Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série8
On parle souvent de programmes conçus pour Gnome ou pour KDE. Pourtant, la plupart du temps, il vous sera possible de lancer indifféremment un programme écrit pour l’un, tout en étant dans l’autre, et vice-versa. Ce qui différencie ces logiciels, c’est la bibliothèque de widgets utilisée.
Que sont les widgets ? C’est l’ensemble des éléments qui constituent une interface graphique : bouton radio, case à cocher, onglet, jauge, bouton de texte comme OK ou Annuler, ascenseur, menu... Il en existe beaucoup sous Linux, mais les deux principaux sont GTK+, qui sert à développer Gnome, et QT, utilisé par KDE. Pour chacun existe un environnement de développement avec lequel on construit les applications.
Au sein d’un même bureau, une bibliothèque de widgets en action n’est pas exclusive des autres : il est donc tout à fait possible d’utiliser, tout en étant dans Gnome, K3B, le logiciel de gravure de KDE, ou de lancer la messagerie Gaim dans KDE. Dans la mesure du possible, cette action n’est cependant pas à conseiller. En effet, cela revient à charger en mémoire vive non pas une mais deux bibliothèques de widgets, avec leurs règles et logique. De plus, certaines applications ont besoin de démarrer, en tâche de fond, presque toute l’intégralité du bureau auquel elles appartiennent. Lancer Konqueror ou K3B dans Gnome, par exemple, revient presque à faire tourner les deux bureaux en même temps. Si votre ordinateur est un peu limité en mémoire vive, il risque vite de ramer sévèrement.
À cet égard, les applications GTK+ sont souvent plus indépendantes de Gnome que les programmes QT ne le sont de KDE, mais cette observation est loin d’être systématique.
Comme exemples d’autres widgets, citons wxWidgets, utilisé par VLC Media Player et Audacity, et qui ressemble fort à Windows 2000 ; tcl/tk, utilisé par aMSN ; les antiques Athena ou Motif, utilisés par les anciens Netscape 4, WordPerfect 8 ou Acrobat Reader 5. Certains programmes s’installent même avec leurs propres widgets, à l’instar d’OpenOffice.
Tous fonctionnent indifféremment sous tous les bureaux, et on peut les charger ensemble en mémoire, même si la cohérence visuelle du bureau s’en ressent alors gravement. Au milieu d’un Gnome à l’apparence parfaite, un aMSN ou un Acrobat Reader 5, avec leurs boutons à l’ancienne et leurs polices de caractère crénelées font un peu tache...

Des exemples de widgets de QT et GTK+ : il est en outre possible de leur appliquer une multitude de thèmes.
 

Motif est une bibliothèque de widgets qui accuse son âge. Guère élégante, pas toujours très claire, c’était celle de Netscape 4 ou Acrobat Reader 5.
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