Xara Xtreme : le vectoriel éblouissant
Signature : | Mis en ligne le : 01/04/2008
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    Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 7

    Xara Xtreme pour Linux, que nous appellerons XaraLX par la suite, n'est pas un nouveau venu. Il peut se targuer d'une déjà longue existence en tant que logiciel propriétaire sous Windows. Malgré des qualités indéniables, une rapidité exceptionnelle, un code compact (sous Linux, le programme se résume à un seul exécutable), une interface simple et claire, des outils originaux, des démonstrations éblouissantes de ses possibilités, il n'a jamais vraiment concurrencé Illustrator ou CorelDraw qui continuent à tenir le haut du pavé... C'est l'éternelle histoire des habitudes à surpasser et des frilosités à vaincre, qui, dans le domaine du bitmap, explique la place prépondérante de Photoshop par rapport à celle de PhotoPaint ou PhotoImpact, et laisse à la traîne un The Gimp qui, d'ailleurs, peine à se mettre à niveau sur le plan technique. Est-ce cette situation de désaffection qui a poussé les éditeurs de Xara, après un passage chez Corel, à mettre leur produit en open source ? Toujours est-il que l'annonce en a été faite dans le courant du dernier trimestre 2005, tandis que les premiers binaires étaient mis en téléchargement. Le 19 mars 2006, le code source était proposé en libre accès, parallèlement à un binaire quotidiennement mis à jour, livré d'abord en archive TBZ2, puis en autopackage.

    Les concurrents

    En proposant ses services sous Linux, XaraLX va s'affronter à des programmes vectoriels existants qui, grâce à leurs qualités propres et en dépit de leurs faiblesses, ont su regrouper autour d'eux des utilisateurs plus ou moins satisfaits. Il s'agit de :
    • StarDraw/OpenDraw, module de dessin de la suite StarOffice/OpenOffice. Méconnu, voire dédaigné, c'est un outil pourtant plein de ressources, tant en dessin, qu'en construction de schémas et d'organigrammes qu'en PAO facile et intuitive. Parfaitement intégré dans la suite OpenOffice, il est puissant et capable de répondre aux besoins de l'illustrateur technique comme à ceux de l'artiste. En réalité, aucun autre programme vectoriel sous Linux n'est aussi éclectique dans ses possibilités que celui-ci.
    • Skencil, anciennement Sketch, d'une robustesse à toute épreuve grâce à Python qui le fait tourner. Performant, facile à utiliser, il est celui qui propose la gestion des calques la plus cohérente et la plus pratique donc, ainsi qu'une création de dégradés d'une très grande facilité. Il est ouvert à plusieurs formats, dispose des fonctions nécessaires et suffisantes qu'il est cependant facile d'enrichir grâce à des scripts libres disponibles ici ou là. Il ne manque à Skencil que la gestion de la transparence.
    • Karbon14, module de dessin vectoriel de la suite KOffice. Il s'agit d'un outil plaisant, parfaitement cohérent avec KDE, doté d'une interface joyeuse, disposant des fonctions de lecture et d'écriture propres à cet environnement, mais dans ses méthodes de mises en œuvre, curieusement éloigné, parfois, des standards admis. Il est doté d'un gestionnaire de calques, d'un historique, de figures paramétrables, de la transparence, de bibliothèques de motifs et de cliparts faciles à constituer, etc. Cependant, bien qu'utilisable, il reste encore très perfectible.
    • Inkscape, né de Sodipodi qu'il a tué par le fait, est la référence actuelle dans ce domaine, réussissant son pari de devenir le The Gimp du vectoriel. C'est un outil performant, doté d'une multitude de fonctions, qui s'inspire librement des grands aînés, tels que CorelDraw ou Illustrator. On retrouve donc dans Inkscape le tracé calligraphique, les duplications multiples (clonage), la vectorisation de bitmap (OpenDraw aussi, et depuis longtemps), les palettes de couleurs, les dégradés, la transparence, etc. En revanche, la gestion des calques et la création des dégradés sont loin d'être parfaites. Dernier avantage : le choix intelligent du format SVG pour la sauvegarde des documents.
    Alors quels arguments XaraLX présente-t-il pour se faire une place au soleil ? C'est ce que nous allons examiner, en laissant de côté les fonctionnalités communes à tous ces programmes pour mettre l'accent sur ses spécificités.

    L'interface

    Claire et ordonnée, elle est loin d'être figée (Fig. 1). Les barres d'icônes peuvent être déplacées, fermées ou laissées flottantes dans l'espace de travail. On trouve classiquement la disposition suivante :
    1. Barre des menus
    2. Barres d'icônes, avec combos de paramétrages
    3. Barre des options de la fonction en cours
    4. Barre d'outils
    5. Onglets des différents documents ouverts (OpenDraw est également multi-document dans une seule interface)
    6. Ligne d'état
    7. Barre des couleurs

    /img-articles/lphs/7/art-1/fig-1.jpg Fig. 1 :  L'interface de XaraLX La zone de travail ne se trouve jamais encombrée par ces boîtes de dialogue envahissantes qui génèrent très souvent une impression de désordre, appelant assez vite l'exaspération.

    Qualités d'affichage

    Le nombre d'entités composant une image influe sur la vitesse d'affichage lors de changement d'échelle ou de défilement : plus il est important, plus la vitesse diminue. Aussi est-il possible de pallier cette difficulté en attribuant une qualité d'affichage plus ou moins grande au dessin, à choisir parmi les quatre disponibles (Fig. 1.1) :
    • Anti-aliased : les contours sont lissés, les ombres sont réalistes avec des bords flous, les dégradés sont fins.
    •  Normal : les contours ne sont pas lissés, les dégradés sont affichés, les ombres aussi.
    • Simple : ni les dégradés ni les bordures floues ne sont affichés, les ombres sont simplifiées.
    • Outline : seuls les contours des objets et des ombres sont affichés.

    /img-articles/lphs/7/art-1/fig-2.jpg Fig. 1.1 :  Les différentes qualités d'affichage proposées par XaraLX On accède à cette possibilité par le menu Window -> Quality.

    Glisser - déposer des couleurs

    Lorsqu'une figure est tracée et sélectionnée, un clic droit sur un élément de la barre des couleurs attribue la couleur choisie au contour de l'objet, tandis qu'un clic gauche l'affecte à la surface. Rien que du très classique jusque-là. Mais l'originalité de XaraLX dans ce domaine est de pouvoir saisir une couleur, de la transporter, puis de la déposer sur l'objet à colorier. Il faut alors veiller à la forme du pointeur : lorsqu'il devient un segment vertical, la couleur peut être déposée sur le contour ; lorsqu'il représente un petit carré, c'est la surface qui sera coloriée, et lorsqu'il est en forme de flèche recourbée, le système indique qu'il n'y a rien à colorier sous le pointeur. Les couleurs attribuées à l'objet sont signalées sur la barre des couleurs par des losanges noirs et par l'icône carrée à l'extrémité gauche de la barre (voir élément 1 de la Figure 1.2, page suivante). À droite de cette icône, se trouve une icône contenant un cercle multicolore : il s'agit de la commande d'édition de la couleur sélectionnée, ce qui se fait au travers d'une boîte de dialogue spécifique (voir élément 2 de la Figure 1.2, page suivante). Plus à droite, l'icône hachurée sert à supprimer la couleur de remplissage de l'objet, qui devient alors un objet vide délimité par son contour toujours visible, à condition de l'avoir activé d'un clic gauche. En l'activant d'un clic droit, c'est le contour qu'on supprime.

    /img-articles/lphs/7/art-1/fig-3.jpg

    Le remplissage de surface par dégradés se fait en activant l'icône représentant un pot de peinture dans la barre d'outils, ce qui entraîne l'affichage de la barre des options composée de trois combos. Le premier permet de choisir entre onze types de remplissage. Ici, le modèle Three colour a été sélectionné (voir élément 3 de la Figure 1.2). En conséquence immédiate, la surface est remplie avec le modèle choisi, et un repère à deux axes (donc à trois points : origine commune et extrémités) apparaît (voir élément 4 de la Figure 1.2). En changeant à la souris la taille des axes, on change l'échelle de la répétition du dégradé ; en déplaçant le repère, on positionne le départ du dégradé à l'endroit où l'on a déposé son origine ; en changeant l'orientation absolue ou relative des axes, on change l'orientation des répétitions du dégradé (voir élément 5 de la Figure 1.2). Le changement de couleur du dégradé s'effectue soit en sélectionnant un point du repère, puis en choisissant une couleur dans la barre, soit en saisissant une couleur dans la barre et en la déposant sur le point voulu. Veillez à opérer lorsque le pointeur change de forme au survol du point. Ces manipulations sont d'une très grande simplicité.

    Courbes connectables

    Dans beaucoup de programmes de dessin vectoriel, réunir deux courbes de Bézier ou les tracer à main levée pour en faire une surface fermée est une opération plutôt fastidieuse. Pas dans XaraLX, où la connexion s'effectue par défaut ; il n'est donc nul besoin de suivre une procédure, comme dans Skencil par exemple, pour les combiner en une seule. Considérons une courbe tracée à main levée (voir élément 1 de la Figure 2). Supposons que l'on veuille tracer une autre courbe reliée aux deux extrémités de la première. Il faut donc choisir l'outil crayon ou Bézier, puis approcher le pointeur de l'une des extrémités existantes. Dès que le pointeur arbore une petite croix (ici représentée en magenta), on peut commencer à dessiner. En effet, le système vient de signaler qu'il a trouvé un point où s'accrocher (voir élément 2 de la Figure 2). Pour achever le tracé en forme de contour fermé, approchons le pointeur de la deuxième extrémité. Dès qu'il arbore la croix, il suffit de cliquer (voir élément 3 de la Figure 2). La surface est alors instantanément remplie en aplat avec la couleur qui était sélectionnée au moment du tracé (voir élément 4 de la Figure 2). Le remplissage supprimé, on se rend compte que la deuxième courbe est devenue la continuation de la première et se trouve donc dessinée avec les mêmes attributs de couleur et d'épaisseur. De fait, il n'y a qu'une entité, donc un seul type d'attribut (voir élément 5 de la Figure 2).

    /img-articles/lphs/7/art-1/fig-4.jpg Fig. 2 :  La réunion de 2 courbes de Bézier est très simple à réaliser dans XaraLX.

     

    Il s'agit là d'une solution très productive et facilitante. On notera qu’Inkscape la propose également, à cette différence près que la surface créée n'est pas automatiquement remplie. Ce n'est d'ailleurs pas un inconvénient.

    Textes déformables

    La plupart des programmes concurrents permettent de travailler les textes, d'y appliquer des effets divers, à condition que ceux-ci soient transformés en entités de dessin. Selon la terminologie propre à chacun, on parlera d'une conversion préalable du texte en courbes (Skencil, OpenDraw) ou en chemin (Inkscape). Le texte perd alors son caractère spécifique et n'est plus éditable par les outils de texte. Ce n'est pas le cas de XaraLX. Le texte est modifiable comme n'importe quelle entité de dessin tout en conservant la possibilité d'édition. On peut comparer l'outil Mould à un moule dont on force de la matière à épouser la forme. Utilisable sur des objets de dessin pur, cet outil peut, de la même manière, contraindre un texte sans conversion préalable de celui-ci. Une dizaine de profils sont disponibles, et si aucun ne convient à la déformation que l'on voudrait obtenir, il est toujours possible de les éditer en agissant sur les poignées et les tangentes des courbes qui les composent. Poser un texte sur une courbe est là encore d'une facilité déconcertante. En effet, la courbe étant tracée et sélectionnée, il suffit de valider l'outil Text, puis de désigner un point existant de la courbe, n'importe lequel, pour que le texte que l'on va écrire commence à ce point choisi, et suive la courbe au fur et à mesure que l'on écrit. Par la suite, la déformation de la courbe entraîne la modification du cheminement du texte, lequel est éditable directement dans la position qu'il occupe. La courbe d'appui est rendue invisible en lui donnant une épaisseur nulle (none).

     

     /img-articles/lphs/7/art-1/fig-5.jpg Fig. 2.1 :  XaraLX vous permet de modifier et de déformer le texte à volonté...

     

    Tous les effets de remplissage, de biseautage, de contour, de transparence et d'ombrage applicables aux objets de dessin restent valides pour ce texte sinueux. Il est difficile de faire plus simple (Fig. 2.1). On notera que StarDraw/OpenDraw dispose d'un nombre important de courbes prédéfinies pour contraindre un texte, grâce à la fonction FontWork. Mais il s'agit d'un outil de disposition du texte, et non de déformation de celui-ci. Force est de constater que les concurrents proposent dans ce domaine des performances en retrait par rapport à XaraLX...

    Biseautage des contours

    Les formes de base, rectangulaires, circulaires ou polygonales, ne sont pas figées. Outre les déformations par l'outil Mould dont il vient d'être question, elles peuvent encore être travaillées sur leur contour et recevoir ainsi un aspect 3D sophistiqué, grâce à l'outil Bevel Tool. L'application de l'effet se fait soit en tirant sur les poignées rouges qui apparaissent autour de l'objet lors du choix de l'outil, soit en entrant une valeur à la place de 0,0 px par défaut, soit en déplaçant le curseur de Modification de Taille. Si le type de biseautage n'est pas choisi dans la liste, le fait de tirer sur les poignées engendrera un chanfrein, dénommé ici " Flat ". Il est toujours possible de modifier le type par la suite, et de remplacer le chanfrein par un congé, un rayon, un rebord simple ou multiple, au sommet arrondi, aigu ou plat.

     /img-articles/lphs/7/art-1/fig-6.jpg

    Quand le biseau, quel qu'il soit, est créé, l'objet prend un aspect 3D convaincant du fait d'un éclairage simulé dont on modifie la direction en déplaçant la flèche qui pointe vers la source lumineuse supposée. D'autres paramètres sont disponibles, lorsqu'on déroule le combo qui affiche Size par défaut. Il s'agit de Contrast, Light Angle et Light Elevation. Ces effets s'appliquent aux textes comme aux objets de dessin, et de manière plus étonnante, aux images bitmap importées, ce qui génère des effets intéressants (Fig. 3). À ma connaissance, seul RealDraw de Mediachance, fait aussi bien, voire mieux, dans le rendu réaliste 3D des objets, grâce notamment à une vaste bibliothèque de biseautages prédéfinis, de textures et de reliefs (bumpmap).

    Ombrage réaliste

    Le rendu réaliste vient d'être évoqué. Son aspect convaincant provient d'une part du dégradé de couleur qui crée l'illusion du volume et, d'autre part, des ombres propres et des ombres portées. L'ombre propre résulte du dégradé de couleur que l'on fait varier du sombre au plus clair. L'ombre portée résulte de l'éclairage simulé de l'objet qui, en interrompant le trajet lumineux, projette une ombre sur un sol horizontal ou sur un mur vertical parallèle à l'objet. L'ombre est elle-même réaliste si son contour est flou. Il n'existe pas d'ombre aux contours précis, parce que les éclairages proviennent de plusieurs directions à la fois et que l'éclairage solaire peut être assimilé à une multitude de faisceaux lumineux parallèles, chacun projetant son ombre et atténuant celle du voisin. L'usage de la fonction d'ombrage est celui-ci : un objet étant sélectionné, cliquez sur Shadow Tool. La barre d'options de la fonction apparaît, permettant le choix entre pas d'ombre et les différentes formes possibles : ombre parallèle, ombre portée sur sol, halo. Le placement de l'ombre s'effectue soit dynamiquement à la souris, soit en entrant des coordonnées dans les champs Position de l'ombre. La quantité de flou des bordures ainsi que la transparence de l'ombre se règlent par déplacement des curseurs dans la barre des options, ou en entrant directement des valeurs dans la barre (ici 6 px et 75%) (Fig. 4).

    /img-articles/lphs/7/art-1/fig-7.jpg Fig. 4 :  Réalisation d'un ombrage réaliste avec XaraLX

     

    On peut constater l'aspect de l'ombre portée dans la zone de grossissement de l'image. À noter que sous Linux, seul StarDaw/OpenDraw propose une option d'ombre portée sur plan parallèle à l'objet plan, paramétrable en position, distance, couleur et transparence. Sinon, CorelDraw, RealDraw et ZDraw par exemple proposent une fonction analogue, mais jamais aussi intuitive que celle de XaraLX.

    Brosses vectorielles

    Le tracé vectoriel est caractérisé par une courbe d'épaisseur et de couleur constantes dans la plupart des programmes. Une amélioration importante est venue avec la possibilité d'estomper les bords d'un trait épais avec l'option feather, puis celle d'attribuer une couleur, une transparence et une épaisseur différentes à chaque point de contrôle de la courbe comme dans le regretté ArtStream, et enfin la possibilité de donner à la courbe l'aspect d'un tracé effectué par différents moyens : crayon, craie, brosse, plume calligraphique, etc. XaraLX permet d'attribuer un aspect particulier à une courbe grâce à l'option Brush (Fig. 7). A noter que dans la version stable testée pour cet article (0.7 release 1692), les brosses ne sont pas encore disponibles et ont commencé d'apparaître avec la release 1709 ; mais la bibliothèque de type de lignes (stroke shapes/pressure profile) permet déjà d'obtenir 33 formes " calligraphiques ", 22 types techniques d'épaisseur constante (Dash patterns) et 32 formes de flèches (Arrowheads).

     /img-articles/lphs/7/art-1/fig-8.jpg

    On procède ainsi (Fig. 7) :

    • Tracer une courbe, lui donner une épaisseur, les combos A et B de brosses présentant les caractéristiques du trait actuel (1).
    • Dérouler le combo B et choisir la forme de tracé voulu (2), lequel en prend l'aspect après avoir validé avec Apply. Les combos sont modifiés en conséquence (3). Notons que l'on peut également procéder à cette affectation en ouvrant la Line gallery ([F12] ou menu Utilities -> Galleries -> Line gallery) pour y choisir le type de tracé voulu.
    • Dérouler le combo A et choisir la texture colorée du tracé (4), lequel devient après validation le tracé (5).

     /img-articles/lphs/7/art-1/fig-9.jpg

    Figures prédéfinies

    Les formes prédéfinies (Fig. 5), souvent appelées " formes de base ", ici QuickShapes, ne sont pas une exclusivité de XaraLX, pas plus que leur modification dynamique à la souris. Inkscape tire fort bien son épingle du jeu dans ce domaine. Toutefois, l'intuitive facilité de XaraLX semble sans égal. Ainsi, en cliquant sur l'outil QuickShapes (1), la barre des paramètres (2) s'affiche. Par défaut, c'est un hexagone (3) qui sera tracé, qui devient un rectangle si l'on indique qu'il doit avoir 4 côtés (6), ou un triangle si l'on indique 3, etc. Deux démarches sont possibles et équivalentes quant au résultat obtenu :
    • choisir la forme de l'objet (polygone, ellipse, étoile) avant de tracer ;
    • tracer la figure par défaut et transformer celle-ci (ce qui se fait instantanément, c'est-à-dire sans qu'il soit besoin de valider) en cercle, étoile ou polygone dès que l'on clique sur l'icône adéquate de la barre des paramètres très justement appelée " Change ".

    Pour illustrer : supposons que l'on ait tracé l'hexagone par défaut. On indique maintenant 4 comme nombre de côtés, puis Curved Corner. L'hexagone se transforme en carré à coins arrondis (6), que l'on dimensionne à la souris ; si maintenant on clique sur l'icône Starred Shape, on obtient une étoile à quatre pointes arrondies en lieu et place de la figure précédente (6).

    /img-articles/lphs/7/art-1/fig-10.jpg

    Changement de formes

    Le changement de forme est un grand classique, plus spectaculaire qu'utile, présent à peu près partout sous des appellations diverses : " Fondu enchaîné " dans OpenDraw ou " Mélange " dans Skencil. Le mode opératoire est toujours le même (Fig. 6) :
    • dessin d'une forme1 et d'une forme2 ;
    • sélection des deux formes ;
    • définition du nombre d'étapes nécessaires à la transformation de la forme1 en forme2 ;
    • application.

    La virtuosité de XaraLX pour cette fonctionnalité tient en ce que la forme1 peut présenter un aspect complexe (ici : rectangle avec coins arrondis, déformé par Mould Tool, biseauté par Bevel Tool et enfin projetant une ombre) pour devenir une forme2 pour le moins tout aussi complexe (ici : changement de la forme globale, du type de biseautage, de texture et d'ombrage).

    En vrac...

    D'autres fonctions intéressantes sont présentes ou à venir :
    • vectorisation d'une image par Bitmap Tracer, pour un résultat en noir et blanc (monochrome), en niveaux de gris (greyscale) ou différents modes de couleurs (limited colour et photographic), avec réglage par curseur et aperçu avant validation pour insertion (fonctionnel) ;
    • application d'une bitmap comme remplissage opaque ou semi-transparent de zone vectorielle (fonctionnel) ;
    • édition d'une bitmap et application d'effets à travers le module Xara Picture Editor (en prévision) ;
    • masque sur formes vectorielle-vectorielle ou vectorielle-bitmap, par Apply ClipView réversible (fonctionnel) ;
    • règles et guides magnétiques (fonctionnel) ;
    • édition des couleurs en mode RGB, HSV, Greyscale et CMYK (fonctionnel) ;
    • grille magnétique paramétrable rectangulaire ou isométrique (fonctionnel) ;
    • détection et prise en charge des fontes TrueType et Type1 installées sur le système (fonctionnel) ;
    • blocs de texte multiligne entrés directement dans la page en cours, sans passer par un éditeur séparé, avec fonctions de justification, d'ajustage de l'interligne et de manipulation des caractères (fonctionnel) ;
    • contours multiples des formes réglables à la souris (fonctionnel) ;
    • bibliothèque de palettes de couleurs (fonctionnel) ;
    • clonage, différent de copie (fonctionnel)…
    ... et bien d'autres choses à découvrir !

    En conclusion

    On ne remerciera sans doute jamais assez la société Xara d'avoir mis son programme en open source. Linux se voit tout d'un coup doté d'un programme vectoriel de très grande qualité capable de tenir la dragée haute aux standards du moment en ce domaine. On peut comparer l'aventure de XaraLX à celle de Blender qui, en ayant changé de statut, a retrouvé une vitalité de ressuscité. Malgré toute la reconnaissance due, il n'est pas incongru d'émettre quelques souhaits quant à des fonctionnalités qui seraient les bienvenues :
    • cotation des éléments comme dans OpenDraw, et interactive si possible ;
    • filet de dégradés comme dans CorelDraw ou Illustrator ;
    • affection d'une couleur, d'une transparence et d'une largeur en chaque point d'une Bézier comme dans ArtStream ;
    • reconnexion de deux Bézier séparées comme dans Skencil ;
    • dégradés de couleur et de transparence du contour indépendamment de la surface comme dans Inkscape (À noter toutefois que la commande Arrange -> Convert Line to shape permet de pallier le manque, le contour étant devenu une surface de " largeur " égale à l'épaisseur de la ligne convertie) ;
    • lecture des formats SVG et SK, écriture du format SVG.
    Il y a sûrement d'autres ajouts à effectuer, mais rien que ceux-ci, ce serait déjà beaucoup. De plus, certaines des demandes ci-dessus sont peut-être déjà planifiées par l'éditeur !

    Au moment de la rédaction de cet article, certaines fonctionnalités du programme n'étaient pas encore disponibles dans la version en cours de portage destinée à Linux (version testée : XaraLX0.7 revision1709). Lors de la publication, il est fort possible que des versions supérieures soient disponibles. Dernière version au 31 août 2006 : XaraLX0.7 révision 1729. Depuis la version XaraLX1714, de nombreux formats sont supportés à l'importation, notamment EPS, PS, AI et SVG.

     

     Ressources : 

    • Le site de l'éditeur se trouve à l'adresse suivante : http://www.xaraxtreme.org/
    • Le programme est disponible :
    • En sources à compiler soi-même.
    • En version stable binaire précompilée.
    • En dernière version binaire en cours de développement, quotidiennement mise à jour. C'est cette dernière qui a été utilisée pour la rédaction de l'article. Elle se présente sous la forme d'une archive .tar.bz2, à décompresser n'importe où dans son répertoire personnel.
    Le résultat de l'opération est la création d'un répertoire xaralx/, contenant un exécutable xaralx dans le sous-répertoire bin/. Dans le sous-répertoire share/xaralx/Examples/ sont rangés plus d'une douzaine de fichiers exemples au format spécifique .xar. Depuis le 24 mai 2006, et la version 0.5 révision 1184, l'archive est livrée en autopackage encore plus simple à installer. Les archives à télécharger, versions stable et instable, sont proposées tout en haut de la page d'accueil du site de Xara Xtreme, ou sur la page spécifique : http://www.xaraxtreme.org/download/
    • Plusieurs animations didactiques, hélas exclusivement en anglais, sont également disponibles sur le site de l'éditeur (http://www.xaraxtreme.org/about/movies.html).
    On pourra les télécharger au format Quicktime, XviD ou WMV9, ce dernier étant parfaitement lisible sous Linux, avec Kplayer par exemple. Il faut savoir cependant que les quatre vidéos proposées totaliseront un transfert de 21Mo.
    • La galerie des travaux réalisés par différents artistes, et le mot ici n'est pas galvaudé, est visible à cette adresse : http://www.xara.com/gallery/

    Sa consultation nécessite Flash Player 6. Les éditeurs ont choisi ce procédé pour explorer les images par déplacement du pointeur de la souris sur une vignette, ce qui se traduit par l'affichage à l'échelle 1 de la zone désignée, plutôt que de déplacer l'image elle-même grâce aux ascenseurs classiques en bordure de fenêtre. La chose a été testée sur Mandriva2006, avec Konqueror, Opera 8.5 et 9.0.1 et Firefox1.5 qui ont tous montré des performances similaires.

     

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