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    Témoignage [04 - 06]

    • Tour d'horizon du Wi-Fi à Paris

    Cryptographie [08 - 17]

    • La carte à puce, cÅ“ur de sécurité des systèmes mobiles

    DOSSIER [18 - 57] -- [ La cybercriminalité ]

    • La cybercriminalité aujourd’hui / 18 à 24
    • Les hébergeurs bulletproof / 25 à 33
    • Extorsion par dénis de service / 34 à 38
    • Cybercriminalité bancaire / 41 à 51
    • Blanchiment d’argent sur Internet / 52 à 57

    (Pour visualiser le sommaire complet, voir ci-dessous)

    Sommaire (suite)

    Programmation [58 - 65]

    • L’obfuscation contournée (Partie 1)

    Système [66 - 76]

    • Une introduction au système AS/400 et à sa sécurité / 66 à 71
    • La sécurité des clés USB / 72 à 76

    Réseau [78 - 82]

    • Une architecture réseau avec duplication d'adresse IP pour une très haute disponibilité


    Édito : Roman et humeur noirs

    Il fait froid (comprendre moins de 15 degrés), il pleut (comprendre une espèce de petite pluie fine et particulièrement mouillante), il vente (comprendre qu’une brise glaciale déporte la pluie évoquée précédemment sous le parapluie) et l’obscurité rôde sur la ville (comprendre qu’on est en hiver et que la luminosité est déclinante).
    Accoudé au bar, éclairé par un vieux néon clignotant, je bois mon whisky sec, comme tout privé qui se respecte. J’écoute attentivement mon client m’exposer son affaire : d’inquiétantes disparitions. Le pauvre, il sait qu’il est traqué, que son temps est compté, c’est inéluctable, mais qu’importe, il doit les retrouver.
    Un simple signe de la tête et le contrat est scellé. L’enquête démarre. Pas le choix, il faut commencer par se rendre sur les lieux du crime. Ce n’est jamais agréable : quand ce n’est pas une veuve faussement éplorée, c’est un cadavre refroidi à la morgue. Là, ça ne sera pas mieux, voire pire... une association de présumés malfaiteurs, autant dire un risque élevé d’en sortir avec des cocards.
    Tout a commencé il y a plusieurs années maintenant. L’ambiance était surchauffée, les esprits en ébullition et la hargne au corps. La bande cassait tout sur son passage : jeunes, fous et insouciants, rien à perdre et tout à gagner, ils croquaient la vie à pleines dents. Les temps des premiers succès et des illusions de grandeur, tout leur souriait.
    Mais, le mal les lorgnait déjà. Il était là, tapi dans l’ombre, prêt à s’insinuer. Et il ne s’est pas privé de le faire. La bande a grossi, croissance interne et externe, comme ils disent. Ça faisait bizarre aux vieux de la vieille, et aux nouveaux aussi d’ailleurs. Plus la même chose, plus le même esprit. Et ça a continué.

    Je me rends au repère de la bande. Mignonne la petite hôtesse à l’accueil, et beaucoup plus sympathique que le gorille de la porte. J’entre. Je me promène dans les bureaux. Personne ne fait attention à moi. Ils sont tous plongés dans leur job ou font semblant. Costumes noirs et sombre ambiance. La crise ou le quotidien ? Sans doute les deux.
    On dirait une armée de fourmis. Aucune initiative individuelle, que des exécutants, parfaits pour dissoudre les responsabilités et limiter les risques. Tu m’étonnes qu’ils soient tous partis à force : entre là et le sapin, y’a qu’un pas. Je leur pose quelques questions, sur les disparus et pas un ne voit de qui je parle. Ils semblent gênés. Qu’est-ce qu’ils cachent ?
    Je vais voir le caïd, dans son grand bureau néo-moderne tout vide. Pas de chance pour moi, il ne connaît pas l’histoire, il vient d’arriver. Il est là pour " rationaliser les coûts et augmenter les marges ". Je sais pas ce que ça veut dire, mais ça sent pas bon. Encore le sapin ? Il me lâche quand même que son prédécesseur est " parti ", car il ne correspondait plus à la nouvelle organisation, au nouveau modèle. Avec un sourire cynique, il me confesse aussi que ça a été le dernier, le plus coriace, parce que ces mecs, ils se sont accrochés, trop, au passé. Ils n’étaient pas capables de vivre dans le présent ou le futur, il fallait s’en débarrasser.
    Je me dis que, finalement, elle est facile cette affaire. Elle arrive tout le temps à de nombreux groupes industriels français actuels, comme France Télécom devenu Orange avec son centre de R&D rattaché au marketing, Thales, EADS, Gemplus (RIP) ou, sans doute le plus révélateur, Alcatel pour qui l'estimation d'A. Juppé à 1€ prend tout son sens aujourd'hui. Je crois que je vais me reprendre un whisky, un double. Pareil pour mon pauvre client.
    D’une certaine manière, il semble inéluctable que pour croître, pour devenir " industriel ", il faille stopper l’innovation, la création et la nouveauté : trop chères, mais surtout trop incertaines. Ou plus exactement, on dirait que, chez nous, l’aboutissement de toute recherche est la fin de la recherche elle-même, par la mise en place de processus et autres mesures qui l’annihilent. On est alors incapable de pérenniser des résultats d’un côté tout en continuant à inventer. Surtout, ne plus innover ! Ne pas changer une recette qui marche ! Triste constat.
    Sans transition (ou pas), MISC fête ses 7 ans, l’âge de raison dit-on. Nous essayons d’apporter un nouveau traitement de la sécurité, en étant rigoureux et pédagogues. Et si nous sommes encore là, c’est grâce au travail de beaucoup et au soutien de vous tous. La presse, même spécialisée, ne se porte pas très bien, entre liens obscurs de pouvoirs et financements remis en question. J’ai toujours considéré cette revue comme une véritable œuvre collective (auteurs, correcteurs, lecteurs, etc.) et nous nous remettons régulièrement en question pour continuer à progresser et à innover. J’espère que ça durera encore longtemps, mais déjà merci à tous pour ces 7 années
    passées ensemble.

    Fred Raynal

    Posté par (La rédaction) |

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