Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 6
Vous disposez chez vous de deux (voire plus) d'ordinateurs en réseau et vous souhaitez pouvoir échanger vos fichiers, partager des répertoires (votre répertoire de musique par exemple) entre l'un et l'autre sans pour autant vous balader avec votre clé USB ? Nous allons vous montrer comment mettre en place un système de partage en fonction des systèmes d'exploitation utilisés...
Partage entre Linux et Windows : Samba
Samba1 est un protocole de communication pour les réseaux hétérogènes, autrement dit, il permet de faire dialoguer un ordinateur sous Linux avec un autre sous Windows. Samba met en œuvre les protocoles de partage de fichiers et d'imprimantes utilisés par les systèmes Windows.
Pour mettre en place un système de partage, il vous faudra installer les paquets suivants sur votre système Ubuntu : samba , samba-common et smbclient. Les deux premiers paquets vous permettront de créer des dossiers partagés sur votre système Linux. Quant au dernier, il vous permettra d'accéder au contenu d'un répertoire partagé se trouvant sur une machine Windows. Lorsque tous ces paquets sont installés, vous pouvez créer un dossier partagé dans votre répertoire personnel.
Créer un répertoire partagé sur Ubuntu...
Pour cela, 2 méthodes s'offrent à vous :
- Vous pouvez simplement créer un nouveau dossier, que l'on intitulera " partage ", puis effectuer un clic droit sur celui-ci. Dans le menu contextuel, sélectionnez Dossier partagé, puis saisissez votre mot de passe d'administrateur. Une nouvelle fenêtre de dialogue apparaît à l'écran (Fig. 1). Dans le menu déroulant, sélectionnez le type de partage, en l'occurrence, SMB pour Samba. Notez que si vous avez déjà installé NFS (voir ci-dessous), il fait également partie des choix proposés. Donnez ensuite un nom ainsi qu'un éventuel commentaire à votre partage. Parmi les options, vous pouvez cocher " lecture seule " pour ne permettre aux autres utilisateurs que de lire le contenu du dossier sans pouvoir le modifier. L'option " Autoriser navigation du dossier " signifie que les autres utilisateurs pourront parcourir les répertoires contenus dans le dossier partagé.
Un dernier bouton vous permet d'accéder aux réglages généraux du partage Windows. Les premiers paramètres (le nom de l'hôte et du groupe de travail) sont renseignés automatiquement. Les autres paramètres concernent le serveur WINS. Dans la plupart des cas, vous pourrez laisser l'option par défaut " Ne pas utiliser de serveur DNS ".
1 Site officiel : http://www.samba.org

Contrairement au système Windows, les répertoires partagés sous Ubuntu ne présentent pas de signalétique spécifique. Néanmoins, vous pouvez ajouter un emblème vous-même, en effectuant un clic droit sur le dossier partagé, puis en choisissant Propriétés. Dans l'onglet Emblèmes, vous trouverez un signe dédié au partage (en forme de main). Cochez la case, puis fermez la fenêtre des propriétés. Vos dossiers partagés sont à présent plus " visibles ".
L'autre méthode consiste à faire appel au gestionnaire de partages (via le menu Système -> Administration -> Dossiers partagés) (Fig. 2). Pour créer un nouveau partage, cliquez sur le bouton Ajouter. Vous obtenez alors la même fenêtre de dialogue que précédemment. Simplement, le chemin vers le répertoire partagé n'est pas encore renseigné : c'est à vous de l'indiquer en naviguant dans votre système de fichiers. À tout moment, vous pouvez visualiser et/ou modifier les paramètres de chaque dossier partagé en cliquant sur le bouton Propriétés. Et pour supprimer un partage, vous n'avez qu'à cliquer sur Supprimer. Notez que dans ce cas, vous ne supprimez pas le dossier, vous désactivez simplement le partage : les autres utilisateurs du réseau ne pourront plus y accéder.
Cependant, cette interface graphique ne nous permet pas de paramétrer le partage en profondeur, notamment tout ce qui concerne l'accès sécurisé au partage. C'est pourquoi nous allons à présent éditer et modifier le fichier /etc/samba/smb.conf, le fichier de configuration de Samba.


Note : Vous pouvez ouvrir ce fichier avec l'éditeur de texte Gedit, par exemple. Notez que vous devrez disposer des droits d'administrateur pour modifier ce fichier, il vous faudra donc lancer Gedit en tant que super-utilisateur, autrement dit, vous devrez lancer Gedit en entrant la commande sudo gedit dans un terminal.
Intéressons-nous à la section " Authentification " et plus particulièrement à la ligne :
; security = user
Le paramètre security est l'un des plus importants de Samba. Il permet de définir le niveau de sécurité de l'accès au partage. Le point-virgule signifie que la ligne n'est pas prise en compte dans la configuration. Nous allons donc commencer par supprimer le point-virgule. Puis, deux choix s'offrent à vous :
security = sharepermet de partager un répertoire sans authentification préalable. Tous les utilisateurs connectés à votre réseau pourront accéder librement au contenu du répertoire.
security = userrequiert l'authentification de l'utilisateur (login et mot de passe). Mais, c'est à vous de créer un ou plusieurs comptes utilisateurs, du côté d'Ubuntu. Pour cela, ouvrez un terminal et entrez la commande suivante :
sudo smbpasswd -a user
Et remplacez user par le nom de l'utilisateur de votre choix. Attention, cet utilisateur devra posséder un compte sur votre système Ubuntu ! Nous allons de suite considérer un exemple concret...
- Sur mon système Ubuntu, je crée deux partages nommés " musique " et " planning ", auquel mon ami Vincent doit pouvoir se connecter depuis son poste Windows, situé sur le même réseau que moi.
- Je crée donc un nouvel utilisateur vince sur mon système Ubuntu. Pour cela, je me rends dans le menu Système -> Administration -> Utilisateurs et groupes. Pour créer un nouvel utilisateur, je clique sur Ajouter un utilisateur. Je remplis les champs obligatoires : nom et mot de passe.
Dans un terminal, j'entre la commande sudo smbpasswd -a vince et je saisis deux fois de suite un nouveau mot de passe, propre à Samba (donc ce mot de passe peut être différent du mot de passe du compte utilisateur créé précédemment).
- J'ai pris soin de fixer le paramètre
security = userdans mon fichiersmb.conf. - Je n'oublie surtout pas de relancer le serveur Samba via la commande :
sudo /etc/init.d/samba restart
...et y accéder depuis Windows
Pour accéder à mes répertoires partagés depuis le poste Windows, voici ce que doit faire Vincent :
- Il se rend dans le menu Démarrer -> Favoris Réseau, puis il clique sur " Voir les ordinateurs du groupe de travail " (dans le panneau à gauche).
- Il repère l'ordinateur sur lequel se trouve le répertoire partagé, puis il le sélectionne par un double-clic.
- Une fenêtre de dialogue apparaît alors à l'écran (Fig. 3) et lui demande de saisir son login et son mot de passe (le mot de passe enregistré par la commande
smbpasswd). - Après validation, le répertoire partagé apparaît à l'écran (Fig. 4) et Vincent peut accéder à son contenu.
Remarquez que, par défaut, il peut également accéder à l'intégralité de son répertoire /home/vince sur Ubuntu. Ceci n'est pas vraiment gênant en soi, sachant qu'il est logiquement le propriétaire de ce répertoire. Néanmoins, si vous souhaitez que l'utilisateur n'ait accès qu'aux répertoires partagés et à eux seuls, il suffit de commenter les lignes suivantes, dans la section " Share Definitions " du fichier smb.conf :
;Â Â Â [homes] ;Â Â Â comment = Home Directories ;Â Â Â browseable = no
Dans le cas où le paramètre security est fixé à share, remarquez que le (ou les) partage(s) apparaissent directement dans les Favoris Réseau du système Windows (après redémarrage du système).
Créer un répertoire partagé sous Windows...
Tout d'abord, nous allons créer un répertoire partagé dans notre dossier personnel sous Windows. Appelons ce répertoire " public ".

 Ensuite, effectuez un clic droit sur celui-ci, puis choisissez Partage et Sécurité dans le menu contextuel. Une fenêtre de dialogue concernant les propriétés du répertoire public apparaît à l'écran.
C'est la section " Partage réseau et sécurité " qui nous intéresse ici. Cochez la case " Partager ce dossier sur le réseau ". Le nom du partage est complété automatiquement (il s'agit du nom donné au répertoire partagé). Notez que pour que le partage ait lieu, le pare-feu Windows doit être configuré de manière à autoriser les partages (vous pouvez vérifier la configuration réseau dans le panneau de configuration).
Si vous le souhaitez, vous pouvez donner le droit de modification de votre dossier aux autres utilisateurs en cochant la case correspondante. Enfin, cliquez sur le bouton Appliquer.
Le répertoire partagé est associé à une icône spécifique dans l'explorateur de fichiers pour vous permettre de l'identifier plus facilement.
...et y accéder depuis Ubuntu
Depuis votre système Ubuntu, allez dans le menu Raccourcis -> Serveurs réseaux. Vous n'avez plus qu'à parcourir le réseau à la recherche du répertoire partagé (choisissez " Réseau Windows ", puis le groupe de travail de l'ordinateur, puis le nom de l'ordinateur sur lequel se trouve le dossier partagé). Si vous ne vous souvenez plus du nom de l'ordinateur sous Windows, connectez-vous à ce dernier, puis allez dans Panneau de configuration -> Système (onglet Nom de l'ordinateur).
Pour vous éviter de naviguer à travers le réseau à chaque fois, vous avez la possibilité de créer un raccourci vers ce partage. Pour cela, effectuez un clic droit sur le dossier public, puis sélectionnez Connecter ce serveur. Vous n'avez plus qu'à donner un nom à ce raccourci et vous pourrez constater qu'une nouvelle entrée a été créée dans le menu Raccourcis de votre bureau Gnome (Fig. 5).
Partage entre Linux et Linux : NFS
NFS est un protocole de partage de données très populaire. Il permet à deux ordinateurs sous Linux de dialoguer entre eux.

La marche à suivre pour mettre en place ce type de partage est très simple. Installez les paquets nfs-common et nfs-kernel-server. Lancez ensuite le serveur NFS (en ayant les droits d'administrateur) via la commande suivante :
sudo /etc/init.d/nfs-kernel-server start
Ouvrez ensuite votre navigateur de fichiers, afin d'y repérer le dossier à partager. Effectuez un clic droit sur ce dossier afin d'afficher le menu contextuel. Sélectionnez l'option Dossier partagé.
Entrez votre mot de passe. Une nouvelle fenêtre de dialogue apparaît à l'écran. Dans cette fenêtre est indiqué le chemin du répertoire à partager. Dans la liste déroulante, sélectionnez le type de partage que vous souhaitez effectuer. C'est NFS qui nous intéresse ici. Notez au passage que si vous avez installé un serveur Samba, vous verrez également l'option SMB dans la liste déroulante.
La liste des hôtes autorisés est vide pour le moment. Pour ajouter un hôte (en l'occurrence, votre autre ordinateur sous Linux), cliquez sur Ajouter hôte. Vous pourrez alors choisir d'autoriser tous les hôtes du réseau ou un hôte unique (identifié par son nom ou son IP) (Fig. 6). Choisissez par exemple l'option " Saisissez l'adresse IP ", puis renseignez l'adresse IP de la machine. Si vous souhaitez que votre répertoire partagé ne soit accessible qu'en lecture seule, cochez la case correspondante. À défaut, le ou les hôte(s) autorisé(s) auront le droit de lecture et d'écriture sur le répertoire.
Cliquez enfin sur Valider. L'hôte que vous venez de définir apparaît maintenant dans la liste des hôtes autorisés. Et l'utilisateur de l'autre ordinateur peut monter votre répertoire partagé sur sa machine. Pour que le partage puisse se faire dans les meilleures conditions, veillez à ce que les permissions sur le répertoire (de part et d'autre du partage) correspondent à vos besoins. Dans le cas contraire, les permissions peuvent être modifiées en éditant les propriétés du dossier.
Si le partage ne fonctionne pas et que le client du partage obtient un message du type " mount RPC : le programme n'est pas enregistré ", il peut s'agir d'une erreur côté serveur due à une mauvaise définition des hôtes autorisés. Au besoin, vérifiez le contenu des fichiers /etc/exports (qui regroupe toutes les informations concernant le partage de dossiers par NFS), /etc/hosts.deny (qui indique quel programme doit refuser quel hôte) et /etc/hosts.allow (qui indique quels clients peuvent outrepasser les interdictions définies dans /etc/hosts.deny. En cas de modification sur ces fichiers, n'oubliez pas de relancer NFS par la commande /etc/init.d/nfs-kernel-server reload.
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