Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 8
Est-il toujours facile d’installer un programme récent sous Linux ?
Les principales distributions Linux intègrent, dans leur gestionnaire de paquets, un mécanisme de mise à jour. Il suffit à chaque fois de spécifier un serveur source, puis de comparer régulièrement les versions sur le serveur avec les versions installées, pour télécharger et installer la nouvelle mouture. En général, un utilitaire dédié, tel MandrivaUpdate sous Mandriva, exécute toutes ces opérations automatiquement et peut même s’exécuter tout seul en tâche de fond.
La question devient un piège dès lors que l’on veut installer un nouveau logiciel ! La réponse est " oui, c’est très facile " quand vous choisissez un logiciel disposant de paquets
.rpm ou
.deb, bien préparés et bien adaptés à votre distribution. Que cette préparation ait été faite par l’éditeur officiel de la distribution, par l’auteur du logiciel lui-même ou par une tierce personne doit quand même attirer votre attention sur la propreté de l’empaquetage. Le CD-rom de votre distribution, ou son site FTP officiel, regorgent de programmes tout prêts, à installer en quelques clics à l’aide de programmes comme Yum, Synaptic ou Rpmdrake : usez et abusez-en !
La tâche devient plus délicate si vous voulez installer des versions toutes récentes d’un logiciel. Et la réponse sera ici beaucoup plus nuancée. Car c’est là qu’on s’aperçoit de l’obsolescence extrêmement rapide d’une distribution Linux : impossible de trouver des paquets
.rpm pour installer le dernier Koffice ou le dernier Epiphany sur une Mandriva LE2005, par exemple ! En effet, les développeurs utilisent presque toujours les dernières technologies logicielles à leur disposition, lesquelles ne sont jamais celles d’un système ayant passé les 10 mois d’ancienneté ! Un inconvénient qu’on rencontre beaucoup plus rarement sous Microsoft Windows, où la majorité des programmes fonctionnent aussi bien sous Windows 98 que sous Windows XP.
Sous Linux, si vous voulez sortir des sentiers balisés par l’éditeur de votre distribution et essayer d’autres programmes que ceux prévus à l’instant t de l’installation, vous n’aurez bien souvent que deux possibilités : soit compiler vous-même, soit mettre à jour entièrement votre distribution. Et encore, même la compilation trouvera vite ses limites. Ce " portage arrière " (ou backport) nécessite souvent de remettre à jour, éventuellement en compilant, des portions très importantes de votre système, avec des dépendances en cascade très difficiles à gérer sans tout casser : tel module demande telle nouvelle bibliothèque, qui demande telle nouvelle version d’un langage, qui obligera à installer un nouveau bureau et modifiera des modules qui voudront une nouvelle version du noyau ! Vous l’aurez compris, installer un programme trop récent revient bien souvent à passer, tout simplement, à la version supérieure de votre distribution.
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