26 oct 2008

    Le TZOLKIN

    Catégorie : Utilitaires     Tags :      0 Commentaire

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    Linux est un système d'exploitation passionnant parce qu'il permet de se singulariser à peu de frais, mais aussi et surtout parce qu'il propose une pléthore d'applications, des plus productives aux plus farfelues. En allant fouiner sur KDE-Apps.org par exemple, c'est comme si l'on se rendait à la fois dans un magasin de haute technologie, au marché aux primeurs et à la foire à la brocante. Pour paraphraser la Samaritaine, on y trouve tout. C'est donc là que j'ai déniché Tzolkin.

    Qu'est-ce à dire ?

    Le mot a une consonance particulière pour nos oreilles occidentales, parce qu'il nous arrive d'Amérique Centrale ou Mésoamérique, cette région qui vit s'épanouir des civilisations brillantes telles que celle des Chichimèques, des Olmèques, des Toltèques, des Aztèques ou celle des Mayas, qui nous intéresse ici.
    Les Mayas, dont la civilisation raffinée apparut au 3ème millénaire avant notre ère et s'acheva au XVIème siècle après l'arrivée, en 1519, de Cortes et de ses conquistadores, ont été comparés aux Grecs de l'époque classique. Et de fait, l'architecture religieuse pyramidale et palatiale civile, le développement de connaissances astronomiques sans instruments d'optique et de mathématiques de numérotation vigésimale écrite à l'aide de barres et de points, avec connaissance du zéro, de la sculpture, de la peinture, de l'écriture hiéroglyphique, de l'organisation sociale pour ce que l'on en sait... en font un peuple de prêtres, de guerriers, de savants, d'artistes et d'agriculteurs organisés autour d'un pouvoir fort et d'une pensée religieuse omniprésente, tyrannique dirions-nous aujourd'hui.

    Les Mayas avaient évalué la lunaison à une moyenne 29,53086 jours, l'année solaire à 365,242 jours, et la révolution apparente de Vénus à une moyenne canonique de 584 jours

    Les Mayas fascinent à plus d'un titre. Certes, il y a les lieux de leur épanouissement, les forêts hostiles du Péten et du Chiapas, qui étonnent. Il y a cette écriture incomplètement déchiffrée qui excite les imaginations. Il y a cette sidérante mathématique au service d'une astronomie incroyablement précise. Pour preuve, les Mayas avaient évalué la lunaison à une moyenne 29,53086 jours, l'année solaire à 365,242 jours, et la révolution apparente de Vénus à une moyenne canonique de 584 jours. Mais il y a surtout cette fascination de leur part pour le comput du temps qui apparaît comme une tentative forcenée de maîtriser

    les événements à venir.

    Les civilisations orientales ou méditerranéennes, essentiellement agraires, mais aussi guerrières, ont toutes établi un calendrier dont la raison utilitaire est évidente : déterminer les temps des labours, semailles, récoltes et les temps favorables aux conquêtes. Le calendrier servait également à prévoir les phénomènes cycliques, comme les éclipses ou les crues du Nil, et, par ce savoir, à s'imposer aux ignorants comme les détenteurs de pouvoirs magiques ou divins.
    La prêtrise des Mayas n'est pas en reste, et il semblerait qu'elle fût absolument convaincue de ce qu'elle prétendait, autrement dit qu'elle n'organisait pas un jeu de dupes pour exercer un pouvoir absolu. Il est vrai que le système créé par les Mayas était étourdissant, voire vertigineux, par la précision des calculs et des prédictions cosmiques qui en découlaient. Il était plus que crédible. L'univers paraissait alors compréhensible dans ses manifestations observables, on pouvait s'en croire maître. Et de là à se penser maître du monde dans lequel on évolue et, plus encore, maître des destinées individuelles, il n'y avait qu'un pas qui fut certainement franchi.
    Le système calendaire maya résulte essentiellement de la combinaison d'un calendrier rituel (magique) déterminant une période non numérotée de 13 fois 20 jours, le tzolkin, et d'un calendrier solaire civil, le haab, mesurant l'année non numérotée de 18 fois 20 jours, auxquels s'ajoutent une période de 5 jours néfastes, les uayeb, donnant un total de 365 jours. À cela s'ajoute un système appelé " compte long " destiné à positionner un événement dans le temps à partir d'un origine choisie.
    L'origine maya correspond au 11 août 3114 avant JC (ou 3113 pour d'autres) selon la corrélation GMT, date à laquelle la planète Vénus aurait fait apparition au-dessus de l'horizon terrestre, marquant la naissance de notre cosmos visible actuel. Le conditionnel est de mise.
    Le compte long recourt à des périodes de temps de grandeurs croissantes pour évaluer le nombre de jours écoulés depuis le jour originel, comme nous-mêmes recourons aux notions de semaines, de mois, d'années, de décennies, de siècles et de millénaires. Les Mayas disposent de 5 unités : le jour (kin), le " mois " de 20 jours (uinal), l'" année " de 360 jours (tun, donc 18 uinal), la " double décennie " de 7200 jours (katun, valant 20 tun), le " quadri siècle " de 144.000 jours (baktun, valant 20 katun, soit 400 tun) et l'" ère " de compte long qui vaut 13 baktun, soit 1.872.000 jours. L' " ère " actuelle finirait le 21 décembre 2012, au solstice d'hiver.
    Comme si cela ne suffisait pas, d'autres périodes ont été nommées : celle de 2.880.000 jours (pictun, valant 20 baktun) ou celle de 23.040.000.000 jours (alautun, valant 8000 pictun, plus de 63.000.000 de nos années !) prouvant que les Mayas avaient la notion d'un infini historique linéaire, et une conception cyclique du temps, qui revenait régulièrement à ses repères pour une nouvelle création après destruction de la précédente.

    Il y a un autre point qui fascine chez les Mayas, comme les pyramides chez les Egyptiens : c’est le mystère non élucidé de leur brusque disparition au IX ° - X° siècle de notre ère

    Il y a un autre point qui fascine chez les Mayas, comme les pyramides chez les Égyptiens : c'est le mystère non élucidé de leur brusque disparition au IXe – Xe siècle de notre ère. Plusieurs hypothèses ont été élaborées par moult spécialistes qui, comme beaucoup d'experts, sont unanimes à ne pas être d'accord entre eux. On a parlé de guerre, de catastrophes naturelles, de déforestation, d'accumulations de circonstances très défavorables à la survie. Mais aucun indice sur le terrain ne les confirme. Les cités ont été abandonnées comme brusquement ; certains chantiers en cours sont restés en l'état. Il n'y a ni destruction des bâtiments, ni charnier à proximité prouvant des faits de guerre totale. Tout donne à penser à une fuite générée par une terreur irrépressible. C'est la thèse de Pierre Ivanoff.
    Très controversée, elle n'en paraît pas moins la plus probable et la plus intéressante ici, parce qu'elle renvoie au tzolkin, en tout cas à un comput du temps obsessionnel, et à son emprise sur les esprits, chose qu'on imagine difficilement aujourd'hui dans notre monde matérialiste. Son auteur n'est pas un plaisantin.
    Explorateur, conférencier, cinéaste, découvreur des sources de l'Orénoque en 1952, il séjourne de 1959 à 1961 chez les descendants des Mayas, les Lacandons, au Guatemala. Il y retrouve, dans la jungle du Petexbatun, les ruines d'une cité bâtie par leurs ancêtres, ruines qui étayeront son hypothèse sur la disparition mystérieuse de cette civilisation au moment de son apogée. Pour certains savants, l'extinction brutale des centres mayas est un mythe, car elle aurait été en fait progressive. Mais, on sait toutefois avec quelle circonspection il convient de considérer les batailles d'experts !

    Les mécanismes

    On pourra lire la démonstration brillante qu'en fait Pierre Ivanoff dans son ouvrage intitulé Découvertes chez les Mayas, paru en 1968 chez Robert Laffont, dans la très fameuse collection noir et or " Les énigmes de l'univers ", dirigée par un autre explorateur, Francis Mézières. L'ouvrage en question, limpide, se lit comme un excellent roman d'aventure.
    Le tzolkin religieux est composé de 20 noms de jours (Imix, Ik, Akbal, Kan, Chiccan, Kimi, Manik...) qui se combinent avec les chiffres de 1 à 13. Au départ d'un cycle, le premier jour s'appelle 1 Imix, puis 2 Ik,
    3 Akbal. Le même jour 1 Imix ne pourra apparaître que 260 jours plus tard, au terme d'un cycle complet, à l'image, chez nous, d'une suite lundi 1, mardi 2, mercredi 3 qui ne se retrouvera dans cet ordre qu'après un certain laps de temps. Cette suite ainsi ordonnée reviendra fatalement se présenter à nous à un jour précis, non aléatoire. À n'importe quel moment du cycle, on peut dire quand la chose aura lieu : elle est donc prévisible.
    Le haab civil solaire est composé de 18 noms de mois (Pop, Uo, Zip, Zotz, Zec, Xul...) de 20 jours numérotés de 1 à 20, auxquels s'ajoutent 5 jours de compléments, les uayeb néfastes, qui font la transition entre deux années haab de 365 jours. Le premier jour d'un cycle s'appelle 1 Pop, puis 2 Pop, 3 Pop... comme chez nous 1 janvier, 2 janvier, 3 janvier... suite qui reviendra telle quelle au terme de 365 jours.
    Maintenant, imaginons que les deux calendriers sont figurés chacun par une roue, les deux roues étant de diamètres différents et montées sur une bicyclette d'antan. Si, au début du pédalage, on repère la position de chacune des valves, il faudra parcourir une distance correspondant à 73 tours de petite roue et 52 tours de grande roue pour que les valves
    retrouvent la position de départ.
    À 73 années rituelles tzolkin correspondent 52 années haab civiles solaires, qui sont, en Mésoamérique l'équivalent de notre siècle. Un temps est achevé, un autre commence, avec, sans doute, des conséquences dont nous n'imaginons la portée chez un peuple soumis à une pensée religieuse permanente.
    On a dit aussi que 52 ans, c'est le temps d'un humain, la durée de sa destinée, alors qu'à un degré supérieur, la durée du monde serait 20 fois plus grande, soit 1040 ans.
    On croit savoir également que d'autres phénomènes cycliques étaient pris en compte par les Mayas : les lunaisons et la révolution synodique moyenne de Vénus (Chac Ek, la Grande Étoile) de 584 jours (583,92 jours), qui, combinée avec l'année civile solaire, donne un nouveau cycle de 8 années de 365 jours auquel correspond un cycle de 5 révolutions synodiques de 584 jours, pour une période commune de 2920 jours. Pendant ce temps, le tzolkin tourne toujours, évoluant avec le haab, et les trois calendriers retrouvent leur configuration de départ, c'est-à-dire qu'ils sont en conjonction, après une période de 37960 jours, soit 146 tzolkin, 104 haab et 65 années vénusiennes (révolutions synodiques).
    On a l'impression d'une infernale machinerie, pleine d'engrènements déterminant la durée des mondes et des gens.

    Les Mayas pensaient vivre dans le quatrième monde de leur histoire, les trois précédents ayant péri aux dates prévues, définies par la ronde des calendriers. Ils savaient donc que leur monde présent courait vers sa fin dont la date était calculée

    Les Mayas pensaient vivre dans le quatrième monde de leur histoire, les trois précédents ayant péri aux dates prévues, définies par la ronde des calendriers. Ils savaient donc que leur monde présent courait vers sa fin dont la date était calculée, à savoir en 1046 de notre ère. Et c'est pour se soustraire à cette malédiction qu'ils abandonnèrent précipitamment leurs cités aux forêts tropicales, renonçant à leur savoir comme lors d'un reniement salvateur. Ils s'établirent ailleurs, notamment dans le Yucatan, pour y fonder la ville capitale Chichen Itza et mener une vie influencée par les Toltèques de Tula, sous l'égide du dieu Quetzalcoatl, associé à la planète Vénus. Les apports culturels de Tula sont guerriers et sanguinaires ; le sacrifice humain devient un élément religieux primordial. C'est le déclin. L'âge d'or est perdu, l'écriture monumentale a disparu. Lorsqu'en 1521, après la chute de Tenochtitlan, les Espagnols conquirent la Mésoamérique, les cités du Peten et du Chiapas, telles que Palenque, Copan, Uaxactun, Tikal... étaient vides, oubliées et recouvertes par la végétation depuis plus de six siècles déjà.
    Les autochtones pensaient qu'ils vivaient dans la cinquième création, maléfique comme les 5 jours sans noms du mois de transition Uayeb. C'est donc que la fin du 4ème monde maya avait eu lieu. Par sabordage de leur fait.

    Illustrons le propos

    La machinerie calendaire peut se représenter à l'aide de pignons, dont le nombre de dents correspond au nombre de jours d'une période (Fig. 1).

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    Fig. 1 : La machine infernale

    Imaginons que le pignon blanc soit le pignon moteur. Il a 13 dents, numérotées de 1 à 13. Il entraîne le pignon jaune, pourvu de 20 dents portant chacune un nom magique. Au départ, les repères A et B coïncident ; ils coïncideront de nouveau à la fin de la 13ème révolution de la roue jaune, soit 13x20 jours, une année tzolkin.
    La roue jaune entraîne la roue verte, comportant 365 dents. Les repères A, B et C seront en conjonction après 18.980 jours, 73 années tzolkin, 52 (4x13) haab années civiles. La roue verte entraîne la roue bleue, dotée de 584 dents et marquée du repère D, coïncidant avec A, B et C. Les repères B et C, coïncideront après 2920 jours, 8 civiles, 5 " années vénusiennes " (5 + 8 = 13).
    En tournant, la roue verte se déplace sur la crémaillère du temps linéaire, divisée en durée des mondes, et elle entraîne les autres roues avec elle. Après avoir roulé durant 37.960 jours (13x2960), 104 (8x13) haab années civiles, les repères A,B,C et D se retrouvent dans la position de départ. Après avoir roulé pendant 379.600 jours, 1040 années civiles, 20 fois la durée d'un homme, les repères sont de nouveau en phase, un monde est achevé, un autre commence, une nouvelle portion de crémaillère est à parcourir.

    Et l'informatique linuxienne dans tout ça ?

    Forcément, puisqu'il s'agit de calculs de PPCM, de corrélation, de données cycliques, ce domaine ne pouvait échapper à l'informatique. Plusieurs se sont attelés à la tâche d'écrire des programmes effectuant les divers calculs de conversion d'un système de datation à un autre.
    Ainsi le programme Tzolkin, écrit en C++ pour KDE, que l'on récupère sur : http://kde-apps.org/
    content/show.php/Gregorian+to+Mayan+
    Calendar+Convertor?content=46268
    L'archive en tar.gz d'une taille de 1.2 Mo se décompresse selon les méthodes habituelles dans un répertoire au choix, se compile et s'installe sans difficultés par :

    ./configure --prefix='/usr' &&\
    make &&\
    make install

    Le lancement s'obtient (sous KDE) soit par [Alt]+[F2], puis Tzolkin, soit par le Menu K -> Utilitaires -> Tzolkin. Une fenêtre apparaît, avec, d'une part, notre calendrier grégorien et, d'autre part, des sentences ésotériques, absconses comme il se doit pour les non-initiés (Fig. 2). En effet, la destination divinatoire du tzolkin n'a pas manqué d'être récupérée par des tenants du New Age, qui affirment que le calendrier annonce la fin du monde pour le 21 décembre 2012, ainsi qu'il a déjà été dit. À cette date, en effet, un cycle de compte long s'achèverait tandis qu'un autre commencerait,
    sous des auspices forcément nouveaux, et pas obligatoirement meilleurs que les nôtres.
    C'est ce en quoi ont cru les Mayas, au IXe - Xe siècle, et qui mit un terme, selon Pierre Ivanoff, à leur époque classique par désertion des lieux.
    Tous aux abris !
    À noter que dans un ordre d'idée de stricte conversion, sans aucune référence aux oracles, il existe, sur Sourceforge, un projet fonctionnel nommé Kmayan. Il s'agit d'une applet qui affiche la date du jour dans notre calendrier grégorien, dans le tzolkin, le haab et selon le compte long maya (Fig. 3). Simple, précis et complet.
    Sur internet, des sites proposent la conversion en ligne de nos dates en différents systèmes de datation, dont le compte long, le tzolkin et le haab mayas. Se rendre à cette adresse : http://geneom.free.fr/gomol/CalendFr.html#ancdeb (Fig. 3).

    Conclusion

    Pour qui ne se pique ni d'ésotérisme, ni de divination fumeuse, ni d'histoire ancienne, Tzolkin est un programme bien réalisé, mais d'aucune utilité. Il s'agit d'une étrangeté qui doit être juste considérée comme telle, avec cependant un plus pour ceux dont la curiosité aura été titillée au point de lire ces lignes : un petit apport culturel. Ce n'est pas grand-chose, bien sûr, mais le savoir n'est rien d'autre qu'une accumulation patiente de minuscules connaissances qui ouvrent des champs de liberté car, nous sommes convaincus avec Albert Camus que " tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. "
    Alors pour ne pas raccourcir ces funestes chemins, instruisons-nous : c'est libre, gratuit et ça peut rapporter gros !

    Références
    On pourra consulter les articles que Wikipédia consacre aux Mayas et à leurs calendriers, mais aussi les sites français suivants :

    • http://www.louisg.net/C_maya.htm
    • http://www.civilization.ca/civil/maya/mmc06fra.html
    • http://www.arizona-dream.com/Mexique/Indiens/Indiens.php (textes courts, nombreuses photos)
    • http://tortuga.usebynet.com/cgi-bin/home_maga.pl (Attention : très hermétique)
    • http://www.dinosoria.com/maya_science.htm (ésotérique également)
    • http://www.mayaruins.com/ (en anglais, mais belles photos et cartes des lieux)

    On pourra également lire les ouvrages suivants :

    • IVANOFF (Pierre), Découvertes chez les Mayas, déjà cité.
    • Civilisation perdue des bâtisseurs Mayas, Les Cahiers de Science et Vie, septembre 2003, clairs et bellement illustrés.
    • TALADOIRE (E.) et COURAU (J.P.), Les Mayas, Éditions du Chêne, 2003, superbe album photographique accompagné de textes érudits.

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    Posté par (La rédaction) | Signature : André Pascual | Article paru dans

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