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    Récemment, les retraits de Matthew Garrett de Debian [1] et de moi-même du projet GIMP [2] ont causé des discussions [3] [4] sur les motivations des développeurs du Logiciel libre et de notre communauté.

    Mais ce n’est pas un phénomène récent – Jamie Zawinski (bien qu’il fut salarié) a claqué la porte de Mozilla en 1999 [5], et des gens moins connus, mais tout aussi importants pour la vie d’une communauté arrêtent de faire du Libre continuellement.
    On n’utilise pas des mots comme "turnover" (taux d’attrition) pour les volontaires, mais il est intéressant de regarder pourquoi ce phénomène existe. Quels sont les caractéristiques qui font que certains projets ont plus de facilité à garder leurs développeurs que d’autres ?
    Le premier critère de choix pour un développeur/utilisateur à la recherche d’un projet, c’est l’amabilité des gens qu’il rencontre en premier. Si son premier contact se passe bien, et donne envie à la personne de revenir, on a déjà fait un grand pas. Si, au contraire, le premier contact est difficile, peu importe les affinités philosophiques avec le projet ou le désir de contribuer. La personne ne va pas s’investir.
    Après l’accueil, il y a la justice. Est-ce que mon avis compte autant que l’avis d’autres ? Est-ce que ce que je propose est critiqué sur ses mérites, ou est-ce que l’avis d’un "ancien" passe en premier, sans que je comprenne pourquoi ? Est-ce qu’il y a un chemin que je puisse suivre pour avoir plus d’implication dans le projet (que ce soit un accès SVN, une adresse mail ou autre) ? Est-ce que mes patches sont pris en compte à temps ou est-ce qu’ils restent sans réponse durant des semaines ?
    Finalement, il y a la souplesse. La liberté donne le pouvoir de faire ce qu’on veut. Mais dans la quête de justice, il y a une tentation à éviter : la rigidité. Si les règles deviennent plus importantes que le but du projet, alors le projet va souffrir. Si on ne ressent pas le fait qu’on puisse faire changer les choses via sa participation... on va chercher ailleurs.
    Jason Clinton a parlé récemment de ses observations dans les associations dont il fait partie [6], et ses conclusions sont intéressantes : peu importe l’activité d’une association ou communauté, "jamais les communautés ne sont mises en danger par les forces externes... ce sont des individus, ou des petits groupes d’individus, au sein du groupe, qui sont responsables de la démotivation" – autrement dit, nous nous détruisons nous-mêmes.
    Il y a de bons exemples à suivre concernant ces trois points ; ils ont su faire preuve d’un bon accueil, et de suffisamment de structure pour assurer la justice, sans en avoir trop. Inkscape [7] et Subversion [8] sont deux projets qui me viennent à l’esprit, et leur réussite témoigne de la mise en œuvre d’une bonne structure de communauté.
    Dans un monde où on est libre de choisir à quels projets on participe, peu importe l’engagement qu’on a dans ce projet, un volontaire sera toujours prêt à aller là où il se sent apprécié.

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    Posté par (La rédaction) | Signature : Dave Neary | Article paru dans

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