Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 26
En informatique, qu’il s’agisse de la création de dessin, d’un fond d’écran ou encore de couleur dans une page Web, une couleur se définit par trois valeurs : le Rouge, le Vert et le Bleu ou RVB. En mélangeant ces couleurs, il est possible d’obtenir toutes les nuances possibles ou presque.

Le RVB est largement utilisé, car c’est une solution rapide et simple pour nuancer les couleurs. On le retrouve donc aussi bien en informatique, mais également pour la vidéo et l’électronique. L’utilisation du RVB repose sur un principe connu sous le nom de " synthèse additive dans la théorie des couleurs ".
Malheureusement, le cerveau humain n’a pas l’habitude de travailler en RVB. On pourrait se dire que cela vient du fait que nous apprenons les couleurs par synthèse soustractive comme nous le faisons à l’école en mélangeant les couleurs et en utilisant les trois couleurs primaires Jaune, Rouge et Bleu (ou plus exactement Jaune, Magenta et Cyan). C’est également de cette manière que travaillent les imprimeurs en ajoutant le noir. Le Cyan, le Magenta et le Jaune une fois mélangés donnent théoriquement du noir, mais l’opération est trop délicate et on ajoute un noir comme clef. Nous obtenons alors un espace colorimétrique appelé CMJN en français et CMYK (K pour Key) en anglais. The Gimp ne sait toujours pas dans sa version actuelle (2.2.11) et dans la prochaine (2.4) travailler en CMJN. Ceci nécessite une refonte du cœur de l’application et l’utilisation de GEGL.

 En réalité, qu’il s’agisse de RVB, de CMJ ou de CMJN, un humain ne détermine pas une couleur de la sorte. En regardant un objet, on n’observe pas sa couleur en se disant qu’elle est composée de 56% de rouge, de 12% de bleu et de 4% de vert. La gymnastique mentale est bien trop complexe pour cela. Nous aurions plutôt tendance à dire qu’il s’agit d’un bordeaux ou, en d’autres termes, un rouge foncé et peu intense. De plus, des facteurs extérieurs influent directement sur notre perception des couleurs.
Pour satisfaire cette perception humaine des couleurs, un système colorimétrique particulier a été défini pour être utilisé dans les logiciels graphiques : le TSV pour Teinte Saturation et Valeur (HSV en anglais). En TSV, il est possible d’obtenir les mêmes couleurs qu’en RVB, mais le fonctionnement est bien différent.

La teinte est définie par une valeur sur un cercle de 360 degrés couvrant les couleurs de l’arc-en-ciel allant du rouge au violet en passant respectivement par l’orange, le jaune, le vert, le cyan, le bleu, le mauve et le violet avant de revenir au rouge. La teinte permet de donner l’élément de base de la couleur. C’est ce que l’on perçoit en premier. Si vous demandez à un enfant de définir la couleur d’un objet, il vous dira qu’il est bleu, rouge, vert, etc., avant de qualifier éventuellement par un adjectif comme foncé, claire, pâle, terne, etc.
 
La saturation est définie par un pourcentage. Celui-ci indique l’intensité de couleur ou, autrement dit, la richesse en teinte par rapport au blanc. Si cela vous paraît difficile à assimiler, raisonnez simplement en termes de peinture. La teinte est votre tube de couleur et la saturation est l’absence de blanc qui lui est mélangé. Une teinte rouge avec 100 % de saturation ne laisse pas voir de blanc. Avec 0 % de saturation, le blanc a complètement masqué la teinte rouge (ce qui n’est pas réalisable dans la réalité, je vous l’accorde). La saturation est donc la répartition entre la teinte pure et le blanc.
 
La valeur est également définie par un pourcentage, mais cette fois, c’est le noir et non le blanc qui en est la référence. Si la valeur est à 0 %, il n’y a plus de teinte, celle-ci est complètement remplacée par du noir. Inversement, avec 100 % de valeur, la teinte est exempte de noir. La valeur permet donc d’assombrir la couleur en répartissant teinte et noir.
 
Notez qu’il est rare d’utiliser directement TSV. Nous avons plutôt tendance à nous adapter au système RVB, car c’est plus intuitif malgré l’absence d’utilisation " humaine " dans le monde réel. Heureusement, le sélecteur de couleur de The Gimp permet plusieurs modes de fonctionnement.
 
Avec la version 2.2, un nouveau sélecteur de couleur a fait son apparition. Ainsi, même si The Gimp ne gère pas directement les couleurs CMJN, il est possible de définir une couleur via les quatre indices de base.
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