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    Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 15

    Qu'il s'agisse d'utiliser un appareil photo numérique ou un appareil argentique puis un scanner, une étape est très importante pour l'acquisition : la prise de vue. Il s'agit d'utiliser des techniques parfois simples mais toujours utiles afin d'obtenir de "bonnes" photos.

    La prise de vue est l'acquisition d'images au sens premier du terme. On fait notre collecte de photos afin de se créer une masse graphique dans laquelle nous pourrons piocher à loisir. Bien sûr, il est toujours possible d'acquérir des photographies de professionnels vendues plus ou moins cher afin d'agrémenter vos compositions. Cependant, il paraît évident que si vous disposez d'un système d'acquisition d'images, il serait dommage de vous priver du plaisir de prendre de belle photos.
    Ce hors série ne se veut pas un cours sur l'art de la photographie. Je vais néanmoins vous donner dans cet article quelques conseils qui sont généralement ceux faits par des photographes ayant une certaine expérience dans leur domaine. Ces indications sont majoritairement indépendantes du type d'appareil photo (numérique ou argentique) et sont applicables à un éventail de situations. Sauf mention particulière, les explications et conseils qui vont suivre sont génériques.
    L'utilisation d'appareils numériques facilite grandement l'acquisition de photos et d'images en tout genre. En effet, l'absence de développement de pellicule permet une utilisation très libre de l'appareil. Il semble peu nécessaire de prendre son temps pour la prise de vue. En effet, alors que les appareils "classiques" utilisent des pellicules de 24 ou 36 poses (photos), l'appareil numérique n'est limité que par l'espace mémoire dont il dispose, et éventuellement son autonomie en termes d'alimentation (batterie). On croit donc naïvement pouvoir faire quelques 30 ou 40 photos d'un même sujet en gageant du fait que quelques-unes d'entre elles seront "bonnes".
    Statistiquement, ce raisonnement peut paraître valable, mais c'est sans compter la chance parfois défaillante et, après tout, faire 40 photos pour 2 ou 3 d'utilisables n'est pas un rendement idéal. Mieux vaut en effet ne pas se laisser griser par les quelques avantages du numérique et prendre son temps pour adopter un comportement plus proche de la photo à l'aide d'un appareil argentique.
    Si votre matériel est le duo appareil argentique et scanner, la question ne se pose même pas : il est évident qu'il vous faut prendre en compte certaines règles de base. Mieux encore, si vous êtes dans ce cas, l'acquisition d'un ouvrage sur les techniques photos me semble indispensable à moyen terme.

    Temps de pose

    Un appareil photo est un mécanisme destiné à capturer un instant très bref d'un événement. Lorsqu'il s'agit d'une scène organisée, la mise en scène consiste à ralentir au maximum l'événement qui devient la prise de vue elle-même. On dit alors que le sujet prend la pose et nous avons tout le loisir de saisir une image nette et claire.
    Ce qui est valable pour ce type de situation n'est pas monnaie courante. Photos de vacances, manifestation quelconque, prise de vue en nature, etc., voilà autant de situations où il est impossible de demander aux différents sujets de la photo de stopper leur mouvement le temps de votre prise de vue. Peu importe, me direz-vous, puisque l'appareil photo, justement, capture un instant très bref de la scène. En fait, ce n'est pas si simple...
    Le temps de pose est la durée de la prise de vue effective par l'appareil photo. C'est le laps de temps que doit durer la capture de l'image. Ce laps de temps est décompté en centième ou dixième de seconde, et parfois en secondes (voire plus). La nécessité de changer le temps de pose est dictée par le volume de lumière devant atteindre la zone d'acquisition de l'appareil (film ou capteur CCD).
    En effet, moins nous avons de lumière dans une scène, plus le temps de pose doit être long pour obtenir qu'un même volume de lumière atteigne la zone sensible de l'appareil photo. Si le temps de pose n'est pas suffisant, la photo sera sous-exposée. Si le temps de pose est trop important, la photo sera surexposée et surtout, les sujets en mouvement risquent d'être flous.
    L'image en figure 1 est relativement parlante à ce sujet. Nous avons ici le cas typique d'une prise de vue dans un environnement peu éclairé où l'on utilise un temps de pose trop important avec un sujet en mouvement. Avec un temps de pose d'un quart de second, impossible de prendre en photo un sujet aussi mouvant qu'un enfant de 2 ans. Pire encore, même avec un éclairage important, certains sujets ne peuvent être photographiés correctement. Imaginez-vous en train de photographier un sujet en déplacement à 75 km/h. En une seconde, il se déplace de plus de 2 mètres. En réglant un temps de pose à 1/60 de seconde, le sujet pourra être flou, car durant la capture de l'image, il se sera déplacé de plus de 3 centimètres. Selon votre position et l'angle de prise de vue, 3 petits centimètres peuvent gâcher la photo.

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    Le déplacement du photographe, et donc de l'appareil photo, ont bien sûr la même incidence sur le résultat que le déplacement du sujet. Ce problème spécifique peut être facilement réglé avec l'utilisation d'un pied pour votre appareil photo. Cela n'est certes pas utilisable dans tous les cas, mais la dépense de 30 ou 40 euros ne sera pas inutile pour certaines prises de vue.
    Enfin, le flou de déplacement provoqué par l'utilisation d'un temps de pose important n'est pas toujours un problème. On arrive à obtenir des photographie très intéressantes en utilisant cette technique sur des sujets comme les étoiles, les cascades, etc. Sachez donc jouer du temps de pose et ne laissez pas forcément le choix aux automatismes proposés par le matériel.

    Exposition

    Intimement liée avec le temps de pose, l'exposition est un problème pour les appareils numériques. En fonction du temps de pose et le la lumière ambiante, l'image résultant de la prise de vue pourra être trop lumineuse (surexposée) ou trop sombre (sous-exposée). Il sera possible de corriger le problème dans une certaine mesure par un traitement numérique, mais le résultat ne sera jamais aussi bien qu'avec une exposition idéale au moment de la prise de vue.
    Je parle de problème pour les appareils numériques car divers éléments entrent en ligne de compte pour obtenir une bonne exposition. Nous avons tout d'abord le temps de pose dont nous venons de parler ; vient ensuite le réglage de l'ouverture, qui n'est pas disponible sur tous les appareils, et surtout, la capture CCD d'un appareil numérique n'est pas interchangeable à souhait.
    En effet, avec un appareil argentique, il est possible d'utiliser plusieurs types de pellicules disposant d'une sensibilité différente à la lumière. Cette sensibilité de la pellicule est donnée en ISO (habituellement entre 100 et 400 ISO par tranche de 100). Ainsi, un photographe utilisant un appareil argentique choisira une pellicule de 100 ISO par temps ensoleillé et 300 ou 400 par temps couvert afin d'obtenir une exposition idéale. Avec un appareil numérique, il ne vous est pas possible de régler la sensibilité avec une telle finesse (des appareils récents permettent de régler une sensibilité du capteur).
    La figure 2 vous donne un exemple typique d'une photo sous-exposée. Celle-ci est sombre et même un traitement numérique avec Gimp (ou autre) ne lui donnera pas le contraste et l'exposition souhaité. L'utilisation du flash intégré à l'appareil n'était pas souhaitable car la lumière produite est peu naturelle, et donc inadapté à ce genre de photo. Il ne restait donc que l'augmentation du temps de pose pour obtenir une bonne exposition. Malheureusement, encore fallait-il utiliser un pied, car le mouvement, même subtile, du photographe gâche l'image (figure 2b).

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    Comme vous le voyez, certaines conditions nécessitent de jongler entre plusieurs paramètres de configuration. Seule la bonne combinaisons des différents paramètres vous donnera une photo acceptable dans ce genre de cas.

    Netteté

    La plupart des appareils modernes, pour ne pas dire tous, permettent de régler la netteté de manière automatique. On parle alors d'appareil autofocus. Ils sont capable de faire la mise au point sur une partie de la scène à photographier sans l'assistance du photographe.
    Il est également possible de désactiver l'autofocus afin de régler la netteté manuellement. Mais pourquoi donc faire cela ? La réponse est simple : l'autofocus est un mécanisme, et comme tout mécanisme digne de ce nom, il se trompe (en croyant bien faire). Ainsi, la photo en figure 3 présente le cas typique d'un appareil en autofocus faisant la mise au point sur un élément en arrière-plan de celui qui devait être pris en photo.

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    Dans cet exemple, il est évident qu'au moment de la prise de vue, le problème était visible. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas, et contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'écran LCD d'un appareil numérique n'est alors d'aucun secours (comme avec la figure 3b par exemple).

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    Pour régler la netteté, le plus simple est de laisser faire l'autofocus, mais il existe d'autres solutions. Nous nous intéressons ici tout particulièrement aux appareils numériques, et en particulier aux appareils qui n'ont pas de visée reflex (le bas et milieu de gamme).
    Nous avons premièrement la mise au point manuelle. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'agit pas de régler la netteté comme vous le feriez sur les jumelles ; il s'agit là d'un privilège réservé aux appareils reflex (numériques ou non). Il est tout simplement possible, en mise au point manuelle sur un appareil numérique compact, de spécifier une distance approximative par rapport au sujet. Selon les appareils, les plages de distance sont plus ou moins importantes (infini, 1 mètres, 2 mètres, 5 mètres, etc.).
    Une autre solution souvent offerte par différents appareils est la mise au point décentrée. En temps normal, l'autofocus tente de faire la mise au point au centre de l'image. C'est habituellement là où se trouve le sujet à prendre en photo. Ce n'est heureusement pas toujours le cas et il est ainsi possible de spécifier au système autofocus d'utiliser une autre partie de l'image pour la mise au point. Habituellement, il est possible de configurer arbitrairement la partie gauche, droite, haute ou basse de l'image sans plus de précision.
    Il paraît maintenant évident que certains appareils, qu'ils soient numériques ou non, ne permettent pas une grande souplesse dans le réglage de la netteté. Les appareils reflex représentent le choix de l'amateur éclairé (et fortuné) et/ou du professionnel. Nous, pauvres consommateurs moyens, devons nous contenter d'appareils standards/compacts réduisant notre capacité de prise de vue. Bien sûr, tout est proportionnel, plus vous ferez de photos, plus vous serez exigeant avec le matériel, et moins il vous paraîtra déraisonnable d'investir environ 2000 euros (ou plus) pour un reflex numérique.

    Zoom et focale

    La plupart des appareils photo permettent aujourd'hui de régler la focale. Le terme focale est utilisé par les photographes professionnels, ou du moins les spécialistes de la photo. Lorsqu'un fabriquant vous vend l'un de ces appareils à vous, particulier, il met habituellement en avant le fait qu'il est capable de "zoomer". Il pourrait tout aussi bien vous dire que vous pouvez changer la focale dans une certaine mesure... (mais zoom est un terme plus vendeur)
    Techniquement, la focale est la distance entre le film et les lentilles de l'objectif. Il s'agit, bien sûr, de spécifications propres aux appareils argentiques. Cependant, alors qu'ils sont techniquement différents, les appareils numériques utilisent la même désignation, et surtout les même valeurs. Il n’y a, en effet, pas de film dans l'appareil et, surtout, la distance entre les lentilles et le capteur CCD ne correspond pas à la valeur de focale. Peu importe... il faut bien standardiser les choses...
    Voici quelques valeurs standard. Une focale de 50 millimètre correspond à un champ de vision équivalent à celui que possèdent les humains. Un appareil ne disposant pas de zoom ou un appareil avec un zoom non utilisé possède environ une focale de cette valeur.
    En dessous de 50 mm, on ne parle pas de zoom mais de grand angle. C'est littéralement l'inverse du zoom. Bien sûr, on ne s'éloigne pas réellement du sujet mais on change notre champ de vision en l'élargissant. On utilise un champ de vision possédant un angle plus important, d'où le nom "grand angle". Ce type de focale est très rarement disponible par défaut sur un appareil photo quel qu'il soit (focale en dessous de 28 ou 35 mm). On utilise alors des objectifs grand angle à adapter sur l'appareil. Ces objectifs sont relativement coûteux mais permettent des prises de vue splendides avec, par exemple, des paysages...
    Une focale supérieure à 50 mm permet de zoomer sur un sujet, et virtuellement de s'en approcher. L'utilisation d'une focale plus importante que celle équivalent à la vue humaine va au-delà de la notion de zoom. Habituellement, on "zoome" car on se trouve physiquement éloigné du sujet, comme avec les figures 4 et 4b. Ici, impossible d'obtenir un prise de vue équivalente sans léviter, le zoom est indispensable.

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    Mais le zoom a un autre intérêt. Faites quelques essais et vous vous rendrez compte qu'il existe une différence entre une prise de vue éloignée-zoomée et une prise de vue rapprochée. En effet, s'approcher du sujet déforme l'image, alors que rester à une distance équivalente et changer la focale permet de garder l'image identique. Il est courant d'entendre dire que les photographes faisant des portraits utilisent une focale de 80 mm. Ils zooment donc effectivement sur un sujet dont ils n’auraient pu s'approcher à loisir.
    Il n'est pas possible d'approcher de moins d'un certain nombre de millimètres les lentilles de la pellicule. En revanche, théoriquement, il est possible d'éloigner à l'infini les lentilles de ladite pellicule. En réalité, des problèmes techniques se posent rapidement et le zoom offert par un appareil lui-même est souvent limité. On notera au passage qu'au moment de l'achat d'un appareil, mieux vaut regarder du côté de la focale que de la désignation "zoom". En effet, des zooms donnés comme "x3" sur plusieurs appareils sont des "raccourcis" pour des plages de focales de 28-85 mm, 38-115 mm, ou encore 36-108 mm.
    Il est ainsi rare de trouver des focales supérieures à 280 mm par défaut sur des appareils. Pour pousser plus loin et utiliser un zoom plus important, il convient alors de changer l'objectif de l'appareil et d'utiliser un téléobjectif. Dans le cas d'appareils numériques, rares sont les modèles compacts pouvant utiliser une large gamme d'objectifs. L'utilisateur devra alors se pencher sur les reflex numériques permettant d'utiliser des objectifs destinés aux appareils argentiques reflex. Nous arrivons alors dans une gamme de prix très élevée avec des appareils de plus de 1400 euros et des objectifs coûtant souvent bien plus cher.
    Petite remarque supplémentaire à propos des zooms. Tout comme avec des jumelles, plus vous zoomez sur un sujet, plus vos mouvement seront amplifiés. Ainsi, un léger mouvement avec une focale de 110 mm peut donner une image totalement floue. Il convient alors de régler le temps de pose, et éventuellement, d'utiliser un pied.

    L'équilibre de l'image et les fameux 3/3

    Lorsqu'on parle d'équilibre dans une image, il s'agit surtout d'une notion de perception de l'image. Cette perception, ou cette impression laissée à la personne qui regarde l'image, est une conséquence directe de la prise de vue et du cadrage.
    Prendre des photos ne se résume pas simplement à viser le sujet et appuyer sur le déclencheur. Pour obtenir une image harmonieuse, il faut respecter une certain nombre de caractéristiques. Chaque personne possède sa perception de l'image, et chaque photographe utilise ses techniques. Il en est une, cependant, qui fait l'unanimité : la division de l'image en 9 parties.
    Une photographie agréable à regarder est une image harmonieuse. Dans le cas d'un portrait, par exemple, on s'attend toujours à voir le visage du sujet au centre de la photo. C'est parfaitement normal puisque c'est l’objet même de la photo. Ce qui est moins évident en revanche, c'est la nécessité de disposer d'un environnement pour ce portrait. Si vous photographiez la personne de face avec un fond de couleur unie, votre image donnera l'impression de sortir tout droit du "photomaton" du coin de la rue. Ainsi, même pour un portrait, il faut attacher le l'importance à ce qui se trouve à l'arrière du sujet ou, autrement dit, autour du sujet sur l'image finale. Pour en finir avec les portraits, sachez que les photographes utilisent la lumière pour créer l'environnement et ainsi donner du relief ou de la perspective à leur création.
    Lorsqu'il s'agit de prendre une photo en extérieur d'une scène naturelle, d'un paysage ou d'un lieu, vous ne pouvez pas agir sur l'environnement (pas même en jouant sur l'éclairage). C'est donc à vous de cadrer la photo de manière à prendre non seulement le sujet visé, mais également une partie de son environnement et ce, de manière équitable et proportionnelle.
    Une image valant mille discours, je vous invite à regarder la figure 5 présentant ce que j'appellerais, en toute modestie, une photo correctement cadrée, et donc équilibrée. On remarquera l'utilisation de repères verts divisant l'image en trois bandes horizontales et trois bandes verticales. Le point de fuite de la voie ferrée est au centre de l'image, c'est là que le spectateur doit porter son regard en premier.

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    L'image est équilibrée verticalement. Nous avons en partie centrale la ligne d'horizon. Au-dessus de celle-ci, le ciel ; en dessous, la partie en premier plan, le sol. L'image est équilibrée horizontalement avec, au centre, un ciel dégagé, un point de fuite et l'avant-plan, et, sur chaque côté, une masse équitable sombre et un morceau de rail.
    Bien sûr, j'ai choisi cette image idéalement. De nombreuses photos ne sont pas aussi faciles à "autopsier". Si nous prenons la figure 5b, par exemple, et qu'on y applique le même raisonnement, l'image peu paraître équilibrée. Malheureusement, l'environnement est fade, inintéressant et récurrent. Cette image est mathématiquement équilibrée, mais l'environnement ne sert à rien. C'est une bien mauvaise photographie.

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    Inversement, une photo comme la figure 5c est bien plus "chargée" mais est perçue agréablement. Elle est harmonieuse car le "fouillis environnemental" est réparti équitablement. On discerne clairement le sol, l'horizon et le ciel, et verticalement, l'image se découpe avec harmonie. Un dernier exemple est la figure 5d, qui est mal cadrée. En effet, la partie devant attirer le regard est décentrée (ce qui n'est pas catastrophique) mais, au centre de l'image et sur la partie gauche, nous n'avons rien à regarder.

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    La question à se poser dans ce dernier cas est : "où est mon sujet principal ?". Ici, la vue vers l'extérieur est l'élément important de la photo. Tourner légèrement l'objectif vers la droite avec un décalage vers la gauche aurait donné un bien meilleur résultat.
    Il est souvent possible de recadrer les photos mais il ne faut pas, à ce moment, oublier les principes physiques de base. Un très bon exemple est celui du coucher de soleil sur la mer. Il est de bon ton, dans ce cas, de ne pas placer le soleil au centre de la photo car bien souvent l'environnement n'est pas des plus intéressant. On place alors le soleil sur la seconde ligne de coupe verticale en essayant d'avoir dans le champ de vision un élément sur la première ligne permettant d'équilibrer (rocher, nuage, bateau, etc.).
    Que se passe-t-il si nous prenons une photo comme la figure 6 ? L'image est équilibrée, mais froide. Nous pouvons la recadrer afin de corriger (partiellement) l'erreur de la prise de vue (figure 6b). Mais un problème survient... Il n'est pas normal que le reflet du soleil couchant sur l'eau se dirige dans cette direction. En effet, si nous avions pris correctement notre image, le soleil se trouverait effectivement sur la droite, mais le reflet se dirigerait vers le centre inférieur de la photo : c'est physique (optique même).

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    Les reflets

    Nous venons de voir avec ce dernier exemple le problème que pose un phénomène optique simple avec le recadrage post-photographique. Mais ce type de phénomène optique est bien pire lorsqu'il s'agit de composer, non plus avec une lumière reflétée, mais avec une image reflétée.
    C'est là sans doute la bête noire des photographes aimant voitures, motos et autres véhicules aux chromes rutilants. En effet, alors même qu'il est relativement aisé de prendre garde à ce qui se trouve dans un miroir, cela le devient bien moins lorsqu'il s'agit d'une surface réfléchissante non plate.
    La figure 7 est l'exemple type de ce genre de mauvaise surprise dont on se rend compte une fois la photo sur papier ou sur l'écran. Il n'est pas évident d'apercevoir son propre reflet lors de la prise de vue et ce, qu'il s'agisse d'utiliser un appareil argentique ou numérique (sur écran LCD). Mais le photographe n'est souvent pas la seule personne qu'il faut prendre en considération : l'environnement, là encore, joue un rôle important.

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    Il s'agit d'une question d'habitude et de réflexe que de vérifier en tous points de l'image s'il n'existe pas un élément indésirable ou négatif. C’est particulièrement important lorsque la photo est destinée à être utilisée pour un montage ou un trucage. Pour s'en convaincre, rien de tel que de rechercher sur Internet des sites où l'on explique et analyse les images de soi-disant ovnis.
    En effet, ce genre de trucage photographique fait par des amateurs plus intéressés par les Martiens que la photographie est très instructif et les reflets (comme les ombres) forment un point de vérification très parlant. Ainsi, il n'est pas rare sur certaines photos que le fraudeur place sur sa soucoupe un reflet de lune alors que sur une partie non retouchée de l'image, par exemple, la lune ou son reflet apparaisse dans une vitre ou le rétroviseur d'une voiture.
    Prenez donc garde à ce type de problème à chaque prise de vue, car même si Gimp pourra vous aider, seul un regard averti peut vous éviter ce type de problème.

    Eclairage

    Voilà un point qui pourrait faire l'objet d'un hors série ou d'un livre entier. Mais laissons aux photographes professionnels et pédagogues le soin de réaliser ce genre d'ouvrage. L'éclairage d'un sujet ou d'une scène est un élément capital avec lequel vous devrez composer à chaque prise de vue.
    En intérieur, en extérieur, avec ou sans soleil, avec ou sans diffusion, avec une ou plusieurs sources de lumière directe ou non.... chaque combinaison ou présence d'un ou plusieurs de ces éléments influera directement sur la photo que vous allez faire.
    Votre pire ennemi dans ce cas est l'électronique de votre appareil photo. En effet, celui-ci n'est conçu que pour une seule chose : activer le flash lorsque, en automatique, la lumière ambiante est insuffisante. Votre appareil n'activera pas le flash pour supprimer une ombre, pour créer un contre-éclairage, ou encore ne le désactivera pas de lui-même alors qu'un temps de pose plus important réglerait le problème.
    Votre intervention est presque toujours nécessaire en ce qui concerne l'éclairage, et cela concerne en particulier tous les sujets pouvant se trouver dans la portée du flash. Voilà un net avantage pour les appareils numériques face aux argentique. En effet, prendre plusieurs prises avec ou sans flash n'est pas un problème et le résultat pourra plus ou moins être immédiatement jugé. Avec un argentique, c'est soit un coup de poker et vous estimez alors l'éclairage adéquat, ou vous faites plusieurs prises, en augmentant proportionnellement votre consommation de pellicule.

    Le mot de la fin

    Cela en fait des choses à prendre en compte pour faire de bonne photos, n'est-ce pas ? Rassurez-vous, la plupart des remarques exposées dans cet article ne sont que techniques parmi d'autres. Il va de soi qu'en tant qu'amateur de photos, l'achat d'un ouvrage spécialisé sur la prise de vue peut être intéressant. Cela devient indispensable lorsque la photographie devient une passion. Il vous sera également possible de prendre des cours de photo bien que, la plupart du temps, seul l'argentique est pris en compte.
    Le fin mot de l'histoire est que la pratique est encore la meilleure école lorsqu'on écoute les conseils d'autres photographes (amateurs ou non). Plus vous prendrez de photos, plus le rapport bonnes/mauvaises photos sera à votre avantage et plus vous accumulerez d'automatismes. Voilà pourquoi, à mon sens, si vous ne voulez pas devenir photographe, le numérique est la meilleure solution...

    Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 15

    Posté par Denis Bodor (Lefinnois) | Signature : Denis Bodor | Article paru dans

    Il y a actuellement un commentaire dans “La prise de vue : l’étape incontournable”

    1. 1 Le 20 août 2008, kyusan[10] ecrivait:

      C’est amusant, en suivant le flux RSS de ce site, je m’attendai pas à avoir autant d’articles sur la photographie.

      Je te rassure … ça me convient trés bien.

      Bonne continuation :)

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