Retrouvez cet article dans : Linux Magazine 86
Ah Google ! Qui ne connaît pas Google ? Si vous utilisez ce qui paraît être un simple moteur de recherche, je vous conseille sincèrement de lire ce livre. Loin de moi l’idée de faire la promotion de l’auteur, de l’éditeur et surtout de Google. L’ouvrage présente ce qui est, tout simplement, une success story dans le plus pur style US : la naissance précipitée, incertaine et difficile d’un géant d’Internet. L’auteur, dans un langage parfois un peu trop familier, présente l’avant Google et les balbutiements de la recherche Web avant de se tourner vers l’état des lieux actuel. Il met un point d’honneur à rappeler que Google, plus que de détenir des parts de marché énormes, possède surtout un pouvoir incroyable : celui de connaître nos intentions, nos quêtes, nos désirs.
Au fil de la lecture des pages et des chapitres consacrés aux rachats, aux participations, aux financements, le tout entrecoupé d’avancées technologiques, on se surprend à comprendre entre les lignes ce qu’est vraiment Google : un monstre. Je ne suis pas sûr que c’est là l’effet recherché par l’auteur, mais c’est celui que cet ouvrage a eu sur moi.
Le gentil Google, dont la ligne directrice décrite au travers des pages s’avère être « Don’t be evil », repose sur des principes internes à faire dresser les cheveux sur la tête. On apprend ainsi que les équipes d’ingénieurs Google travaillent sur des projets peuplant un top 100 où les meilleurs décrochent les budgets, un peu à la manière dont l’algorithme PageRank (breveté par Stanford et dont Google possède une licence exclusive jusqu’en 2011) évalue les liens entre les pages Web. Les meilleurs, récompense utile, sont diffusés publiquement en avant-première. Cathédrale... pas bazar...
On en apprend également sur le fonctionnement interne de Google qui n’est pas sans rappeler ce qu’on a pu lire ou voir, fut un temps, sur Apple et le comportement de Steve Jobs (voir le film « Silicon Valley », 1999). Entretien d’embauche avec la biographie du candidat projetée sur le mur ; remerciement de tous les chefs d’équipe pour faire passer le message selon lequel l’organigramme hiérarchique traditionnel n’était pas du goût des dirigeants ; affaire du blog de Paul Ford et de son illustration présentant un GoogleBot maître du monde qui n’intéressa plus Google lorsque l’auteur parla de droits d’auteur ; développement nécessaire d’une culture d’entreprise et du « Don’t be evil » comme valeur fondamentale... Tous ces points parsemés dans le livre ne font que rappeler que Google n’est pas très différent d’un fast-food.
L’autre image qui me vient à l’esprit après avoir lu ce livre est celle d’une radio FM. Google classe les sites, les ordonne selon leur popularité, vend des AdWords ciblés... Et à l’instar de la radio qui diffuse les morceaux à la mode entrecoupés de pub, au final, Google ne fait qu’offrir un accès à ce que d’autres ont créé. Mais lorsqu’on n’est pas un site marchand et qu’on diffuse des informations sur sa page Web, c’est souvent pour donner une information ou un savoir, pas pour arriver au sommet du hit parade...
Lisez ce livre. Faîtes-vous votre propre opinion. La mienne est faite :
SecFilterSelective HTTP_USER_AGENT «Google» nolog,status:404
Pour la maman qui, comme d’autres, s’obstine à taper les URL dans Google plutôt que dans la zone du navigateur prévue à cet effet, là , je ne suis pas sûr de pouvoir faire quelque chose...



