Vectoriel et DAO : introduction
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Linux Pratique
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Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 7

Les pages de ce présent numéro de Linux Pratique sont consacrées au Dessin Vectoriel et au DAO. Mais quand on sait que DAO signifie " Dessin Assisté par Ordinateur " et que ses tracés, visibles à l'écran, sont la représentation d'entités vectorielles, on se demande bien pourquoi l'on différencie par habitude le DAO du Dessin Vectoriel, alors que les deux dénominations semblent recouvrir la même réalité... Comme bien souvent, la désignation d'une chose découle d'un parti pris de commodité, voire de paresse, au détriment d'une rigueur descriptive. La méthode est simplificatrice et le résultat abstrus pour les Candide en la matière. Ainsi naissent les jargons, les jargonneurs et les séparations. Essayons de lever le voile, d'une façon claire et concise... En matière de représentation d'image sur un écran, deux procédés fondamentalement différents coexistent. L'un, que l'on pourrait comparer à la peinture dans la vie réelle et, l'autre, qui s'apparenterait au dessin au crayon. Dans le premier cas, on dit que l'on a affaire à des images " bitmap " composées de carreaux de couleurs, les pixels, disposés sur un quadrillage virtuel découpant la surface d'affichage, l'écran, dont le nombre de carreaux se définit horizontalement et verticalement. Les programmes mettant en œuvre ce procédé sont généralement appelés " outils de retouche photo ". Dans le deuxième cas, celui qui nous intéresse, on dit que l'on a affaire à des images " vectorielles " composées d'éléments mathématiquement définis, affichés sur l'écran en fonction de leur nature géométrique, de leurs coordonnées et de leurs attributs. Les éléments représentés sont mis en place les uns après les autres et sont, à ce moment-là, indépendants les uns des autres. Aussi est-ce avec logique qu'on les traitera comme " objets " et qu'on les désignera sous le nom d'" entités ", c'est-à-dire d'éléments complètement définis en nature (cercle, arc, segment, droite, conique, courbe de Bézier), en position dans l'espace de représentation (coordonnées absolues ou relatives) et en caractéristiques d'apparence (attributs de couleur, d'épaisseur et de dessin de trait). Cela se complique ? Oui, mais seulement pour l'ordinateur qui reconstruit l'image à afficher à chaque demande de l'opérateur, en fonction de données contenues dans une base qui constitue l'image en question. Pour l'opérateur, tout est transparent. Il zoome, efface, déplace, déforme, transforme, duplique... sans se préoccuper du travail de l'ordinateur. Cela est vrai tant en DAO qu'en Dessin Vectoriel. Tous deux sont basés sur la même idée technologique. Seul leur usage les différencie, et, bien sûr, les outils dont ils disposent.

Le dessin vectoriel

Ce qu'il est convenu d'appeler " Dessin Vectoriel " concerne un domaine graphique longtemps désigné sous le vocable restrictif d'" Illustration ", dont l'outil de mise en œuvre le plus renommé, à tort ou à raison, fut et reste Illustrator d'Adobe. Quiconque l'a utilisé une fois sait ce qu'est un programme d'illustration en dessin vectoriel. Non seulement, il est possible de produire des tracés à partir d'entités géométriques prédéfinies en nature et modifiables à volonté en attributs, mais aussi on pourra avec ce genre d'outil :
  • remplir les formes closes avec des aplats et des dégradés de couleurs ou des motifs bitmap ou vectoriels ;
  • combiner entre elles les formes simples pour obtenir des formes complexes ;
  • disposer puis transformer interactivement à la souris les courbes de Bézier ou n'importe quelle entité sans se préoccuper de coordonnées ou de dimensions ;
  • simuler le réel avec des options de dégradés de forme (qui simulent les volumes), de transparence en dégradé ou non, de calligraphie, d'ombrage, de biseautage et d'éclairage directionnel (XaraLX), etc. ;
  • construire un projet par emploi de sous-ensembles prédéfinis (cliparts) modifiables à volonté ;
  • manipuler du texte, des blocs de texte et les combiner à des images pour confectionner des mises en page de documents destinés à la publication (PAO avec OpenDraw ou XaraLX) ;
traiter le texte tant en chaîne de caractères unis qu'en caractères indépendants, comme s'il s'agissait d'entités vectorielles sans statut particulier. Pour finir, en illustration vectorielle, on cherche à produire des images pour lesquelles l'esthétique et la force d'impact priment sur l'exactitude des formes, des couleurs ou des proportions. On notera toutefois que la puissance des ordinateurs actuels a permis le développement de programmes très performants qui, entre des mains expertes, autorisent la production d'images au réalisme tout à fait convaincant. Ces outils sont destinés à la fabrication de logotypes d'entreprises, d'images publicitaires, de posters... car leur précision indépendante du support d'affichage permet une visualisation et une impression sans perte de qualité quelle que soit la taille finale désirée.

Le DAO

Le DAO doit être entendu comme " Dessin Technique Assisté par Ordinateur ". Ici, la machine remplace la planche à dessin, alors que le programme remplace les outils de dessin : crayon, équerre, balustre, gomme, feuilles de calque... La production DAO, appelée " plan ", se soucie de l'exactitude des formes et des dimensions relatives, avec un respect absolu de la normalisation de représentation. Point de fantaisie dans ce domaine, parce que le Dessin Technique est un langage universel et, comme tout langage, il se plie à des règles de syntaxe, faute de quoi il ne pourrait être compris. De plus, un plan représente à une échelle choisie un objet réel destiné à être matérialisé. Les formes de celui-ci ne sauraient être quelconques ; elles doivent être réalisables par les différents procédés de fabrication dont on dispose. Cela limite énormément leur nombre possible. Le segment de droite et l'arc de cercle (le cercle étant un arc particulier de 360°), parfois la courbe de Bézier, suffiront dans la plupart des cas à représenter tout objet. Mais la mise en position et le dimensionnement de ces entités sont rigoureux. Une batterie d'outils d'édition et d'accrochage spécifiques au DAO permettent le respect de ces exigences. Ainsi, pourra-t-on :
  • dessiner des formes simples qui, combinées entre elles, construiront des profils complexes ;
  • éditer les entités pour les couper, les ragréer, les raccorder, les chanfreiner... changer leurs attributs d'épaisseur et d'aspect en respectant la normalisation en vigueur ;
  • placer les entités les unes par rapport aux autres en les reliant à une fin d'entité, un centre de cercle, une intersection existante, un milieu d'entité, etc. ;
  • contraindre géométriquement les entités à être parallèles, perpendiculaires, tangentes, médianes, médiatrices, distantes,... d'une autre entité ;
  • dupliquer les entités sur le même calque ou sur un autre ;
  • insérer des sous-ensembles paramétrables d'éléments répétitifs et standardisés en recourant à des bibliothèques d'éléments ;
  • remplir des formes closes avec des hachures normalisées pour signaler les surfaces vues en coupe ;
  • dimensionner les éléments avec une cotation précise à plusieurs décimales ;
  • écrire des annotations en caractères et symboles normalisés ;
  • déformer, redimensionner, déplacer des éléments tandis que la mise à jour de la cotation des éléments concernés s'effectue automatiquement.
Pour abréger, on dira qu'un programme de DAO est une " application métier ", celle du dessinateur industriel ou de l'architecte. Le programme DAO ne manipule que des données vectorielles planes et, de ce fait, on le désignera par programme de dessin 2D, les objets 3D étant élaborés dans des modeleurs qui se chargent de plus en plus de produire eux-mêmes la représentation plane du modèle tridimensionnel.

En conclusion

Il y a donc entre le Dessin Vectoriel et le DAO des similitudes et des différences comparables à celles que l'on trouverait entre, par exemple, la scie égoïne et le passe-partout. Les deux instruments servent à couper du bois, sont munis d'une lame dentée coupante et opèrent pareillement d'un mouvement de coupe alternatif. Mais l'un est destiné à scier des bois de petites sections et est manié par un seul ouvrier : c'est l'égoïne. L'autre sert aux bûcherons pour abattre les arbres ou aux scieurs de long pour débiter les troncs en planches. Il faut deux individus solides pour l'utiliser, un à chaque extrémité. Comme il a déjà été dit, c'est donc l'usage auquel est destiné un outil, et les méthodes d'emploi qui en découlent, qui le différencient d'un autre. Ainsi en est-il du Dessin Vectoriel et du DAO. C'est ce que le magazine se propose de vous faire découvrir par l'exemple dans les pages qui suivent.

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