Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 8
Dans un ordinateur, les fichiers proviennent de plusieurs supports physiques : disques durs, DVD-ROM, clef USB, etc. Le système Windows a choisi de les présenter sous forme de « volume ». Ainsi, pour accéder à un fichier, on donne d'abord le nom du média physique ou de la partition où il se trouve (a: pour l'antique lecteur de disquette, c: pour le disque dur principal, d: pour 2ème disque, z: pour un disque réseau, par exemple). Chaque volume dispose de sa propre arborescence.Sous Unix, le choix est différent. Il n'y a pas de concept de « volume ». Il y a simplement une arborescence, dans laquelle est « monté » chaque périphérique ou partition d'un périphérique. Cela signifie que le système place le contenu du CD-rom par exemple sous /mnt/cdrom, que le disque principal est monté sous / (la racine). Un gros disque de données peut être utilisé pour les données personnelles. Il sera donc monté dans /home.
Chaque disque, partition et périphérique, est représenté par un fichier spécial se trouvant dans le répertoire /dev : /dev/hda représente le premier disque IDE ; /dev/sda le premier disque Serial ATA ou SCSI ou une carte mémoire. L'opération de « montage » correspond en fait à l'association d'un fichier spécial avec un emplacement de l'arborescence. Ainsi, le système est très souple. On choisit l'endroit où l'on rajoute des disques et, surtout, leur « place » ne change pas si l'on rajoute un disque dur.
On voit que l'on peut monter un périphérique sous une arborescence gérée par un autre périphérique. Par exemple, j'ai eu un problème de place dans mon répertoire personnel : le disque placé sous /home commençait à être rempli... J'ai ajouté un disque dur supplémentaire, que j'ai monté sous /home/nb/hd200. En gros, cela signifie que j'ai créé un répertoire hd200/ dans mon compte nb qui va contenir les données du nouveau disque.
On voit d'ailleurs une limite au système : il faut séparer les données artificiellement vers un autre répertoire. Il existe une possibilité d'agrandir un espace lorsque l'on rajoute un disque : on utilise pour cela la fonctionnalité LVM (Logical Volume Management). Mais cela nécessiterait l'objet d'un article complet pour en parler...
La commande df en ligne de commande permet de connaître l'état des montages et le taux d'utilisation des différentes partitions. On peut ainsi visualiser la liaison entre les fichiers spéciaux de /dev qui correspondent au périphérique et l'endroit où ils sont montés. Par exemple :
On voit d'abord /dev/sdb1 qui représente une partition montée à la racine du système de fichier (/). Ensuite, on voit /dev/sda5 qui représente la 5ème partition du premier (a) disque dur (sd pour le scsi ou un disque SATA, hd pour un disque IDE) monté dans /boot. Le répertoire /tmp est marqué none, il utilise tmpfs, un système de fichier spécial qui utilise uniquement la mémoire vive. Cela permet de gagner énormément en vitesse, mais si on coupe le courant, on perd tout (cela dit, ce n'est pas très grave pour un répertoire temporaire...).
 
Ensuite, on peut voir un montage Samba (le système de partage d'origine Windows qui marche très bien sous Linux). On voit que l'on monte le répertoire ~pub du serveur dont l'adresse IP est mentionnée. Ici, il n'y a pas de fichier spécial : en effet, sous Unix, la gestion du réseau est une des seules choses qui ne passe pas par un fichier. Enfin, on voit le montage d'un CD-rom IDE (d'ou le hda) dans /mnt/cdrom.
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