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    Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 9

    On commence la série des sigles et acronymes par la PAO pour Pagination Assistée par Ordinateur. C'est beaucoup dire en comparaison avec les tenants du marché et pourtant beaucoup d'entreprises de toutes tailles utilisent des outils bien plus simples pour aboutir au résultat escompté ! Car, dans une entreprise, une seule chose compte : le résultat et son prix. Hélas, ce pragmatisme de principe cache souvent des choix de logiciels où les goûts personnels du décideur (qui n'est pas forcément le payeur) l'ont emporté...

    A ce petit jeu, on ne jettera la pierre à personne, mais nous allons plutôt vous expliquer comment des entreprises utilisent Draw... C'est plus constructif ! Plus qu'ailleurs, en entreprise du bâtiment, on est sensibilisé sur les procédures de travail. Un outil fait gagner du temps ? Mais, en fait-il gagner à la mise en route ? Ayant les mains dans votre suite bureautique, est-ce utile et rentable d'en sortir pour réaliser des documents atypiques ? Avec Draw, ne vous posez plus la question ! Allez-y sans vergogne...

    Réalisez un triptyque en 6 étapes

    Draw fourmille d'options pour créer des formes, des textes, des effets bien plus intéressants et nombreux que FontWork ne le permet. Je ne peux, à ce titre, que vous conseiller de lire le guide de Rémy Petit (1) diffusé par le Projet Documentation OpenOffice.org. Voyons l'application pratique de quelques effets simples qui, au final, permettent d'avoir sans fatigue
    un résultat complexe.

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     Fig. 1 : Un triptyque sur un A4

    Régler les options et le format de Page

    Les bons réglages...

    Première question à se poser : Les marges ? Devez-vous imprimer votre travail ou le confier à un imprimeur ? Si vous imprimez votre plaquette, laissez Draw vous montrer les limites de votre matériel. Dans le menu Outils-> Options, déroulez la liste Draw et cochez les options adéquates, comme illustré sur la figure 2 (surtout la dernière option : la compatibilité avec l'imprimante !).

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     Fig. 2 : L'onglet " Général " des options de Draw

    Maintenant, on pose les lignes du pliage...

    Changeons l'orientation pour passer notre format A4 en mode Paysage. Par un clic droit sur la page, vous avez accès à l'entrée Page -> Paramétrer la page (Fig. 3).
    Divisons notre page en trois. Un A4 (29,7 cm) divisé par trois, cela fait 9,9 cm.

    Petite astuce

    Notez la valeur des marges, puis fixez-les à zéro. Posez les lignes de pliages, puis revenez sur le réglage des marges et remettez la bonne valeur. En effet, la position (X,Y) des objets tient compte des marges. Le point zéro en X et Y est au coin haut gauche de votre page. Si vous avez des marges, cela déplace le point (0,0), l'origine, d'autant...

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     Fig. 3 : La discussion avec l'imprimante (Epson D68 ici) est faite. Draw s'autorise des marges inférieures à 4mm. L'imprimante ne pourra imprimer au-delà.

    Attention
    Sous Linux, le serveur d'impression (CUPS, par exemple) utilise les valeurs enregistrées dans un fichier (PPD), valeurs qui ne sont pas forcément celles de l'imprimante utilisée...

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     Fig. 4

    À l'aide de l'outil Ligne (Fig. 4), je pose une ligne verticale à 9,9 cm, puis une autre à 19,8 cm (voir astuce précédente). La position se règle à l'aide de la touche [F4], ou via le menu Format -> Position et taille des objets sélectionnés (Fig. 5). Faites quand même un essai, la précision à l'impression n'étant pas toujours au rendez-vous. Cela dépend des imprimantes, des drivers et du système utilisé (Linux, Windows...). De plus, un essai de pliage avec les moyens du bord n'est pas inutile. Tant de minutie pour plier sur le coin d'un stand... il y a des choix à faire !

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    Fig. 5 : Fenêtre de dialogue qui nous permet de positionner précisément les lignes de pliage.

    N'oubliez pas de changer la couleur de vos repères de pliages, à l'aide du menu déroulant " Couleur de ligne " qui se trouve dans la barre d'outils. Un grisé doit convenir, inutile qu'ils se voient de trop.
    N'oubliez pas de ressaisir les valeurs initiales de vos marges, une fois que les lignes de pliage sont posées. Un imprimeur, en revanche, doit pouvoir se contenter de marges à zéro, car il utilise un support plus grand qu'il recoupe à l'aide d'un massicot (Fig. 6).

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    Fig. 6 : Lors d'une impression, si vous avez les marges à zéro, des options vous sont proposées ; choisissez l'option Couper pour éviter que votre composition soit malmenée.

     

    Petit exercice
    Apprenez à explorer les options disponibles, car bien souvent les questions posées dans les forums y trouvent réponses. Dans les options de Draw, vérifiez que la capture d'objets se fera aux marges et à 5 pixels (les mots importants sont en gras afin de vous aider dans votre recherche). A vous de jouer !

    Ajoutez une page pour faire le verso

    Effectuez un clic droit dans le panneau latéral gauche intitulé " Pages ", puis choisissez Nouvelle page. Le panneau Pages est normalement affiché par défaut. Dans le cas contraire, allez dans le menu Affichage et cochez Volet page. Si besoin, copiez vos repères de pliages positionnés précédemment, sur la page 2.

    Insérez les objets de votre composition

    Posez une image

    Il est entendu que vous avez déjà fait vos choix et demandé l'autorisation si les images ne sont pas de votre cru. Par le menu Insertion –> Image, vous pouvez poser une image à partir d'un fichier ou d'un scanner. Selon votre équipement, on peut aussi envisager une photo. Dans ce cas, cela revient à l'option à partir d'un fichier.

    Créez une zone texte à contour " élastique "

    Voyons comment faire rapidement une zone de texte qui suit le contour de l'image. Avec un polygone (Fig. 7), tournez autour de l'image et faites suffisamment de points pour que le résultat soit le moins anguleux possible. Lors du tracé, la touche [Maj] permet de bloquer le trait en mode horizontal ou vertical. Un clic droit permet d'annuler le dernier point posé et un double-clic gauche termine la figure, MAIS ne la ferme pas, sauf si vous visez le point de départ.

     

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    Fig. 7 : Le texte qui suit le contour d'une image avec un polygone

    La différence entre Terminer et Fermer ? Un objet (polygone) peut être terminé sans que le trait soit clos, bouclé ou fermé. Le polygone n'est pas fermé ? Dans ce cas, effectuez un clic droit et cliquez sur l'option Fermer l'objet. Sinon, il ne pourra pas servir à délimiter du texte (car vous n'aurez pas accès aux options texte) (Fig. 8).

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    Fig. 8 : Terminez ET fermez bien les objets !

    Une fois votre polygone terminé et fermé, effectuez un clic droit et choisissez l'option Texte ; puis, dans l'onglet du même nom, cochez l'option Adapter au contour. Quittez ces réglages en validant.

    Écrivez dans la zone de texte

    Pour affiner l'aspect visuel, cachez les lignes (cadre) du polygone ; un clic de sélection fait apparaître la barre d'outils adéquate. Dans le menu déroulant " Style de ligne " (Fig. 9), choisissez Invisible ; entrez dans le polygone par un double-clic gauche ou par la touche [F2] après sélection. Tapez votre texte, il suit le contour du polygone.

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    Fig. 9      Fig. 10

    Pour améliorer le résultat, vous pouvez cliquer sur l'option Justifier dans la barre d'outils (Fig. 10). Ce réglage déclenche un automatisme qui étire ou contracte les espaces et écarts de caractères. Le résultat peut être à contre sens de votre souhait. N'hésitez pas à utiliser les espaces insécables ([Ctrl]+[Espace]) pour brider un peu cet automatisme. Cliquez en dehors du polygone ou sur la touche [Echap] pour quitter votre polygone quand vous avez fini.
    Il suffit de recommencer plusieurs fois ces opérations simples pour obtenir un résultat, a priori, complexe. Faites de même pour le verso sur une
    deuxième page.
    Bon nombre d'entreprises n'ont pas besoin de plus. Et nous ne sommes toujours pas aux limites de Draw ! Seulement quelques options du polygone et quelques réglages de page sont mis en œuvre dans cet exemple. L'important est de se demander si cela vaut bien la peine de se lancer dans le long apprentissage d'un logiciel annexe à votre suite
    bureautique...
    Votre travail terminé (Fig. 11), il ne vous reste plus qu'à l'exporter au format demandé par votre imprimeur (un PDF bien souvent) ou à l'imprimer sur votre matériel.

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    Fig. 11 : Une zone texte avec un polygone, des images et voilà notre triptyque sur un A4 divisé en trois avec des lignes grises...

    Une carte postale en 4 étapes

    Là aussi, ce n'est qu'une question d'imagination, le résultat se veut simple comme les outils utilisés. A bien y regarder, il n'y a pas grand-chose à savoir de plus ! Comment définir le format carte postale, appliquer un fond de couleur, mettre un texte à la verticale (verso) et aussi savoir agrémenter l'image fournie avec un timbre, une bulle de texte, etc.

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    Fig. 12 : Une carte postale ? Facile.... Plus dur : ne pas faire de fautes d'anglais !!! – Source image : http://phildes.club.fr/journees/j_page07.htm.

    Régler les options et le format de Page

     Les bons réglages de pages

    La même question : les marges ? Dans l'idée d'une carte postale, il y a l'envie d'offrir un petit moment de plaisir, mais pas de l'imprimer soi-même. Soit on fournit le fichier PDF, soit on le fait imprimer sur un papier de fort grammage. Impossible à faire sur une imprimante classique !
    Donc [Ctrl]+[N], si vous êtes toujours dans Draw, pour créer un nouveau fichier de dessin, puis clic droit sur la page. Dans les entrées proposées, choisissez Page -> Paramétrer la page, puis, dans l'onglet Page,entrez 15,20 cm en largeur et 10,60 cm en hauteur.
    Profitez-en pour mettre un fond de couleur avec l'onglet Arrière-plan. Dans l'exemple choisi, déroulez la liste Remplissage, choisissez Dégradé et sélectionnez l'un des dégradés prédéfinis (" Dégradé 3 "). Draw vous demande si le fond doit être appliqué sur les autres pages ; dans notre cas, c'est inutile, nous cliquons sur " Non ".

     

    Maintenant, on pose les textes et la bulle

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    Fig. 13 : La barre d'outils permettant de paramétrer le tracé et le remplissage des formes. 

     

    La bulle est une simple ellipse avec des réglages adaptés (Fig. 13). Le trait épais et blanc, le fond noir, il ne reste qu'à y insérer du texte blanc. On peut aussi procéder avec deux ellipses de couleurs différentes et superposées.
    Cliquez sur l'outil Texte, dessinez le rectangle de la zone texte, réglez la police, la couleur en blanc et écrivez sur la bulle.

     

    Créez des objets

    Le timbre

    Avec Draw, on peut faire interagir les objets entre eux. Le timbre utilise une de ces interactions : la soustraction. Dans la barre d'outils de dessin, cliquez sur l'outil Rectangle, dessinez-le, réglez la couleur et le type de ligne (fond blanc et ligne invisible dans notre exemple).
    La dentelle du timbre est réalisée en posant des cercles sur la périphérie du rectangle. Quand le tour est fait, on sélectionne tout, rectangle et cercles. Veillez à ce que le rectangle soit bien au-dessous de tous les cercles. En effet, Draw soustrait l'objet du dessus de celui qui est au-dessous.

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    Fig. 14 : Tout se fait à la souris et son bouton de droite ! Simple...

    Une fois de plus, un clic droit permet d'avoir sous la main toutes les fonctions les plus courantes. Le menu contextuel, c'est pratique et rapide ! Choisissez l'option Formes -> Soustraire pour obtenir le résultat souhaité.
    Dans cet exemple, ne retenez que le principe. Le timbre étant fabriqué de cette façon, nous avons ajouté un rectangle marron et posé du texte blanc. Sélectionnez le tout (timbre, rectangle, texte) et, par le menu contextuel, cliquez sur Grouper. Cela facilite les manipulations (déplacements, redimensionnements, etc.) sans empêcher les modifications (édition du groupe par un double-clic). Une petite rotation du groupe complète le résultat.

     La rotation des objets

    La rotation des objets peut se faire, après sélection, par la commande du même nom de la barre d'outils de dessin (Fig. 15).
    Une composition telle que celle-ci (recto et verso) se résume donc à :

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    Fig. 15 : Les effets possibles dans la barre d'outils de dessin

    • régler la taille du papier (taille carte postale) et mettre un fond de couleur (sur le recto, le verso reste blanc) ;
    • poser des images et du texte ;
    • fabriquer un objet par soustraction de deux formes (le timbre) ;
    • effectuer des orientations d'objets (groupes et textes) par rotation.

    Illustrez Writer en 3 étapes

    Les fonctions de Draw en dessin et manipulation d'images permettent de le transformer en usine à illustrations pour Writer et même les autres modules d'OpenOffice.org (Calc, Impress, etc.).
    Par exemple, pour illustrer en 3D le principe des impressions dans un tableur, on extrapole la soustraction d'objet vue précédemment, tout en examinant deux effets complémentaires, la 3D et la conversion en métafichier.

    Créez un effet 3D

    Une capture d'écran trouée, en 3D

    Ouvrez une feuille de dessin ainsi qu'une feuille de calculs (tableur) et mettez cette dernière en bonne place sur votre écran. De préférence, dimensionnez la fenêtre au deux tiers de l'écran, pour faire léger!

    Faites une capture d'écran à l'aide des touches [Alt]+[Impr. écran] de votre clavier. Cette combinaison de touches capture la fenêtre active à l'écran. Rappelons que la touche [Impr. écran] seule, capture l'écran entier. Dans votre feuille de dessin, collez la capture ou insérez l'image via le menu Insérer -> Image -> À partir d'un fichier.

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    Fig. 16 : Une copie d'écran sur laquelle on ajoute un rectangle, une soustraction et une conversion 3D... Qui fait mieux ?

    Dessinez un rectangle n'importe où sur la capture ; après sélection des deux objets (capture + rectangle), effectuez un clic droit, puis dans le menu contextuel, sélectionnez Formes -> Soustraire. Voilà votre capture trouée ! Effectuez à nouveau un clic droit, et cette fois-ci, choisissez l'option Convertir -> En 3D. Et voilà votre capture trouée, transformée en objet 3D (Fig. 16) !

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    Fig. 17 : La boîte à outils des effets 3D

     Un effet 3D

    Un autre clic sur votre objet 3D fait apparaître les poignées de position 3D (rouges) pour positionner votre objet dans son espace.
    Si vous effectuez un nouveau clic droit sur l'objet, vous accédez à l'option Effet 3D qui permet d'afficher la fenêtre de réglage des effets 3D, sous forme d'une boîte à outils (Fig. 17). Dans cette boîte de dialogue, vous pouvez régler l'épaisseur, la position de l'éclairage entre autres. Validez vos modifications par le bouton Assigner.

    Conversion en métafichier

    Quand vous êtes satisfait du résultat, sélectionnez votre composition, puis effectuez un clic droit afin de sélectionner l'option Convertir -> en Métafichier. Cette conversion vous assure, au prix d'une petite dégradation, une légèreté de l'image générée particulièrement adaptée aux autres documents OpenOffice.org. Mais cela transforme l'objet sans possibilité d'annuler après enregistrement du fichier. A vous de voir si cette transformation est de bon aloi...
    Ceci fait, stockez vos illustrations dans un document, Writer ou Impress par exemple, avec un simple copier/coller. Voir à ce sujet le manuel de Michel Pinquier, page 122, au paragraphe " Utilisation du presse-papiers "(2).
    Vous avez à présent les bases pour réaliser l'illustration suivante (Fig. 18). Vous reconnaissez la capture d'écran trouée et transformée en objet 3D, des lignes, un rectangle avec un remplissage jaune dégradé en transparence.

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    Fig. 18 : Trois bouts de ficelle en plus et voilà une illustration complète...

    Conclusion

    On peut regretter les cadres de textes chaînés et quelques autres fonctions typiques des logiciels de PAO. Mais ce n'est pas grave comparé aux déboires que rencontre celui qui veut migrer son travail de PAO d'un logiciel de publication propriétaire sur un autre plus libre.
    Draw pêche en PAO par l'absence de quelques fonctions, mais il est tellement rassurant de lui confier son travail...
    Depuis qu'OpenOffice.org permet l'exportation au format PDF, je réalise tous mes supports de cours et documentation sur Draw et n'ai jamais eu à rougir du résultat, même si j'ai parfois utilisé des logiciels annexes pour des fonctions spécifiques (The Gimp pour du détourage par exemple).

    Draw est polyvalent : il permet la réalisation de document atypique, il est un générateur d'illustration vraiment plaisant. Non seulement Draw a sa place dans une entreprise, mais, en plus, on devrait réfléchir à deux fois sur la plus-value fonctionnelle des logiciels de PAO du marché. Que contiennent donc vos documents pour justifier un investissement en temps et argent et que ne saurait faire Draw ? A vous de cerner le facteur qui infléchira votre décision.
    Utiliser 10% d'un logiciel dédié à la PAO ou 30% de Draw ? Si le bon sens est au bout de vos doigts... au final, c'est le résultat qui fera loi (ou devrait !).

    Et le D.A.O. ?

    Draw a toujours été présenté depuis ses origines (StarOffice) comme un module technique. Il est vrai que l'on a un outil de cotation, mais cela en fait-il un logiciel de dessin bon à utiliser en entreprise ?
    Oui, mais...
    Mon expérience de Technicien en BTP me pousse à dire que Draw peut le faire sous certaines conditions. Dans un gros chantier, j'ai déjà vu des plans d'exécution d'ouvrages (PEO) être produits avec les outils de dessin d'un tableur. Rien d'anormal. On demande des détails, pas de les dessiner à la plume d'oie sur du vélin ! Aujourd'hui, ce cas de figure est rendu improbable par les chartes des synthèses de chantier qui exigent un format DWG. Effet prescripteur pervers quand tu nous tiens ! On ne vous exige pas le logiciel (hum ! ...), mais le vélin. Par contre, quand l'entreprise n'est pas en situation d'échange, restreint par le format, de ses documents, mais en production sur papier de détails d'exécution (appels d'offres, réunions de chantier, etc.), là Draw peut très bien se révéler un précieux allié.

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     Fig. 19 : Imprimer des plans à l'échelle et constituer sa bibliothèque, le tout avec des compétences bureautiques...

    Dans l'entreprise, le problème est, souvent, de pouvoir modifier et imprimer facilement des détails techniques récurrents. Les modifications se résument à des retouches de texte et de formes simples. L'idéal étant que chaque personne puisse réaliser ce travail sans dépendre d'un conducteur de travaux en déplacement.
    Comment faire quand le socle commun des compétences informatique est la bureautique ? Voyons les avantages de Draw en production de détails dans une situation typique où le dessin mêle du figuratif (l'étanchéité) et du technique (le gros œuvre). Je vous recommande la lecture de " Prise en main de Draw " de Michel Pinquier (2) diffusé par le Projet Documentation OpenOffice.org.

    Régler les unités et échelle

    Les bons réglages...

    On revient dans le menu Outils -> Options ; déroulez la liste Draw, mais, cette fois-ci, déclarez les unités et l'échelle. Vous êtes maçon, alors " Centimètre " et échelle " 1:50 " ou " 1:100 " sont vos réglages de prédilection. Dans une entreprise d'étanchéité, nous avons calé nos réglages d'unité en centimètres et l'échelle au 1:20.
    À présent, faites un petit tour dans les options de Grille (Fig. 20) et vérifiez les options de capture (accrochage objets). Cochez toutes les options proposées.

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     Fig. 20 : Veillez à bien renseigner les paramètres de la grille !

    Choix de l'échelle : la taille des détails fournis par l'entreprise en exemple nécessite une vue sur des couches de produits dont l'épaisseur ne dépasse guère le centimètre sur des structures 100 fois plus grandes. En jouant sur l'épaisseur des traits sur un gros œuvre dessiné en centimètres au 1/2, on peut imprimer sur du format A4 correctement. Vous aussi faites quelques essais.

    Dessinez et gérez votre bibliothèque

    Dessinez la structure

    Les dessins produits font souvent appel à des coupes sur étanchéité sur des formes en béton armé (voile BA). Trois rectangles fusionnés (Fig. 21) nous évitent de dessiner un polygone sans pouvoir quantifier les segments. Un rectangle de 100 cm x 20 cm, copié 3 fois ; on en retourne un et on les aboute. Déplacez-les à la souris. A l'approche des points (extrémités) des objets, un magnétisme se fait sentir. Cela vous donne la certitude que l'accrochage est réalisé (sans vous dire lequel !).
    Pour réaliser la fusion, il vaut mieux faire se chevaucher les rectangles et les fusionner deux par deux. Par trois, le résultat est hasardeux.

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    Fig. 21

    Pour réaliser une ligne brisée et symboliser la vue partielle, on peut faire appel à un polygone fermé (en gris pour mieux voir) groupé avec une ligne brisée (polygone ouvert) en bordure (Fig. 22). Le gris de cet exemple est remplacé par du blanc afin d'occulter la portion de la dalle inutile.

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    Fig. 22 : Une ligne brisée et un polygone blanc en guise de cache

    Dessinez un isolant

    Dans ce type de dessin, on a du mal à trouver des hachures pour visualiser les isolants. Un gros avantage de Draw est de pouvoir dessiner, grouper et étirer les objets. Cela fabrique des objets associatifs pour reprendre une terminologie bien connue en CAO/DAO.
    Pour votre isolant, dessinez un rectangle de 10 cm de haut et 100 cm de long. Prenez soin de mettre le fond en blanc, puis, avec la ligne à main levée, dessinez votre isolant (Fig. 23). Choisissez une couleur et groupez avec le rectangle. Vous venez de dessiner une plaque isolante. Modifiez son épaisseur avec la touche [F4] après sélection.

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    Fig. 23

    Stockez

    Puisque nous venons de dessiner un objet utile dans bon nombre de dessins, nous allons le stocker en bibliothèque. Pour cela, on crée notre bibliothèque dans la galerie d'OpenOffice. Cliquez sur l'icône Gallery , puis sur le bouton Nouveau Thème... ; dans l'onglet Général, donnez un nom à votre bibliothèque (Fig. 24). Précéder chaque nom par un chiffre permet de classer les thèmes en passant outre l'alphabet. Validez.
    À présent, effectuez un glisser/déposer du dessin de votre isolant vers la galerie que vous venez de créer (Fig. 25). Un nom est donné par défaut à cet objet, mais vous pouvez le changer via un clic droit (on s'attend à Renommer, mais, en fait, c'est Titre qu'il faut sélectionner !).
    De cette manière, vous constituez votre bibliothèque. Ne cherchez pas à la remplir tout de suite, mais prenez plutôt la bonne habitude d'y stocker tout objet récurrent dans vos séances de travail.

    Dessinez le complexe d'étanchéité

    Nous utiliserons ici encore une ligne brisée (polygone). À chaque clic, vous posez un point et, en vous aidant de la touche [Maj], vous bloquez le trait en orthonormée (horizontale, verticale). Lors du tracé, un clic droit permet d'annuler le dernier point ; terminez avec un double-clic gauche. Ceci fait, vous pouvez éditer ce polygone en le sélectionnant et en utilisant la palette d'outils Éditer les points (Fig. 26). Ajouter, enlever des points devient facile.
    On voit bien qu'il est possible d'utiliser Draw en entreprise. Ce dessin n'a rien à envier aux autres, une fois imprimé. Il manque deux ou trois cotes, mais je vous laisse le plaisir de la découverte ! La particularité de ce détail technique ? Il est descriptif. On ne s'est pas lancé dans l'étude d'un bâtiment entier...
    Si Draw tire son épingle du jeu dans les dessins descriptifs, pour un dessin purement technique, un dessinateur s'arrache vite les cheveux.

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     Fig. 24 : Déclarez votre bibliothèque.

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     Fig. 25 : Il est très utile de stocker un élément de dessin dans une galerie, en vue de réutilisations ultérieures.

    Conclusion

    Nous sommes loin d'une approche purement technique avec Draw. Ce n'est pas faute de pouvoir ! La facilité des opérations réalisées à la souris ont été privilégiées en occultant la complexité des informations traitées. C'est un choix que l'on ne regrette pas, mais on aurait aimé avoir quand même accès à la partie technique de Draw quand le besoin se fait impérieux !
    Il est à noter que bon nombre de fonctions avec une ergonomie à la façon de Draw (groupe, zone de textes, édition des points dans une polyligne, etc.) commencent à apparaître en CAO/DAO. Que de temps perdu ! En tant d'années, Draw aurait pu devenir un vrai logiciel de DAO aux ambitions raisonnables peut-être, mais utile et crédible. Sa polyvalence est agréable et, du coup, on est tenté de le pousser dans ses retranchements en PAO, DAO, création graphique...
    OpenOffice.org ne dément pas sa réputation et, dans l'océan de son code logiciel, Draw est comme un iceberg, une sorte d'immense réservoir avec tant de choses à voir pour la partie visible et tant à espérer pour la partie immergée ! Alors on râle, on râle... mais qui aime bien châtie bien !

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     Fig. 26 : Une ligne brisée, quelques réglages et voilà notre détail technique !

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    Fig. 27

     Bibliographie

    • (1) Le guide de Rémy Petit :
      http://fr.openoffice.org/Documentation/Guides/tutoriel%20texte-images17.pdf [fr]
    • (2) Le guide de Michel Pinquier :
    • http://fr.openoffice.org/Documentation/Guides/guideDraw.pdf [fr]

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    Posté par (La rédaction) | Signature : Patrick Guimberteau | Article paru dans

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