Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 21
Drinou est un système, en français, capable de faire fonctionner des machines très peu puissantes comme un 486 ou un Pentium 1. Je l’ai testé sur un Pentium 133 avec succès. Le système se lançait plus vite que Windows 98 sur la même machine.
Drinou est essentiellement tiré d’une Slackware 7.1 C’est un système complet, que j’espérais depuis longtemps pouvoir vous présenter dans un tel hors série consacré au recyclage de vieilles brouettes et des vieux tromblons.

Ci-contre un authentique vieux tromblon, soit un chassepot mdl 1867 rechambré vers 1900 pour le cal 24, mais à ne surtout pas utiliser !
Comme souvent, il faut se procurer l’image ISO. On peut la trouver sur le site, en même temps que de nombreux paquetages. (Elle était aussi sur le CD-ROM de janvier 2005 n°68 de GNULinux Magazine).
On grave classiquement un CD-ROM bootable à partir de cette image.
L’installation est alors facile et en grande partie francisée sur une machine capable de démarrer sur le CD-ROM. Je me pencherai donc plus sur les machines bootant sur disquettes uniquement.
On trouvera d’autres méthodes d’installation par le lien ci-dessous, mais qui demandent DOS ou Windows : http://f5nlg.free.fr/drinou/install.htm
Il faut construire 2 disquettes de boot comme pour une Slackware classique. Les images à utiliser sont bare.i pour la disquette 1, et drinou.gz pour la disquette 2.
Ces images sont dans le répertoire install/ du CD-ROM. On peut classiquement faire les disquettes avec dd if=bare.i of=/dev/fd0 sous Linux, ou rawrite sous FreeDOS.
Lancement de l’installation
On démarre donc sur la disquette 1 bare.i qui affiche :
boot:
Puis les messages classiques d’un démarrage Linux, et enfin :
Partition check: hda: hda1 VFS: Insert root floppy disk to be loaded into RAM disk and press ENTER
On introduit alors la deuxième disquette, qui permet le lancement du CD-ROM. L’écran affiche :
Drinou Linux 2.1 WELCOME TO THE DRINOU LINUX2.1 INSTALL PRESS THE KEY AND WE CAN START

On nous invite à sélectionner le clavier, et à confirmer que l’on a le bon choix en tapant dans la fenêtre de test.
Il ne faut surtout pas se troubler à ce moment-là . Le clavier reste obstinément QWERTY, mais ce n’est pas grave, car par la suite il se met automatiquement en clavier français AZERTY.

Pour les choix suivants, il faut presque tout le temps choisir " OK " (avec la touche de tabulation).
Les questions sont en anglais mais assez classiques pour une installation de GNU/Linux.
On nous propose ensuite un choix de l’outil de partitionnement.
PARTEDsi on a seulement une ou 2 grandes partitions, et si on a besoin de redimensionner pour créer une partition swap et une partition Linux.CFDISKsi on a déjà des partitions et qu’il faut juste les convertir au format swap ou Linux.
Si on utilise Parted, il faut lui préciser le disque. Écrire pour le premier disque /dev/hda (taper /dev/hdq à cause du clavier QWERTY).
L’outil recense les partitions présentes et demande laquelle doit-on redimensionner.
J’ai choisi comme tailles de partitions :
- 350 Mo pour Drinou
- 100 Mo pour la swap
Après le partitionnement, on a un reboot, puis une vérification des partitions. Choix du type de partition entre ext2, reiserfs et ext3. Pour les petits disques, le système ext2 convient parfaitement. L’installation se fait pratiquement tout le temps en validant OK, sauf pour un écran qui nous demande de choisir entre :
Après le partitionnement, on a un reboot, puis une vérification des partitions. Choix du type de partition entre ext2, reiserfs et ext3. Pour les petits disques, le système ext2 convient parfaitement. L’installation se fait pratiquement tout le temps en validant OK, sauf pour un écran qui nous demande de choisir entre :
ABORT FORMAT UNFORMAT
Abort arrête le processus.
Format va installer le système de fichiers puis Drinou elle-même.
On a alors un écran très impressionnant, plein de messages " en vrac " comme si l’ordinateur paniquait. Là aussi ne pas s’affoler. Tout est normal. L’installation dure moins de 5 minutes, même sur un Pentium, puis on voit une page de configuration du système en anglais. Une autre pourra être utilisée en français plus tard.

Configuration
Il faut encore redémarrer pour ensuite se loguer en root, sans mot de passe (à créer rapidement avec la commande passwd). On doit alors choisir entre menu, drinou-hlp et startx.

menu est une interface Web de configuration et d’aide accessible par links (francisé) ou dillo si on a lancé le serveur X.

Installation de programmes
On a pour l’instant un système suffisant pour de petites tâches, avec une interface graphique légère, Icewm. Elle est très riche en raccourcis clavier paramétrables, ce qui est utile sur les portables ou quand la vieille souris de votre PC n’en peut plus. On peut fondamentalement installer les paquetages de Slackware 7.1. Jean-Philippe Piers a néanmoins prévu sur le CD-ROM quelques paquetages supplémentaires bien utiles. On peut monter le CD-ROM. Chez moi :
mount /dev/hdd /mnt/cdrom
Puis on installe à la main les paquetages supplémentaires. pkgtool n’est pas installé. Il faut donc utiliser la commande typique des Slackware, installpkg, qui, rappelons-le, ne gère pas les dépendances. Par exemple, pour installer Abiword :
cd /mnt/cdrom/packages/bureautique/ installpkg abiword-0.7.tgz
Avenir
En fait, j’ai appris par son auteur, Jean-Philippe Piers, que Drinou n’évoluera plus, mais qu’un assemblage à base de Slackware très similaire prend la suite : P!tux.
Jean-Philippe Piers : " Drinou marche bien, elle n’est plus maintenue pour des raisons de complication à maintenir 3 distribs (sonnyou, drinou et loopham) [1]. Le choix que j’ai fait est une base commune (P!tux), qui est pratiquement identique à sonnyou, quelques mises à jour de soft, du kernel, des petites corrections de bugs, Samba en complet et oui, ça marche dans un environnement 2000 et pour faire l’équivalent d’une Drinou, il faut charger miniX2.tgz. Maintenant le X de base est en vesa et plus en 8bits (moche). Le Window Manager par défaut est fluxbox, plus simple à paramétrer pour un utilisateur, et aussi plus léger que ICEwm ".
Drinou étant éprouvée et capable de rendre bien des services, elle vaut bien un article pour expliquer son installation sur une vieille machine. P!tux en fera l’objet lorsqu’il aura été suffisamment testé.
En attendant, Drinou m’a servi pour de vieilles machines scolaires, parfois en double boot avec FreeDOS.
Conclusion et invitation
On doit saluer le travail de l’artiste, Jean-Philippe Piers, enseignant par ailleurs. Il existe une liste des utilisateurs de ces systèmes. Pour s’y inscrire, il suffit d’aller sur le site. J’espère vous y rencontrer un jour.
Références :
- [1] http://zipham.free.fr/
- [2] Un site où ces commandes sont expliquées : http://balno.free.fr/hdsetup.html
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