Retrouvez cet article dans : Linux Pratique Hors série 8
Tout d'abord, techniquement parlant, l'affirmation sous-entendue dans cette question est fausse. Il existe des virus pour les systèmes GNU/Linux. Ils sont simplement relativement rares et souvent de simples essais dits " proof of concept ".
Pour comprendre ce qui fait qu'un système est plus intéressant qu'un autre pour un développeur de virus ou de spyware, il faut surtout se pencher sur des considérations non techniques.
Pour que le développeur de virus puisse voir son œuvre faire les choux gras de la presse, des forums et des sites de news, il lui faut un terrain de jeu de taille respectable. Actuellement, la grande majorité des machines personnelles et d'entreprise utilise Windows (98/Me/2000/XP). C'est le facteur le plus à même d'expliquer la " richesse " de la faune virale pour ces systèmes. Ceci explique également que le système Mac OS X d'Apple soit moins affecté que Windows.
En second lieu, nous avons les habitudes des utilisateurs. Windows (du moins XP), comme Mac OS X et GNU/Linux, partage les privilèges entre utilisateur et super-utilisateur. Malheureusement, beaucoup d'utilisateurs Windows travaillent avec le compte d'administration. Celui-là même qui offre tous les pouvoirs aux applications exécutées (dont le navigateur Web, le client Mail, le logiciel de messagerie instantanée et toute application émettant et recevant des données via Internet). Mais ne vous y trompez pas, un code viral exécuté sous le compte root sur un système GNU/Linux fera sans doute autant de ravages que sous Windows.
Enfin, nous avons les considérations techniques. Les virus et autres spywares utilisent habituellement des failles de sécurité ou des erreurs de conceptions pour infecter un système. Dans le monde du Logiciel libre, la réactivité face à ces failles est très importante. Dès leur découverte, des centaines de développeurs tentent de les corriger et mettent à disposition des correctifs (ou patchs) et/ou des versions mises à jour. Celles-ci sont ensuite reprises par les distributions qui les intègrent et les propagent aux utilisateurs sous la forme d'une mise à jour de la distribution ou du paquet concerné.
La propagation d'un code malicieux est donc rapidement enrayée. Bien plus rapidement que ne pourrait le faire une société ne partageant pas les sources de ses programmes.
Enfin, le développement ouvert des applications et du système GNU/Linux permet une meilleure vérification du code source avant même qu'il n'arrive chez l'utilisateur. La communauté des développeurs est ainsi bien plus active et motivée que ne pourrait l'être une équipe, même importante, de développeurs travaillant en cercle fermé sur un projet.
Mais si, un jour, GNU/Linux représente 90% des systèmes utilisés, que les utilisateurs y transposent leurs mauvaises habitudes et qu'on assiste à l'arrivée massive de logiciels propriétaires pour ce système... alors, GNU/Linux risque de voir sa collection de virus et de spywares s'étoffer de
manière importante.
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