Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 9
Heureusement, il y a CadOOo... CAD (anglais) ou CAO (français) est le sigle de Conception Assistée par Ordinateur. Impropre dans la plupart des cas, le sigle DAO devrait plutôt être utilisé, puisque l'on dessine plus que l'on conçoit. Pour évaluer Draw, nous allons le comparer à IntelliPlus, logiciel de DAO/CAO. Quand on parlera de DAO, comprenez " ce qui se fait dans un logiciel comme IntelliPlus ". Il est complètement compatible avec les logiciels comme Autocad, BricsCad, Rhino3D et consorts. Vous aurez ainsi un aperçu global. L'objectif n'est pas de faire l'apologie de l'un ou de l'autre, mais seulement de montrer, par un exemple concret, ce que l'on attend d'un logiciel de DAO en bureau d'études. 1 DXF, sigle de Drawing eXchange Format, est un format créé par la société Autodesk servant à échanger des fichiers DAO ou CAO entre systèmes CAO n'utilisant pas le même format de fichier natif. Il a été conçu à l’origine pour représenter les modèles 3D créés avec AutoCAD®. Les fichiers DXF peuvent être de format ASCII (DXF) ou binaire (DXB). Ils sont utilisés pour le transfert de données du type vecteur (http://fr.wikipedia.org/wiki/DXF). 2 OpenDocument est un format ouvert de données pour les applications bureautiques : traitements de texte, tableurs, présentations, diagrammes, dessins et base de données bureautique. Successeur du format initial d'OpenOffice.org, OpenDocument est avant tout proposé comme un format de convergence et d'interopérabilité entre logiciels bureautiques et, plus généralement, entre applications de traitement de documents (http://fr.wikipedia.org/wiki/OpenDocument). La vraie question est de savoir si Draw peut répondre à un consensus largement repris en DAO. Bref, pour reprendre l'idée chère à l'éditeur d'IntelliPlus, Draw peut-il être un logiciel de DAO générique et entrer dans le club des CAD du marché ? Il y a les CAD, il y a OpenOffice.org, l'avenir serait-il CadOOo ? Voyons cela de plus près...Format de fichier
Capable de lire un fichier dessin au format Ascii DXF v.2000 1, Draw ne sait pas récupérer la mise en page des onglets Présentation, ni ne permet d'adapter la taille du dessin récupéré à l'échelle et l'unité, paramétrées dans les options, et perd quelques informations comme le texte des cotes, tout au moins dans mes essais. Pas d'exportation en DXF. Cela cloisonne votre travail... Le quasi-monopole du format DWG dans le monde de la CAO crée un problème similaire et bien connu, maintenant, à celui de la bureautique. La différence tient essentiellement à la prise de conscience des usagers et à leur nombre ! A croire que l'on fait plus de lettres que de plans ou que les entreprises n'ont pas encore pris conscience du problème. Le patrimoine plans (http://www.dp-cad.com/strat%E9gie.htm [fr]) appartient aux entreprises et non aux fabricants de papier... encore moins aux éditeurs de logiciels. Mais quand on ne peut plus trop distinguer la barrière, il est urgent de se demander : " Que faire pour retrouver le libre usage de mes documents ? ". Le format DXF reste marginal dans les échanges entre entreprises. Le fichier DWG est incontournable bien qu'il soit un mélange de données au format binaire codées et de compression, redouté en bureautique. Heureusement, il y a le projet OpenDWG (http://www.opendwg.org/ [en]), mais il serait incompatible avec des projets en licence GPL, bien qu'a priori gratuit d'usage pour les projets non commerciaux. Je laisse les spécialistes en débattre... Pas de vraie solution, que des espoirs. Peut-être que le salut viendra comme un effet secondaire de l'OpenDocument et d'OASIS 2. On peut espérer que la déferlante OpenDocument entraînera le monde de la DAO/CAO dans son sillage. De toute façon, il faudra bien qu'un format normalisé (voir encadré) fasse table rase de ce monopole de fait et de ses effets prescripteurs pervers. L'avis de Gérard Deneux, auteur de CadOOo Le format d'échange IFC semble remplir les mêmes objectifs que l'open document pour la bureautique. Active3D est une plate-forme internet basée sur ce format. De plus, il semblerait que les fichiers soient basés sur STEP ou XML. Dans ce dernier cas, il se rapprocherait singulièrement de Draw. À propos du format IFC : http://www.01net.com/article/307067.html [fr] Conclusion : Le format de Draw ne permet pas une interopérabilité des dessins et plans en DAO au format DWG et très mal au format DXF. Par contre, en usage interne, il peut très bien devenir un standard par sa simplicité d'édition. Il est courant de voir une secrétaire avec Autocad light simplement pour imprimer des plans ! Et quand elle doit modifier un texte ou une cote avant d'imprimer la liasse des plans, elle ne lui dit pas merci. Draw rend ce travail facile, avec des compétences bureautiques. Encore faut-il avoir mis en route une véritable politique de gestion du patrimoine plans vers un format plus abordable en termes de compétences. Le format IFC a le vent en poupe aux USA, sa similitude avec le format XML laisse entrevoir une porte d'échange avec Draw. Sortez vos boules de cristal...Format de papier
Capable de faire un A0 (0,841 x 1,189 m), Draw ne dépasse pas 119 cm x 119 cm. Avec la généralisation des traceurs à rouleau, il n'est pas rare qu'un dessinateur demande à tracer un plan sur un format personnalisé. Certes, il se limite à la largeur d'un rouleau, soit 91 cm environ (la laize), mais en longueur, il n'y a plus de contrainte ! C'est d'autant plus surprenant, ce blocage à 119 cm, que Draw peut aller plus loin ! Réglez les options de Draw au cm et l'échelle à 1:1.
Fig. 1 : Draw et son espace papier – La page, les objets dessus ou à coté, aussi ! Quand Draw gonfle les biscotos, on y croit presque !
Comme sur la figure 1, réglez une feuille à 119 cm x 119 cm (rectangle bleu), puis dessinez un rectangle en haut à gauche de l'écran. Si besoin, déplacez-le et constatez que vous pouvez le poser en dehors de la feuille. Modifiez sa taille (via la touche [F4]) à 5000 en hauteur/largeur et vous constaterez que l'espace alloué aux objets est plus grand que l'espace de la feuille, mais bloqué à environ 357 x 238 cm (rectangle rouge), dimensions que Draw a accepté de donner à votre rectangle. Nous avons donc une limitation sur l'espace à imprimer, mais aussi sur l'espace où poser un objet. Peut-on dépasser cette dernière limite ? Oui ! Faites une rotation à 45° de votre rectangle et vous constatez que les coins dépassent la capacité des règles (rectangle noir pivoté). On s'arrête là ? Non ! Fixez le zoom à 5% ([Ctrl]+molette). Eh oui ! Il reste de la place (rectangle vert)... Utilisée par le zoom, mais interdite aux autres !? Comparé à la DAO, cela correspond à l'espace de mise en page ou espace papier. On peut dessiner en dehors de la feuille et zoomer. La différence est l'espace disponible ! Quasiment infini en DAO, bridé avec Draw... Gageons toutefois sur le fait que produire des formats AO correspond aux besoins de la majorité, alors Draw n'a pas vraiment besoin de faire plus.Espace OBJET ou PAPIER
Par nature, Draw nous fait travailler en espace papier, c'est-à -dire que nous dessinons dans un environnement censé représenter notre feuille de papier. Pour cette raison, vous n'avez pas d'icône " Aperçu avant impression ". C'est un choix ergonomique qui nous rapproche du travail sur planche. Est-ce très différent dans le monde de la CAO ? Des logiciels continuent d'adopter cette façon de procéder et on la résume plus loin. Mais, depuis la généralisation de l'espace papier ou de mise en page en DAO (un aperçu avant impression en somme), les dessinateurs ont pris l'habitude de séparer l'espace du dessin et celui de la mise en page. Cette séparation des espaces permet à un mécanicien de travailler au millimètre et un topographe au kilomètre sans se soucier de la place disponible sur le papier. En fait, la séparation des espaces (objet et papier) va plus loin encore. Quand en DAO on dessine, l'unité de prédilection pour un menuisier c'est le millimètre, mais pour un maçon ce sont les mètres ou les centimètres et pour le logiciel ce sont... des unités ! Chacun dessine avec l'unité de son métier, le logiciel s'en moque ! 1 m ou 1 km pour le logiciel, c'est 1 de toute façon. L'important, c'est la place que prend cette unité quand on l'imprime sur du papier. Tout le monde se retrouve, dans l'espace papier, à devoir imprimer sur du papier quantifié, lui, en bon vieux millimètre sonnant et trébuchant.
Fig. 2 : Le principe des espaces Objet et Papier en DAO

Fig. 3 : Devinez où se trouve Draw ? Un petit onglet par là et les dessinateurs retrouvent leurs habitudes !
Fig. 4 : Calc et Draw tapent l'incruste chez Writer. Allez, encore un peu et nous avons notre espace papier avec Writer et l'espace objet avec Draw en inclusion !
Là aussi Draw laisse entrevoir des capacités à s'adapter... Pourquoi n'aurions-nous pas un onglet (Fig. 3) Objet (ou Model) en plus de Mise en page afin de pouvoir y poser des fenêtres par lesquelles on regarde tout ou partie de l'onglet Objet ? OpenOffice.org le fait déjà (Fig. 4) : dans une feuille Writer, sont insérés un objet OLE, une feuille Calc et un fichier Draw. On regrette que la fonction zoom soit inactive. Pour reprendre les termes courants en DAO, l'insertion d'un objet OLE provoque un zoom étendu, comprenez " étendu à la zone utilisée par les objets ou données du document lié ". Au final, nous obtenons bien un espace papier (Writer) qui regarde par une fenêtre, un espace objet (Calc et Draw) bien plus vaste que la feuille A4 de Writer ne peut en montrer. On peut aussi faire cette expérience avec un dessin Draw incrusté (objet OLE) par un autre dessin Draw.

Les unités et échelles
Cela vous semble torturé ? Rassurez-vous, cette procédure (espace Objet et Papier) déroute encore bon nombre de dessinateurs qui continuent d'imprimer depuis l'espace objet.
L'avis de G. Deneux Cette partie " Espace Objet ou papier " me paraît très technique. Franchement, je préfère que Draw utilise le système des unités et échelles, mais en plus qu'il soit capable de redessiner tout lorsque l'on change d'échelle.
Je ne vous raconte pas les problèmes entre bureaux d'études et les pertes de temps pour unifier les procédures..." Allô ! Tu fais comment pour imprimer ? Mais, c'est quoi ton échelle ? ". Hormis cette procédure de travail introduite à partir de la version 11 d'Autocad, comment fait-on avec Draw ? Dans Draw et quelques logiciels d'architecture, pas de question à se poser ! On définit la taille du papier et l'unité de travail tout comme le facteur d'échelle dès le départ. L'unité est déclarée dans les options tout comme l'échelle de l'impression (Fig. 5). Si je dessine du bâtiment, je déclare travailler en mètres et je choisis l'échelle d'impression. Typiquement, c'est le 1/100 ou le 1/50. Par contre, si je suis menuisier, je demande les millimètres et le 1/10 pour l'impression. Une fois enregistrés, les dessins conservent leurs réglages, même si une échelle différente est utilisée dans un autre fichier. C'est simple et efficace. Par contre, ne comptez pas, dans un même fichier, avoir des unités et échelles pour chaque page ! Le réglage se propage sur les pages de votre fichier, mais pas entre fichiers ouverts. Là aussi, on peut supposer que Draw peut mieux faire. Si les styles et les sauts de pages de Writer étaient introduits, nous pourrions définir des réglages différents pour chaque page dans le volet Pages, comme dans les onglets d'impression (Fig. 6) en DAO.
Conclusion : Pour ceux qui sont satisfaits du principe de travailler à l'unité choisie et à une échelle prédéfinie, Draw devrait au moins proposer ce réglage pour chaque page d'un fichier (messieurs les programmeurs ?). Un fichier devient ainsi un projet dans lequel on dessine tous les plans utiles à des échelles et unités diverses. En l'état actuel, on doit faire un fichier par échelle ou unité. Bon, ce n'est pas la mort non plus... Sinon, la notion d'espace objet inclus dans un espace papier des logiciels de CAO/DAO n'est pas inconnue d'OpenOffice.org (via les objets OLE), mais n'est ni exploitée, ni importée par Draw. Une fois de plus, on peut rêver à un Draw plus orienté vers les dessinateurs et plus compatible avec les procédures professionnelles.
Le S.C.U.
Le système de coordonnée de Draw est bien plus exotique ! Habituellement, un dessinateur considère qu'il travaille dans la zone positive d'un " Système de Coordonnées Utilisateur " (ou SCU). Héritage du travail sur planche avec ses deux règles (verticale et horizontale), mais aussi (et surtout) d'un principe élémentaire 3 en géométrie : le système des coordonnées cartésiennes (Fig. 7). Veuillez noter que sur l'axe vertical (Y), la valeur négative (-1,0) est en dessous de l'axe horizontal (X). Que fait Draw ? L'inverse ! Draw pèche en adoptant le principe de l'écriture (de gauche à droite ET de haut en bas) et, ce faisant, il est à l'envers ! (Fig. 8). Le plus grave n'est pas son origine positionnée sur le haut de la page, mais bien l'axe des Y complètement à l'envers. Conforme aux habitudes (et encore !) d'un usager des traitements de texte, mais pas du tout à celles d’un dessinateur ! Faites l'expérience de déplacer un objet par ses coordonnées x et y (après sélection, touche [F4]) et saisissez une valeur négative pour l'axe Y. L'objet remonte au lieu de descendre ! Bon point toutefois, le SCU peut se déplacer et être positionné à la souris. Nous avons un SCU général (world avec IntelliPlus) et un SCU temporaire que l'on positionne par son origine. C'est loin d'être l'équivalent de ce que nous avons en DAO, mais cela laisse présager mieux. Deux options sur un peu plus de 10 en DAO (Fig. 9). Une fois de plus, on ne comprend pas pourquoi cela devrait s'arrêter là ...

Fig. 7 : Le système cartésien de tous les logiciels de CAO/DAO qui se respectent...

Fig. 8 : Le SCU vu par Draw !

Fig. 9 : Déplacez le SCU en faisant glisser l'origine ou cliquez dessus pour y revenir. Comparé à IntelliPlus, ce n'est pas du DAO (géométrie oblige !), mais pas loin ! Fig. 10 : Un SCU à l'endroit, déplacé et matérialisé par un symbole et des lignes de capture... On commence à y croire !
3 Un système de coordon-nées cartésiennes permet de déterminer la position d'un point sur une droite, dans un plan ou dans l'espace à condition d'avoir défini un repère cartésien. Il permet aussi de caractériser un vecteur. Les systèmes de coordonnées polaires, quant à eux, sont des systèmes de coordonnées particulièrement adaptés pour l'écriture des rotations ou des homothéties (http://fr.wikipedia.org/).
Par exemple, quand on déplace l'origine, Draw pourrait très bien montrer son emplacement en posant un symbole et deux lignes de capture (Fig. 10). Cela sous-entend qu'on redresse le SCU évidemment.
Conclusion : À deux doigts d'être un bon départ dans la vie d'un dessinateur ou d'un architecte en herbe, Draw doit revoir sa copie. Un SCU cohérent avec la géométrie, la possibilité de l'orienter (rotation), une icône signalant sa présence après un déplacement d'origine et nous avons un système de coordonnées dont les professeurs n'auront pas à rougir !
Les entités de dessin et leurs modifications
En DAO, le dessin n'est qu'une succession de lignes ou d'entités (objets) simples. Un rectangle, ce n'est jamais que 4 lignes, bout à bout. Le logiciel propose quelques options pour assister le dessinateur et éviter l'usage de la gomme (Fig. 11).

Fig. 11 : Draw et ses entités de dessin. Largement de quoi travailler !
A ce stade de notre simili-comparaison, que tous les dessinateurs en bureau d'études fassent le compte des commandes utiles dans leur quotidien (Plan 2D). Si vous en comptabiliser plus de vingt, du dessin à l'impression, c'est que vous êtes dans un secteur d'activité un peu spécifique ! En bâtiment (tous corps d'états), on a du mal à dépasser cette limite. Mais, intéressons-nous au dessin à proprement parler ; le quotidien, c'est : Ligne, Polyligne, Cercle, Arc, Rectangle, Hachures, Texte, Cotations, plus quelques commandes de modification comme Ajuster, Prolonger, etc. Que fait Draw en dessin ? Tout autant, ce n'est pas le problème. Quand bien même il ne ferait que de la ligne, cela fait des siècles que l'on dessine avec un crayon et une règle. Le vrai problème, c'est le mode de création et de modification des lignes et objets divers (entités) : pas moyen d'accéder aux vecteurs. Prenons un exemple avec le rectangle... En DAO, tout est vecteur. Donc, lorsque l'on dessine un rectangle en précisant que l'on veut un raccord (des coins arrondis), le logiciel demande la valeur du rayon (Fig. 12). Eh bien, voici la seule vraie opposition que l'on puisse faire à Draw. Bien sûr, on arrive au même résultat, un rectangle de 20 par 10, mais impossible de quantifier le raccord avec un rayon de 2,00 par exemple !

Fig. 12 : Tout peut être quantifié par la ligne de commande, le seul vrai problème est là ! Cela ne se fait pas à vue de nez, sauf si c'est un choix !
Inutile d'aller plus loin, en examinant tous les objets de dessin et les options de modification, le problème est récurrent et rédhibitoire pour un dessinateur. Encore une fois, tout est là ... Il manque une ligne de commande comme en DAO, ou des boîtes de dialogues qui offrent la possibilité de quantifier les actions et options. Nous devrions avoir accès aux paramètres géométriques de l'entité générée. Ce n'est pas le cas... Pourquoi ? Cela vient en partie du concept de Draw qui considère avant tout que les objets de dessin sont modifiables à la souris. C'est bien, mais insuffisant. La souris ne permet pas un travail technique, même si la valeur est affichée (Fig. 13). À force, on s'arrache les yeux... De plus, les objets sont circonscrits dans une boîte ou capsule. Partant de là , une fois généré, un objet est délimité par cette capsule. Or, cette capsule ne dit pas tout sur l'objet qu'elle contient.

Fig. 13 : Arrondi, oui mais à combien ? La valeur du rayon SVP ! Dire les choses, c'est bien, mais y accéder, c'est mieux !
Par exemple, une ligne d'une longueur inconnue, car posée à la souris, est sur ma feuille. La touche [F4] donne accès à ses dimensions Delta X et Y (la boîte en coordonnées rectangulaires), son angle, etc., mais dois-je faire un théorème de Pythagore pour déterminer sa longueur ? Comment faire si j'ai besoin d'une ligne de 10 cm à 35° ? On peut contourner le problème en posant une ligne à plat. Sa longueur importe peu. On l'édite ([F4]), on retouche sa longueur à 10 cm, puis sa rotation à 35°. Mais maintenant, faites un dessin avec la polyligne ou le polygone... À part cliquer sur la feuille, que peut-on en faire ? Que manque-t-il ? Les coordonnées polaires, relatives ou absolues. En DAO, on dessine une polyligne (comme le polygone de Draw), mais on peut quantifier chaque segment et/ou cliquer à l'écran. Avec Draw (Fig. 14), on dessine un polygone sans possibilité de quantifier la position du point suivant, hormis de se contenter de l'affichage de la barre d'état. Veuillez noter que cet affichage est complet, mais en mode rectangulaire (x,y) relatif !

Fig. 14 : Il ne suffit pas de lire des coordonnées en DAO, il faut aussi pouvoir les éditer !
Dans un mode relatif, vous avez les coordonnées en X, Y (inversé) du dernier point cliqué (sur la figure, Pt 2 en A) et les coordonnées de la position du prochain point (en B) depuis Pt 2 ! Pour être vraiment complet, nous devrions avoir la coordonnée polaire de la souris, dans ce cas : 0,3905<40°. En DAO, cette dernière coordonnée serait donnée au clavier sous la forme suivante : @ .3, .25 que l'on peut lire ainsi : " Depuis le dernier point, on se déplace de 0,3 en x et 0,25 en y pour poser un nouveau point ". Notez : 0,25 pour la valeur en Y, puisque nous sommes dans un vrai système cartésien. Nous aurions pu aussi dire la même chose en coordonnées polaires relatives (valeur du segment avec son angle) soit : @ .3905<40. Cette notation des valeurs des segments est valable dans IntelliPlus, BricsCad, Rhino3D, Autocad, etc. Cette incapacité récurrente de Draw à permettre de quantifier correctement les vecteurs (au clavier) au fur et à mesure de leur création est vraiment problématique pour un dessinateur. C'est pourtant un préalable en DAO.
Conclusion : Des objets suffisants pour dessiner, mais sans réel moyen d'en contrôler les dimensions. La solution consiste à s'en tenir à des objets facilement quantifiables (ligne, rectangle à bord droit, cercle, etc.). C'est d'autant plus dommage que Draw connaît les coordonnées de ses objets, peut quantifier leurs options et la position du curseur en mode relatif, comme en témoignent les chiffres affichés dans la barre d'état. Un bon début serait de rendre éditable les valeurs affichées.
Accrochages objets
Vous commencez à connaître la musique : peut mieux faire... Parmi les options proposées, les cases suivantes sont à cocher : Au cadre de l'objet (la boîte en question) et Aux points de l'objet. Comparé à ce qui est proposé en DAO, on a quelques doutes (Fig. 15). Points de l'objet ? Qu'est-ce à dire ? Cela sous-entend quoi ? Peut-on s'accrocher à la tangente d'un cercle, à son quadrant, son centre ? Comment puis-je être certain qu'un accrochage a fonctionné ? En DAO, on vous le propose et on vous le dit (Fig. 16) !

Fig. 15 : À gauche, les paramètres de capture dans les options de Grille de Draw. Ci-dessous, les modes d'accrochage objet en DAO, beaucoup plus explicites...

Fig. 16 : Infobulle en plus du symbole. C'est sûr, on prend le milieu et pas la tangente !
Et la 3D ?
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la 3D n'est pas le point fort d'OpenOffice Draw, mais qu'est-ce quelle est ludique ! En revanche, ne cherchez pas à dessiner votre voiture en 3D ! Amusez-vous plutôt à produire des objets comme celui que vous pouvez observer sur la figure 17 (page suivante).
4 site officiel de CadOOo : http://gerard.deneux.free.fr/ [fr] ; liste d'outils pour OpenOffice.org : http://fr.openoffice.org/Documentation/Outils/index.html z[fr]

Fig. 17 : Un bonus pour celui qui fait la même chose !
Que dire de plus ? Techniquement, sachez que chaque objet 3D créé ne connaît pas les autres. Pour faire des additions de volume, sachez que les objets 3D sont dans leur espace 3D respectif (Fig. 18). Pour les faire interagir, il suffit d'effectuer un double-clic sur l'un des objets pour rentrer dans sa " bulle ", puis copiez-le après sélection ([Ctrl]+[A], [Ctrl]+[C]) ; entrez ensuite dans la bulle de l'autre objet, puis collez ([Ctrl]+[V]). Tant que vous êtes dans la bulle du second, bougez-les à la souris ou au clavier (à l'aide des touches fléchées). C'est ludique et pas du tout technique ! Vous ne pouvez faire que des assemblages de formes proposées ou créées depuis un objet 2D fermé. C'est un régal pour créer des effets 3D avec des captures d'écran, par exemple, et agrémenter vos textes.

Fig. 18 : Chacun chez soi dans une boîte !
Conclusion : À ce stade, nous sommes loin d'une approche technique et il vaut mieux, à ce titre, opter pour des logiciels comme Art Of Illusion ou Blender. A réserver à l'usage de la PAO. D'ailleurs, les illustrations de cet article on été réalisées avec Draw.
Heureusement, il y a CadOOo !
Comment sont arrivées les choses ? Si ma mémoire est bonne, il y a un bout de temps, sur le forum, nous avions lancé une discussion (voir http://fr.openoffice.org/servlets/ReadMsg?listName=doc&msgNo=2423) sur un utilitaire à dessiner les escaliers. Et voilà que Gérard Deneux nous fit cadeau d'un outil : DesCal. Sur le forum, on s'amusa à renommer cet outil CadOOo 4. Pied de nez à tous les " Cad " du marché, un hommage à OpenOffice.org et surtout un merci à la démarche de Gérard Deneux. Il y avait longtemps que l'on s'interrogeait sur Draw et ses capacités techniques à réaliser de la DAO, non pour remplacer les logiciels existants, mais, par exemple, pour permettre à une entreprise et une administration de réaliser et échanger des documents d'appels d'offres et de les consulter dans OpenOffice.org (y compris les plans). Râlant souvent sur les capacités, supposées inexploitées, de Draw, nous n'avions pas les moyens de faire plus. Programmé en Python, CadOOo fonctionne sur la version OpenOffice.org 1.5. Cet outil révèle les possibilités cachées de Draw. CadOOo lève donc partiellement les remarques précédentes en démontrant que Draw peut se rapprocher des logiciels de DAO sur quelques points. DesCal. Sur le forum, on s'amusa à renommer cet outil CadOOo 4. Pied de nez à tous les " Cad " du marché, un hommage à OpenOffice.org et surtout un merci à la démarche de Gérard Deneux. Il y avait longtemps que l'on s'interrogeait sur Draw et ses capacités techniques à réaliser de la DAO, non pour remplacer les logiciels existants, mais, par exemple, pour permettre à une entreprise et une administration de réaliser et échanger des documents d'appels d'offres et de les consulter dans OpenOffice.org (y compris les plans). Râlant souvent sur les capacités, supposées inexploitées, de Draw, nous n'avions pas les moyens de faire plus. Programmé en Python, CadOOo fonctionne sur la version OpenOffice.org 1.5. Cet outil révèle les possibilités cachées de Draw. CadOOo lève donc partiellement les remarques précédentes en démontrant que Draw peut se rapprocher des logiciels de DAO sur quelques points.
Fig. 19 : Le rêve deviendrait-il réalité ? Gérard Deneux, l'auteur de CADOOo, nous en dit plus ...
" Ce qui m'a conduit à l'utiliser (Draw) comme logiciel pour faire des dessins, c'est surtout l'existence d'une fonction de cotation. Comme la valeur des cotes est éditable, l'échelle importait peu pour faire mes schémas de mécanique. Après quelques temps d'utilisation, j'ai pensé qu'il serait bien pratique de pouvoir couper ou prolonger les segments. C'est la première fonction que j'ai créée en OOobasic. Puis, est venue la fonction " décaler ", toujours en OOobasic. Puis, il y a eu cette discussion sur le forum à laquelle tu fais référence qui m'a conduit à relever le défi. Mais, comme je trouvais OOobasic un peu limite pour aborder un projet un peu plus interactif et touffu, j'ai sauté sur l'occasion qu'avec les nouvelles versions d’OOo. Il était possible de programmer en Python. Que dire de plus sur CADOOo ? Que les commandes pour dessiner des carrés et rectangles sont prêtes, qu'à la suite j'avais prévu de créer les commandes " chanfrein " et " arrondi " et enfin de terminer avec la cotation angulaire, radiale et diamètre. " On peut s'accrocher aux objets existants selon différentes options, avec, en prime, un visuel de l'accrochage sélectionné !
Fig. 20 : Accrochage Extrémité et Milieu à l'œuvre...

Fig. 21 : IntelliPlus à l'action...
On démarre un polygone par une accroche " Extrémité " sur une ligne existante, puis on finit en s'accrochant " Milieu ". Une ligne élastique de couleur montre le polygone en cours de dessin (Fig. 20). On se rapproche du grand frère (Fig. 21). La première remarque s'impose : Draw en sait plus qu'il ne le dit sur les objets existant dans un dessin ! (voir encadré)
L'avis de G. Deneux En effet, les lignes, polylignes, polygones sont stockés sous forme de listes de coordonnées des sommets. Par contre, cercles, ellipses, rectangles, etc., sont stockés sous forme de rectangles (coordonnées du coin haut gauche + largeur + hauteur).On notera qu'il est possible de filtrer ou de cumuler les accrochages Extrémité, Intersection, Milieu, Perpendiculaire et Tangente d'un objet.
Conclusion : Déjà la démonstration est faite qu'une interaction plus dynamique avec l'utilisateur peut être mise en place avec Draw. La géométrie d'un dessin est révélée par les options d'accrochage. De plus, nous sommes dans une procédure familière des adessinateurs et de là à dire que CadOOo peut, à défaut, devenir un outil pédagogique, il y a plus près que de chercher à détrôner les logiciels commerciaux.
Les coordonnées absolues, polaires et relatives
Cliquer à l'écran et pouvoir s'accrocher à des objets existants sur la base d'une rigueur géométrique, c'est un plus précieux. Mais peut-on aussi et en même temps alterner avec une saisie des valeurs des segments dessinés ? En cours de dessin, CadOOo permet de dessiner à la souris avec ou sans les accrochages objets, mais aussi de quantifier les segments dessinés. Les touches [C] et [K] permettent de quantifier les vecteurs en mode absolu (depuis le SCU) ou relatif (le dernier clic) et, cerise sur le gâteau, en coordonnées rectangulaires (x,y) ou polaires (distance et angle) (Fig. 22) ! Il est même possible d'utiliser les accrochages pour définir un point avant de quantifier le segment avec la touche [L] (Fig. 23) !

Fig. 22 : Régal géométrique des yeux.
Fig. 23 : Une ligne qui débute à une intersection, passe par un milieu avant d'être quantifiée... Dans Draw ? Pincez-moi, je rêve !
Conclusion : On commence à frémir de joie ! Draw pourrait donc faire de la géométrie cartésienne... Là , on commence surtout à se dire qu'après tout, l'idée d'un CadOOo sur-vitaminé et intégré à Draw n'est pas si folle et peut effectivement permettre de faire un peu de DAO, à un niveau scolaire ou personnelle, au moins.
L'avis de G. Deneux En fait, rien n'empêche d'aller aussi loin que l'on veut et s'approcher de très près d'un logiciel de DAO. On peut même imaginer chaîner un dessin avec le tableur pour faire du métré. Il faut savoir que Calc et Writer possèdent une, voire plusieurs feuilles de dessin qui pourraient être utilisées avec CadOOo.
Les commandes d'éditions
Si dessiner est la fonction première d'un logiciel de DAO, la grosse valeur ajoutée, c'est quand même d'avoir accès à des commandes d'édition et de modification des objets. Copier, étirer, prolonger, ajuster et j'en passe... C'est le lot quotidien d'un dessinateur qui a laissé de coté sa gomme. Que fait Draw avec CadOOo ? Trois commandes complémentaires sont proposées par CadOOo : Les commandes d'éditions Si dessiner est la fonction première d'un logiciel de DAO, la grosse valeur ajoutée, c'est quand même d'avoir accès à des commandes d'édition et de modification des objets. Copier, étirer, prolonger, ajuster et j'en passe... C'est le lot quotidien d'un dessinateur qui a laissé de coté sa gomme. Que fait Draw avec CadOOo ? Trois commandes complémentaires sont proposées par CadOOo :
- Couper (ou Ajuster) et Prolonger :
La commande Couper (Prolonger est du même cru, mais inverse) suppose une analyse des objets et des intersections rencontrées (Fig. 24). La surbrillance fait une proposition que l'on valide par un simple clic. En DAO, on doit d'abord désigner les objets faisant obstacle avant de désigner la partie à éliminer. CadOOo se paye le luxe d'être plus simple d'usage. Couper (ou Ajuster) et Prolonger : La commande Couper (Prolonger est du même cru, mais inverse) suppose une analyse des objets et des intersections rencontrées (Fig. 24). La surbrillance fait une proposition que l'on valide par un simple clic. En DAO, on doit d'abord désigner les objets faisant obstacle avant de désigner la partie à éliminer. CadOOo se paye le luxe d'être plus simple d'usage.

Fig. 24 : CadOOo à l'œuvre. La commande Couper sur un dessin simple, puis sur un autre plus fourni... Plus simple qu'en DAO ! Plus lent aussi... Une simplicité rafraîchissante quand même.
Conclusion : Au prix d'une lenteur excusable (voir l'encadré), CadOOo démontre qu'on peut revisiter le genre. Franchement, cela ne vous donne pas envie de mettre le nez dans tout cela ?
Enfin, la dernière commande appréciée en DAO est revisitée par CadOOo.
- Décaler :
Cette commande réalise une copie parallèle d'une ligne, polygone et divers objets. Par exemple, cette commande est très appréciable quand on fait le contour d'une maison. En décalant une fois à 20 cm, puis une autre à 30 cm, on réalise le mur et l'isolation. Reste à poser les menuiseries...
Conclusion : Là aussi, CadOOo revoit la copie en plus simple. Trois commandes d'édition, ce n'est pas assez pour prétendre détrôner qui que ce soit, mais suffisant pour démontrer le potentiel de Draw. C'est suffisant aussi pour militer en faveur d'un Draw plus DAO qu'il ne l'est en apparence et permettre à tout un chacun d'avoir un outil vraiment polyvalent, même en technique.
Les applicatifs – Calcul d'escalier
Un autre argument en faveur des logiciels de DAO, ce sont les modules ou applicatifs dédiés à un métier. Tournant de plus en plus en VBA (Visual Basic pour Applications) plutôt qu'en langage propre au logiciel, ils ont l'avantage d'être transposables d'un logiciel à un autre dans la mesure où le VBA peut interfacer son hôte. Sans aller jusque-là , que fait-on avec Draw et CadOOo pour les professionnels ? " S'il te plaît, dessine-moi un escalier "... Là aussi, la simplicité prime. Quelques renseignements et voilà notre escalier avec sa cotation (Fig. 25) !
Conclusion : Encore une fois, CadOOo démontre qu'on peut faire de Draw un outil complètement intégré dans une entreprise, pour des besoins modestes, certes, mais bien réels. Donc, rien n'empêche d'aller plus loin en collant de plus près aux besoins d'un métier.

Fig. 25 : Deux coups de cuillère à pot pour un escalier ! C'est CadOOo...
Draw, le DAO générique ?
Draw a indéniablement un potentiel qui demande à être exploité. Au prix de modifications dont l'ampleur reste à évaluer, il reste raisonnable de penser qu'un applicatif comme CadOOo peut piloter Draw et compenser des fonctionnalités absentes ou inaccessibles à l'usager. Au risque de se répéter, on ne peut qu'adhérer à la remarque préférée du corps enseignant : " Peut mieux faire ! ". Draw, le DAO générique ? En tout cas, " le DAO dans les gènes "... Serait-il un surdoué qui s'ignore ou simplement un logiciel mal renseigné sur les filières à suivre ?
Conclusion générale
Draw est bourré de talent. CadOOo met à jour ce potentiel et vient suppléer les carences de Draw dans son dialogue avec un usager technicien. Il est ainsi démontré que l'on peut bénéficier de fonctions typiques en DAO, à savoir :
- aides au tracé : Accrochages, Saisie de coordonnées rectangulaires ou polaires, en relatif ou en absolu, Saisie de distance, Mode axonométrique ;
- entités graphiques quantifiables : Cercle, Cercle 3 points, Arc, Ligne, Polygone, Ellipse, Arc d'ellipse ;
- commandes de modification : Prolonger, Couper, Décaler ;
- applicatif : Création d'escalier.
- À faire pour commencer à faire du DAO sérieusement avec CadOOo :
- migrer CadOOo en version OpenOffice.org 2.0 ;
- modifier le sens du système de coordonnées ;
- augmenter les fonctions disponibles.
Dans la même veine, peut-on ou doit-on envisager que Draw devienne le socle commun d'applicatifs plus spécialisés comme CadOOo, d'un " PAOOo " (Pagination Assistée par OOo) et autres " xxxOOo " de tout bord ? Certaines révolutions, comme le passage de JAVA en GPL et l'ouverture d'OpenOffice.org aux langages externes, poussent à penser que les initiatives personnelles trouveront forcément un écho proportionnel à une certaine adéquation en entreprise. Quoi qu'il en soit, l'écurie est bonne, le poulain est débourré, bon sang ne saurait mentir, reste à trouver un bon entraîneur !
L'avis de Zeimer (Phildes.com) sur Draw : " Pourrait-il voler de ses propres ailes ? " " Ouais ! Mais que l'on me demande pas de bouffer de la graine !!!! "





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