Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 15
Quel que soit le travail que l'on souhaite réaliser avec The Gimp, il est fréquent de ne conserver d'une image brute qu'une partie seulement. The Gimp, comme la plupart des logiciels de retouche d'images, permet de recadrer facilement une photo. Nous allons voir dans cet article les différentes techniques utilisables.
Lorsque vous prenez une photo, il est toujours possible qu'un élément perturbateur soit présent sur l'image alors qu'il n'était pas prévu à l'origine. La retouche, utilisant diverses techniques, permet d'éliminer ce type d'éléments. Cependant, il n'est pas toujours nécessaire d'en arriver là . Le sacrifice d'une partie de l'image est parfois plus payant. Un cas typique est la présence d'un élément d'avant-plan dans le champ de la photo. Vous ne l'aviez pas vu au départ, mais un objet se trouvant tout proche de vous se distingue sur la photo comme en figure 1. Cette lunette arrière de voiture n'était manifestement pas prévue dans cette photo. Ici, nous pouvons sacrifier une partie de l'image et couper sur la gauche et en bas de la photo.

Fig. 1
Quelle que soit la manière ou la raison pour laquelle vous allez recadrer votre image, je vous conseille très fermement d'utiliser les guides. Ils sont très simples d'utilisation et peuvent rendre de grands services. Un guide est une ligne (horizontale ou verticale) magnétique. Cette ligne, qui ne fait pas partie de l'image, possède la capacité d'attirer le pointeur de la souris en fonction des outils utilisés. Il est clair qu'ici, le but est d'utiliser les guides avec un outil de sélection. Pour placer un guide, cliquez simplement sur la réglette, maintenez le bouton de la souris appuyé et déplacez le pointeur sur l'image. Un guide suivra vos mouvements jusqu'au relâchement du bouton de la souris. Vous pourrez déplacer les guides à souhait en utilisant l'outil de déplacement. En approchant le pointeur sur un guide, le pointeur se transforme et le guide passe du bleu au rouge.
Sur la figure 2, nous avons placé deux guides nous permettant de nous repérer. Nous voyons clairement les morceaux d'image à sacrifier et nous pouvons évaluer les "coûts" de l'opération. Nous ne le voyons pas ici, mais il est de bon ton de s’assurer, sur toutes les lignes que forment les guides, que nous n'allons pas couper une partie importante de la photo. Cette remarque est particulièrement importante lorsque vous "zoomez" sur l'image pour placer les guides. Il ne nous reste plus qu'à faire notre sélection rectangulaire suivant les guides (figure 3) et de copier la sélection. Une fois la sélection dans le presse-papiers, nous utilisons le menu Edition->Copier en tant que Nouveau. Ainsi, le contenu du presse-papiers deviendra une nouvelle image (figure 4). En définissant un raccourci pour ce menu, cette méthode devient la plus rapide pour obtenir une version recadrée d'une image.
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Jouez sur la taille des calques
Je désignerai la première méthode que nous venons de voir comme étant destructive. En effet, bien que nous obtenions une nouvelle fenêtre image en laissant l'ancienne intacte, si nous nous trompons, nous devons tout refaire (guides, sélection, copie). Il est possible d'utiliser une autre technique, moins destructive, mais nécessitant sans doute plus de mémoire. Pour comprendre le fonctionnement de cette technique aisément, il faut connaître le fonctionnement des calques. Vous avez déjà sans doute utilisé les calques pour vos manipulations dans The Gimp, mais avez-vous déjà pensé à les utiliser avec une taille différente de celle de l'image ?
Le terme image dans The Gimp désigne la fenêtre image et son contenu. Il s'agit du résultat final découlant de l'empilement des calques. Certaines manipulations concernent l'image, comme le changement de mode par exemple. D'autres concernent le calque actif, comme la plupart des filtres (flou, etc.) et des opérations sur les couleurs (désaturation, contraste, etc.).
Nous pouvons alors en déduire qu'une image d'une taille donnée peut utiliser des calques plus petits ou plus grands. Dans le premier cas, le calque apparaîtra avec une bordure jaune dans l'image (figure 5). L'avantage dans l'utilisation d'un cadre de taille plus réduite que celle de l'image est de pouvoir faire des déplacements et appliquer des filtres sans sélection préalable. Un flou gaussien, par exemple, sur le calque blanc de la figure 5, ne donnera pas un rectangle flou. Certains Scripts-Fu ou filtres génèrent des calques de taille différente de l'image. Il vous est également possible de spécifier la taille d'un calque à sa création dans la fenêtre des calques (figure 6).
Fig.5
Fig.6
Les calques plus grands que l'image, quant à eux, nous permettent un recadrement de l'image dynamique. Entendez par là que l'image (résultat de l'empilement des calques) aura une taille inférieure à la taille du calque. Cependant, toute les parties qui dépassent ne sont pas perdues.
Si nous prenons en guise d'exemple l'image en figure 7, il est évident qu'il nous est nécessaire de faire quelque chose. La photo est très mal cadrée et nous allons utiliser la "technique des calques" pour corriger le problème. Pour ce faire nous utilisons le menu Image->Taille du canevas. Une fenêtre (figure 8) apparaît alors, nous permettant de spécifier la nouvelle taille d'image et de placer le ou les calque(s) en conséquence.
Fig.7
Fig.8
Ceci peut paraître un peu aléatoire, mais en réalité, tout ce que vous devez renseigner dans cette fenêtre c'est la taille de l'image. Cette taille pourra être déterminée par une sélection, le placement de guides ou encore la mesure à l'aide de l'outil du même nom. Le placement n'est pas un facteur important si vous n'avez qu'un calque dans votre image. En revanche, si vous possédez plusieurs calques, il ne faudra pas oublier de sélectionner pour un déplacement groupé. Nous obtenons, suite à l'opération, une image comme celle donnée en figure 9. Comme vous pouvez le voir, l'image est pleinement affichée (absence d'ascenseur) et on pourrait croire que l'image a été "rognée". Mais il n'en est rien. En faisant un zoom arrière, on remarque que le calque (bordure jaune) est d'une taille bien plus importante que ce qu'il nous était permis de voir (figure 10).
Fig.9
Fig. 10
En utilisant ensuite l'outil de déplacement, nous pouvons déplacer le calque dans la fenêtre (figure 11). L'image, au sens "gimpesque" du terme, devient une sorte de pochoir nous permettant de définir la partie de calque que nous souhaitons voir. Bien que ce genre de fonctionnalité soit très pratique pour le recadrage, gardez à l'esprit que la mémoire consommée par ces données est aussi importante qu'avec une image de la taille du calque. L'utilisation d'une applet ou d'une application dockable permettant de suivre la consommation mémoire est recommandée.
Fig. 11
Un certain nombre d'opérations sont permises à partir du moment où l'on travaille de la sorte avec les calques. En cliquant avec le bouton droit de la souris sur le calque dans la fenêtre des Calques et Canaux, vous pourrez choisir entre plusieurs entrées dans le menu :
- Taille de bord du calque : Fait apparaître une fenêtre vous permettant d'ajuster la taille du calque (figure 12). Attention, il s'agit de rogner les bordures de manière définitive cette fois.
- Mettre aux dimensions de l'image : Cette opération permet de considérer la partie de calque visible comme la seule à conserver. On rogne automatiquement tout ce qui se trouve autour.
- Redimensionner le calque : Il s'agit de l'opération équivalente au menu Image->Echelle de l'image. Il s'agit non plus de rogner le calque, mais de spécifier une nouvelle taille et ré-échantillonner l'original en conséquence (figure 13).
Fig. 12
Fig. 13
Toutes ces fonctions vous permettront d'ajuster et d'affiner le recadrage de votre photo. Travailler directement avec un ou deux calques supplémentaires peut également être une source de facilité. En effet, si vous avez déjà prévu de placer une bordure ou un cadre à la photo, définissez-les dès que vous êtes fixé sur le format (figure 14). Ainsi, vous ne travaillerez plus que sur le calque photo avec, directement, une vue sur le résultat final (figure 14b).
Fig. 14
Fig. 14b
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