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    Retrouvez cet article dans : Linux Magazine Hors série 15

    Ah, que l'humain est mal fait ! Eh oui, si les fabricants d'appareils photo, de flashes et de stylos (si, si) font tant d'efforts pour nous permettre de corriger ce regard de vampire que nous avons tous sur les photos d'anniversaire, c'est à cause de nous...

    Les yeux rouges ! Tout le monde a, un jour ou un autre, vu les effets d'un flash ou d'une source lumineuse intense sur notre regard : l'œil semble devenir lumineux et éclairé de l'intérieur d'une lueur rougeâtre. Le problème vient de la morphologie de l’œil. Celui-ci est, en effet, composé d'un globe transparent. La partie visible de ce globe oculaire est composée de la pupille (le point noir), l'iris (qui donne la couleur à l'œil), le cristallin (pour la mise au point) et la cornée, qui recouvre le tout.
    A l'arrière de l'œil se trouve la rétine. Celle-ci est, en quelque sorte, votre capteur CCD. Autant vous dire de suite que les fabricants d'appareils photo ne sont pas prêts d'obtenir en électronique la sensibilité de la rétine, ni sa résolution. La rétine est un tapis de capteurs de lumière. Pour fonctionner, ce tapis doit être alimenté en permanence. La rétine est donc tapissée également de milliers de vaisseaux sanguins.
    Lorsqu'une source lumineuse intense éclaire le visage, la lumière passe dans l'œil par la pupille, puis le cristallin et frappe la rétine. La lumière étant intense mais brève, la rétine n'est pas endommagée, mais celle-ci réfléchit une partie de la lumière en la colorant en rouge. Ainsi, sur la photo prise à cet instant précis, la pupille ne semble plus noir comme à l'habitude mais rouge et lumineuse.
    Même un flash modeste peut provoquer l'apparition de yeux rouges. En effet, la rétine n'est pas la seule en cause, car au fond de l'œil, dans l'axe de la pupille, se trouve la zone macula lutea qui présente une très importante concentration de photorécepteurs. Cette zone est rouge et très réfléchissante.

    Contre-mesures

    Les fabricants d'appareils photo (argentiques ou numériques) ont mis en place des système anti yeux rouges dans leur matériel. Il s'agit, la plupart du temps, de déclencher plusieurs fois le flash très rapidement avant la véritable prise de vue. Le flash éclaire l'œil du sujet, qui réagit en réduisant la pupille. Moins de lumière entre dans l'œil, et moins en ressort. L'effet est réduit. On notera au passage que l'astuce que doit trouver le fabricant est un juste équilibre entre trop de flash, et le sujet détournerait le regard, et pas assez, le sujet aurait toujours les yeux rouges.
    Bien sûr, cela ne fonctionne pas toujours. "Flashouiller" le sujet avant de prendre la photo est une chose possible si on dispose du temps nécessaire (portraits, poses, etc.). Dans le cas de photos d'anniversaire ou d'un événement quelconque de ce type, le temps de "flashouiller" et la scène est différente.
    Voilà pourquoi tout le monde s'est jeté dans la bataille. On trouve des stylos feutres permettant de corriger les yeux rouges sur les photos papier, des astuces par dizaines pour la correction via des logiciels et même, des logiciels spécialisés dans la correction des yeux rouges (si, si). En réalité, la correction des fameux yeux rouges est une manipulation très simple. Mais, comme nous allons le voir, plusieurs techniques existent et donnent plus ou moins les mêmes résultats.

    Au boulot

    Toutes les photos montrant des personnes ayant des yeux rouges ne sont pas équivalentes. Nous avons premièrement le cas de la figure 1 (avec un zoom en 2). Ici, l'œil est grand ouvert (c'est l'effet camembert :) et on distingue clairement le pourtour de la pupille. Le travail en sera grandement simplifié. Nous verrons ensuite que d'autres photos présentent également l'effet yeux rouges mais avec un œil mi-clos, ce qui est très sensiblement plus problématique. Laissons cela de côté pour le moment et attachons-nous à la figure 2.

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    Quelle que soit la méthode, la première chose à faire est de sélectionner la zone à traiter. Il est, en effet, hors de question de retirer du rouge, modifier une teinte ou appliquer un filtre à l'ensemble de l'image. La méthode la plus simple, et aussi la plus efficace pour ce premier exemple, est l'outil de sélection elliptique. La pupille est bien ronde et clairement définie.
    Nous "zoomons" donc de manière importante sur l'image et sélectionnons la zone de la pupille comme en figure 3.

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    Nous procédons de même avec l'autre œil en s'assurant de conserver la première sélection (touche Maj). Nous utilisons ensuite le menu Selection->Enregistrer dans un canal afin de créer un canal supplémentaire qui nous servira à adoucir la sélection.
    Dans la fenêtre des calques, à l'onglet Canaux, nous avons notre nouveau canal (figure 4), que nous nous empressons d'afficher (figure 5). Nous annulons la sélection, puis appliquons un flou gaussien de quelques pixels. Notre canal représente la sélection. Toutes les parties blanches du canal représentent la sélection, les parties noires la "non-sélection". En appliquant un flou sur le canal, nous rendons moins dure la séparation entre blanc et noir, et de ce fait, nous adoucissons la sélection.

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    Une telle sélection n'a donc pas de bordure franche et nette. Pour vous en convaincre, il suffit d'ajouter un calque blanc à l'image tout en laissant la visualisation du canal : figure 6.

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    Mais revenons à nos moutons et désactivons l'affichage du canal et transformons-le, par la même occasion, en sélection. Nous avons maintenant de quoi travailler.

    • Première technique : la teinte
    • Utilisez le menu Image->Couleur->Teinte et saturation. Une boîte de dialogue apparaît, permettant de modifier les trois éléments (TSV : teinte, saturation, valeur). Il nous suffit ensuite de jouer sur la teinte pour éliminer la composante rouge et redonner un regard plus "normal" au gentil dévoreur de fromage (en figure 7).
    • Seconde technique : désaturation

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    • Une autre solution : plutôt que de modifier la teinte, nous pouvons désaturer la zone. Il s'agit tout simplement de mettre à 0 la valeur de saturation de chaque pixel de la sélection. Pour ce faire, passez dans le menu Image->Couleur->Désaturer. Le résultat est légèrement différent (figure 8) et pour certaines photos, on préférera cette technique moins violente, et surtout plus rapide.

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    • Troisième technique : masque et calques

    Pour l'heure, nous avons travaillé directement sur l'image mais nous pourrions la laisser intacte et faire usage d'autres fonctionnalités de Gimp. Puisque nous avons notre sélection enregistrée, nous pouvons nous permettre toutes sortes de manipulations.
    Commencez par dupliquer votre calque et activer celui qui est le plus en avant. Dans la fenêtre des Calques, cliquez avec le bouton droit de la souris sur ce dernier. Un menu apparaît dans lequel vous devrez choisir Ajouter un masque de calque. Dans la fenêtre qui s'affiche, choisissez Noir (figure 9). Notre masque n'aura donc, pour l'instant, aucun effet. Récupérons ensuite la sélection dans l'onglet des canaux et réactivons ensuite le masque noir. Enfin, remplissons cette sélection de blanc.

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    A présent, nous avons deux calques et le premier est en grande partie masqué (figure 10). Seules les pupilles de ce calque sont visibles. Il ne nous reste donc plus qu'à activer le calque en question (et non le masque de ce calque) pour quelques manipulations. Nous pouvons, par exemple, désaturer l'image puis jouer avec les contrastes et la luminosité pour améliorer le rendu des pupilles devenues grises (figure 11).

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    On peut ensuite, également, appliquer un très léger flou gaussien pour contrebalancer le durcissement du reflet blanc provoqué par le changement de contraste. La figure 12 montre l'œil sur la gauche avec un flou de 2 pixels, et celui sur la droite sans ce flou.

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     Quelle que soit la technique, le résultat final (figure 13) est toujours moins inquiétant que l'original. Nous venons de voir que certaines photos sont faciles à retoucher, mais ce n'est pas le cas pour d'autres. Si nous prenons, par exemple, la figure 14 (avec un zoom en 15), il est évident que la sélection sera moins évidente. Cependant, une sélection circulaire, une création de canal et une retouche de ce dernier via des sélections par courbes de Bézier règlent le problème. L'utilisation des canaux n'est souvent pas instinctive pour des travaux simples comme les yeux rouges. Il s'agit pourtant d'une fonctionnalité parfaitement adaptée, pensez-y.

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    Concluons cet article avec la destruction d'un mythe : les yeux rouges ne sont pas toujours rouges. Pour preuve, la figure 16 montre une créature qui semble sortir d'une dimension maléfique. En réalité, ce félidé est gentil comme tout, mais le flash lui donne un regarde de démon. Il a des yeux rouges... verts...

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    Posté par Denis Bodor (Lefinnois) | Signature : Denis Bodor | Article paru dans

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