Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 15
Cet article a pour but de vous donner les bases concernant la théorie des couleurs et la photographie. L'objet second de cet article sera également d'expliquer une vérité simple mais pas vraiment évidente : une image brute venant de l'appareil photo n'est pas utilisable telle quelle ! Votre appareil photo fait son travail du mieux qu'il peut. Malheureusement, il ne s'agit, tout au plus, que d'un assemblage mécanique et/ou électronique bien loin d'être aussi performant que la vision humaine. Ainsi, il pourra se tromper en prenant vos photos. Cela arrive parfois lorsqu'il s'agit de la netteté ou de la clarté, et presque systématiquement lorsqu'il s'agit de la couleur...Notion de température des couleurs
Sans doute ne l'avez-vous jamais remarqué, les couleurs ont une certaine température. Il ne s'agit bien sûr pas d'une température au sens "chaleur" du terme ou plutôt, il ne s'agit pas de cela précisément. Nous allons détailler un peu ce rapport entre lumière, couleur et température. Tout commence avec une constatation relativement simple : une couleur donnée et fixe, éclairée par la lumière du jour semble davantage bleutée que la même couleur éclairée avec une lampe. La lampe donne un aspect plus jaunâtre à la couleur. Partant de cette constatation, comment pourrait-on être sûr que la couleur prise par l'appareil photo sera la vraie couleur de l'objet ? Quelle différence y a-t-il entre la lumière du jour et la lumière de ma lampe ? Existe-t-il un moyen pour savoir comment paraîtra une couleur donnée selon l'éclairage ? Notre simple petite constatation semble devenir un problème plutôt épineux. Heureusement pour nous, les physiciens ont trouvé une solution grâce à un système qu'ils utilisent. Le principe est le suivant : un objet appelé corps noir et fait d'une matière idéale, lorsqu'il est chauffé à une certaine température, émet une certaine couleur. Ce corps noir réagit comme toute matière : lorsqu'il est chauffé, il commence à émettre de la lumière de la même manière que le fer, chauffé, émet une couleur rouge à 800°C, jaune vers 1000°C et blanc à 1500°C et au-delà . La seule différence avec le corps noir idéal c'est qu'il est la référence.


- La lumière du soleil a une température de couleur d'environ 5600°K en moyenne. Comprenez par là qu'en chauffant notre corps noir à cette température, il émettra la même lumière et s'il éclaire une couleur, elle aura le même aspect qu'à la lumière d'un après-midi d'août. En raison de notre atmosphère, la température de la lumière reçue peut varier de 4000°K (temps couvert) à 11000°K (temps clair en haute montagne).
- La lumière émise par les lampes de studio photo (au tungstène) ont une température de couleur de 3200°K
- Les lampes à décharge HMI essaient d'arriver à une température égale à celle d'un éclairage solaire; 5600°K donc.
- Une lampe halogène émet une lumière d'une température de couleur d'environ 3000°K (pour 500 Watts).
- ne ampoule à filament de 40 Watts émet une lumière de quelques 2200°K.
- Un tube fluorescent n'a pas de température donnée. Tout dépend de ses spécifications et de son niveau d'usure. Les architectes d'intérieur choisissent l'un ou l'autre modèle de tube en fonction de sa température de couleur. Un choix judicieux pourra apporter tout le confort à un bureau, alors qu'un mauvais choix peut provoquer une véritable gêne.
- La lumière d'une flamme a une température de couleur avoisinant les 1000°K.
Et les images alors ?
Et les images alors ?Les photographes professionnels travaillant en extérieur ou sous un éclairage partiellement incontrôlable utilisent des filtres à placer devant l'objectif. Le choix du filtre est fait en fonction de la température de la lumière qui frappe le sujet. Cette température est mesurée par un thermocolorimètre. Les appareils numériques d'entrée à haut de gamme possèdent des modes pré-enregistrés permettant de jouer sur la température de couleur qui remplacent, en quelque sorte, les filtres. Les photos en figures 1 et 2 ont été prises avec le même appareil à quelques secondes d'intervalle, la première en "tout automatique" et la seconde avec un pré-réglage "coucher de soleil".






Conclusion
Retoucher les couleurs d'une photo non pas dans un but artistique mais simplement technique n'est pas quelque chose auquel on pense instinctivement. En effet, si nous reprenons l'exemple du composant électronique, sans voir l'autre version, l'original semble acceptable, même si la lumière jaune lui donne un drôle de charme. Ce n'est qu'après manipulations et essais divers qu'on peut se rendre compte à quel point la version corrigée est mieux. La personne regardant les deux versions au même moment déclarera, sans l'ombre d'un doute, que la photo originale est celle avec une température de couleur plus élevée. Traiter systématiquement la couleur des photos est quelque chose d'important pour le perçu des images. Malheureusement, comme vous pourrez vous en rendre compte par vous-même, après quelques dizaines de minutes à la recherche de la teinte idéale, notre perception change et la nouvelle version nous paraît de moins en moins acceptable. Avec une image dans les tons jaunes, il devient difficile de discerner si une teinte bleutée est trop importante ou non. Dans ce cas, il n'y a qu'une seule solution : arrêter la retouche un moment et recommencer ensuite, une fois les idées claires.Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 15





Donnez votre avis
Vous devez avoir ouvert une session pour écrire un commentaire.